Greg Rucka présente Wonder Woman – Tome 1, la messagère Diana

A l’occasion de sa collection « DC Signatures », qui recense les meilleurs comics DC, l’éditeur Urban Comics sort pour la premier fois le run de Greg Rucka sur le personnage de Wonder Woman. Ce premier tome inclus le récit complet Hiketeia, qui lui était déjà sorti auparavant en VF et six numéros de la série régulière sur laquelle Greg Rucka a commencé à travailler en 2003.

Wonder Woman est désormais ambassadrice du Themyscira et doit assumer cette fonction auprès de l’ONU. Se sentant investie d’une mission visant à répandre la bonne parole, elle doit concilier sa vie de super-héroïne et de politique afin de faire bonne figure et donner une bonne image des Amazones. Mais lorsqu’une jeune femme vient implorer sa protection selon le rite antique du « Hiketeia », elle est contrainte de mettre ses principes de côté pour faire honneur à sa coutume.

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Diana Ambassadrice

Le graphic novel « Hiketeia » sorti en 2002 a été à l’époque acclamé par la critique, et j’en ferai de même ici. C’est un plaisir à redécouvrir tant ce récit intimiste vient mettre en lumière une facette importante du personnage de Wonder Woman. Son attachement à ses principes, à ses valeurs, mais surtout sa détermination à respecter ce « pacte » nommé Hiketeia, qui la contraint à protéger par tous les moyens la personne qui lui a prêté allégeance. Dans ce one-shot on découvre Diana sous un jour nouveau, dotée d’une grande sensibilité au milieu d’un monde d’une froideur terrible. Celle qui vient la supplier est une délinquante poursuivie par Batman, et pousse donc l’ambassadrice dans un dilemme moral entre cohérence avec ses croyances et volonté de bien paraître à la face du monde.
C’est très clairement un indispensable à mes yeux. Ce récit vient montrer de la meilleure des manières toute l’ambiguïté du personnage et constitue une source d’inspiration pour la plupart des auteurs qui ont ensuite travaillé sur Wonder Woman. Parfois dérangeant à cause de l’omniprésence des angoissantes Erinyes, ce one-shot se révèle plus terre à terre que « super-héroïque » avec une Diana qui bien qu’elle va affronter Batman, opère une véritable lutte avec son passé et les traditions auxquelles elle pense être attachée.

Le run principal quant à lui a un peu plus de mal à succéder aux premières pages consacrées à Hiketeia. En effet, si celui-ci est dans la continuité du célèbre graphic novel de Greg Rucka (puisque ce one-shot permettait à l’auteur d’entrer dans l’univers Wonder Woman avant de reprendre la série régulière) avec une Diana ambassadrice et décidée à concilier son rôle diplomatique avec celui de super-héroïne, les enjeux mettent beaucoup de temps à s’installer. Néanmoins ce début poussif était certainement inévitable puisque Greg Rucka, décidé à proposer un récit différent de ce qu’on pouvait voir habituellement, a pris le parti de faire de Wonder Woman une sorte de « messagère », qui vient plaider en faveur de son idéologie dans un livre publié à grande échelle. Entre séances de dédicaces et conférences aux Nations Unies, elle devient une sorte d’idéologue dont l’objectif est de mettre en valeur les principes des Amazones et répandre la « bonne parole ». Bien sûr, ses opposants arrivent vite et une partie de la population, certainement religieuse, s’oppose fermement à ces nouvelles valeurs véhiculées par une super-héroïne adulée par les jeunes. S’ajoute à cela une femme d’affaire véreuse qui semble vouloir mettre en doute la crédibilité de l’Amazone, et Arès, Dieu de la guerre, qui  manigance quelque chose de son côté. Les ennemis sont nombreux pour Wonder Woman et ce premier tome a vocation à tous les présenter, avant que les choses sérieuses ne commencent vraiment.

Diana Amazone

Attention toutefois, même s’il est difficile pour la série régulière de se faire une place juste après Hiketeia, elle n’en reste pas moins excellente. Hiketeia a marqué les lecteurs car c’est le récit qui a redéfini les contours d’un personnage mythique et lui a donné une profondeur qui lui manquait. D’autant plus que les dessins de J. G. Jones sont fabuleux, parmi les meilleurs qu’il m’ait été donné de voir : traits fins et excellente colorisation de Dave Stewart, on a ici une superbe œuvre. Il était ainsi difficile de passer après un graphic novel de cette qualité, et c’est ce qui arrive à la série régulière. Avec des enjeux moins marqués, une histoire, dans un premier temps, moins intense que Hiketeia et des dessins de Drew Johnson moins flamboyants que ceux de J. G. Jones, on a cette impression de retour à la réalité après un récit de haute volée. Toutefois les qualités sont nombreuses et le travail de Greg Rucka sur la série régulière n’est pas si réputé pour rien : c’est très bon, et c’est indispensable pour les fans de Wonder Woman, tout comme ceux qui souhaiteraient découvrir ce personnage mythique.

Sachant que Greg Rucka a repris le personnage de Wonder Woman en 2016 pour le relaunch « Rebirth » de l’univers DC (dont le premier tome sortira dans les prochains mois, toujours chez Urban Comics), ce Tome 1 de Greg Rucka présente Wonder Woman est un bon moyen de (re)découvrir pourquoi cet auteur a marqué l’histoire du personnage en attendant de voir ce qu’il va faire à l’occasion de son retour. Je recommande chaudement et j’attends avec impatience la suite.

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