Miyavi à Paris, compte rendu à la salle YOYO du Palais de Tokyo (19/04/2018)

Le 19 avril 2018 se tenait à Paris un concert de la tournée « Day2 » du rockeur japonais Miyavi. Avec sa guitare, il a enflammé la salle YOYO du Palais de Tokyo devant un public déjà acquis à sa cause.

C’est dubitatif que je me rendais à ce concert, traîné-là par une sœur admiratrice du guitariste depuis bien longtemps. Si je connais Miyavi depuis bien longtemps, à une époque lointaine où le rock japonais constituait une bonne partie de ma playlist (c’est-à-dire il y a plus de dix ans), sa musique ne me parlait pas plus que cela et je partais pour ce concert principalement par curiosité. Après tout, ceux qui ont bercé dans la culture pop japonaise alors qu’elle était en plein boom au début des années 2000 ont un souvenir bien marqué de Miyavi et ses compères du « visual kei », un genre musical dont il a su s’émanciper et prouver qu’il était capable d’aborder la musique différemment. L’artiste a mûri, comme ses fans (la moyenne d’âge étant étonnamment plutôt élevée au concert), et cela a été un grand plaisir de le voir évoluer sur scène.

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Après une première partie assurée par « The Kinds », un groupe français indé qui a été accueilli très froidement par le public (et je plaide coupable : je n’ai pas aimé non plus), le guitariste japonais fait irruption sur scène en compagnie d’un batteur, un DJ et deux choristes, et enchaîne pendant un peu moins de deux heures ses chansons les plus populaires. De Itoshii Hito à Horizon, l’artiste couvre une décennie de chansons aux genres bien différents, de quoi constater l’évolution de l’artiste au fil des années. Et il le fait toujours avec la même passion, une passion qu’il transmet au public malgré la chaleur ambiante. Sérieusement, entre l’aération compliquée de la salle YOYO et le record de chaleur à Paris ce jour-là, tout le monde était en sueur à peine le concert commencé.

Mais cela n’a entamé l’enthousiasme de personne, Miyavi est une vraie bête de scène et sait mettre le feu. Ses talents de guitariste ne sont plus à prouver et les choix habiles au niveau de la setlist poussent le public à ne jamais se calmer, l’artiste s’amusant régulièrement avec ses fans et les invitant à chanter sur ses morceaux les plus populaires.
Miyavi dévoile également une facette plus sensible, plus terre à terre alors qu’il aborde des titres à la signification particulière. Tour à tour il chantera The Others et Long Nights, la première est un titre qui aborde le sort des réfugiés, déplacés à cause de conflits partout dans le monde. Il en profite pour parler de son engagement auprès de UNHCR (le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés), lui qui a découvert sur le tard ces problématiques alors que le Japon ignore largement ces questions. J’ai donc découvert un artiste engagé, une facette dont je ne savais rien avant ce concert.
La deuxième chanson, Long Nights, est le point culminant de la soirée, celle aussi où l’émotion est à son comble : il s’agit d’une chanson qu’il a créé avec Sonita Alizadeh, une réfugiée afghane, rappeuse et militante pour les droits humains. Les « longs nights » du refrain sont repris en cœur par le public et l’artiste sera applaudi pour son engagement.

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Voir Miyavi en concert m’a rappelé l’époque où j’écoutais beaucoup de rock japonais, comme si je retombais dans l’adolescence et c’était curieusement plutôt agréable. Si j’en écoute assez peu de nos jours, Miyavi est un des quelques artistes qui a su survivre à une époque désormais révolue et s’adapter, proposer de nouvelles choses. Ce qu’il fait aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec ce qu’il faisait il y a quinze ans, l’artiste est désormais plus « terre à terre », accorde beaucoup plus d’importance à ses textes et leur message, il passe plus de temps à s’amuser et échanger avec son public qu’à maintenir un personnage. C’était vraiment un plaisir de le découvrir de la sorte, car j’ai eu le sentiment de voir là un véritable artiste, une personne qui vit de sa passion et qui use de son talent pour des causes qui lui sont chères. Il inspire sans mal le respect, si toutes ses chansons ne me parlent toujours pas je suis ressorti de la salle avec une vision bien différente de cet artiste.

La salle n’était malheureusement pas pleine mais l’énergie du guitariste, sa musique et l’entrain du public ont rendu cette soirée absolument géniale. Je me suis à l’occasion découvert un intérêt pour quelques uns de ses titres. Horizon et Long Nights sont excellentes, The Others est une belle chanson, et si le reste de la setlist (dont je serais bien incapable de sortir les titres…) ne m’a pas vraiment marqué, tout était bon pour s’amuser. Finalement, il n’y a que la salle YOYO du Palais de Tokyo qui n’a pas été à la hauteur ce soir-là, avec une chaleur étouffante dont tout le monde se serait bien passé. Mais bon, ça leur a au moins permis de vendre (beaucoup) de bières.

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