Supergirl – Saison 1, plus qu’une super héroïne

Supergirl est la dernière adaptation DC de Greg Berlanti sur le petit écran, il s’agit de Kara Danvers, alias Kara Zor-El, la cousine de Superman. Dans cette adaptation on suit les aventures de Kara non pas découvrant ses pouvoirs mais décidant de qui elle veut être à travers eux : la différence est subtile mais notable et nous permet d’éviter les poncifs et clichés habituels de cette découverte et ses conséquences.

(Merci à Myriam pour cette première contribution passionnée.)

Kara Danvers Zor-El (Melissa Benoist) est née sur Krypton et y a grandi jusqu’au moment de son explosion alors qu’elle n’avait que 13 ans. Elle est envoyée sur terre par ses parents afin de veiller sur Kal-El (Superman). Ayant trop tardé dans son départ, elle est prise dans la déflagration de la planète et est envoyée dans la zone Fantôme (avec la prison Kryptonienne, Fort Rozz). Elle (et la prison) en sort finalement après 24 ans d’un profond sommeil et atterrit sur terre, où son cousin l’accueil avant de la confier à un couple de scientifique en qui il a confiance, Jeremiah Danvers (Dean Cain, qui a joué Superman par le passé) et sa femme Eliza (Helen Slater, également une ancienne Supergirl), qui ont déjà une fille de 14 ans nommée Alexandra « Alex » Danvers (Chyler Leigh) qui deviendra par la force des choses (et l’incitation parentale peu subtile et sans pression comme montré dans l’épisode 5) la grande sœur de la demoiselle.

Lorsqu’elle est envoyée sur Terre, Kara sait déjà, grâce à sa mère, qu’elle y aura de grands pouvoirs et que cela est dû au soleil jaune de cette galaxie. Une fois Kara confiée au Danvers, Superman s’en va vivre sa vie et nous voilà, faisant un bond dans le temps de 12 années où l’on retrouve une Kara bien intégrée à la vie sur Terre, assistante de Cat Grant (Calista Flockhart), grande prêtresse des médias à National City. Elle n’a jamais utilisé ses pouvoirs, ayant décidé que puisque Kal-El n’avait pas besoin de sa protection, le mieux était encore de ne pas les utiliser. Jusqu’au jour où sa sœur est piégée dans un avion sur le point de se crasher.

On sous-estime trop le pouvoir de l’espoir

Créée par Greg Berlanti et sa clique, la série récupère tous les défauts habituels des shows Berlantiesque (scénarios bâclés et incohérences à foison notamment). Heureusement pour elle, Greg s’est adjoint les services d’Ali Adler (Chuck, Glee, No ordinary family) et cela fait toute la différence.

Premier point positif, cette série possède un ton qui lui est propre et qui, s’il se rapproche de celui utilisé dans The Flash, n’en est pas moins impossible à confondre avec le reste de l’univers télévisuel de DC. Résolument optimiste, léger, fun, mais non dépourvu de gravité, la série a su, du point de vue émotionnel au moins, tirer son épingle du jeu.

On évite les clichés habituels des débuts héroïques et on assiste en vitesse rapide à une Kara adorablement maladroite, qui apprend à ajuster ses pouvoirs à la situation, ce qui donne lieu à des moments amusants qui expliquent par exemple, pourquoi la cape est finalement une bonne idée. Ce côté maladroit, Kara le possède également dans sa vie de tous les jours ce qui crée des échanges avec sa boss Cat Grant qui prête souvent à sourire. A ce sujet, je tire mon chapeau à ce personnage (et à l’actrice qui semble bien s’amuser dans ce rôle) qui possède les tirades les plus incisives, drôles et inspirées de la série. L’interprétation de Melissa Benoist en assistante peu sûre d’elle mais toujours enthousiaste, souriante et déterminée, est impeccable et rend bien compte de la profonde gentillesse et de l’espoir qui sous-tend complètement le personnage. L’espoir d’être meilleure, de pouvoir faire plus et quelque part, de faire la différence.

Mais si le ton est léger il n’est pas pour autant dépourvu de sujet sérieux, traité avec tout le développement qui leur est dû, à l’image de l’épisode 16 où Supergirl, suite à une exposition à de la Red Kryptonite (merci Maxwell Lord –sauveur autoproclamé de la race humaine- joué par Peter Facinelli) devient méchante (qui est au passage un excellent hommage à Superman III avec la scène des cacahuètes) et perd la confiance du public. Elle mettra deux épisodes à la retrouver et, même si la façon dont cela est réalisé est discutable, ce n’est pas expédié en cinq minutes, et la raison apportée est crédible : Supergirl est prête à mourir pour eux.


Outre le ton, on comprend dès le premier épisode que Supergirl est avant tout une histoire d’équipe et de famille. Contrairement à Superman, Kara ne fait pas cavalier seul. Quelque part, elle a plus confiance en l’humanité que son cousin car elle n’hésite pas s’allier dès le départ à quelqu’un, son meilleur ami Winn, lui révélant directement son secret afin de mieux servir le peuple qu’elle souhaite protéger. Kara n’a pas de problème d’ego et les rares fois où elle ne fait pas appel à son équipe tient plus d’une question émotionnelle qu’autre chose. Regarder Supergirl, c’est regarder avant tout un groupe de personne s’épaulant les uns les autres pour le bien commun. Et ça, ça change complètement la donne. Vous me direz que oui mais Flash et Arrow ont également des équipes qui les aident… Et c’est vrai. Mais c’est eux qui résolvent tout ou presque, qui affrontent les méchants et/ou échouent. Kara à a sa disposition une division spécial (le D.E.O.) de professionnel qui sont tout aussi aptes qu’elle à se battre et sur le terrain, ils sont très souvent avec elle.

Ce qui m’amène à Alex Danvers. La sœur adoptive de Kara qui travaille pour le D.E.O. Contrairement à ce que l’on pourrait s’attendre à voir dans un tel show, Alex Danvers n’est pas un simple soutien ou faire valoir pour l’héroïne. Elle a presque autant de screentime que Kara elle-même. Aussi développée et complexe que sa sœur, le traitement de son personnage est soigné et son interprétation juste de bout en bout. Merci à Chyler Leigh qui est vraiment douée pour rendre compte des subtilités des sentiments contradictoires qui agitent son personnage. Car oui, Alex Danvers est ambivalente dans sa relation avec sa soeur. Comme toute personne possédant des frères et sœurs vous le dira, quand on n’est pas le seul enfant, on grandit avec un esprit de compétition et de jalousie assez présent. Dans son cas à elle, ce sentiment est aggravé par la nature même de Kara qui est carrément inatteignable. Mais c’est sans compter sur la ténacité d’Alex qui travaillera d’autant plus dur et deviendra un agent et une bio-ingénieur accomplie. A cela on peut rajouter le fait qu’Alex n’a quasiment aucune vie sociale en dehors de sa sœur car, merci maman, depuis l’arrivée de Kara dans sa vie, elle a dû dédier son existence à sa protection. Alex aime profondément sa sœur, lui est complètement loyale mais cela n’exclut pas pour autant la souffrance qu’elle ressent à l’avoir dans sa vie.

Outre sa relation avec sa soeur, on voit se construire petit à petit une relation père-fille entre elle et Hank Henshaw (David Harewood) le directeur du D.E.O. Passant d’admiration et de respect mutuel à quelque chose de plus profond et sincère, particulièrement bien traité. A l’image de la relation Cat-Kara, le show nous donne (et donne à Alex) la relation Alex-Hank, démontrant ainsi s’il en était encore besoin qu’Alex est un personnage aussi important que Kara pour les créateurs.

Autre personnage particulièrement réussit : Kara elle-même. Pour être honnête c’est la première chose intéressante que j’ai remarqué dans la série. Kara n’est pas Superman. Elle est bien plus complexe que lui. Elle a grandi sur Krypton et se souvient très exactement de tout ce qu’elle a perdu, et elle a beaucoup de mal à l’accepter. C’est un excellent point de la part des scénaristes que de traiter ce côté inédit jusque-là des Superhéros Kryptoniens. Et encore plus de l’avoir traité tout au long de la saison car oui, cette souffrance que ressent Kara on ne la survole pas, elle fait partie intégrante du personnage. Mais s’il n’est pas éludé, si la souffrance des sœurs est bien réel, cela n’alourdit pas l’atmosphère de la série bien au contraire, cela la sublime, nous fait comprendre que souffrir n’est pas inéluctable, que l’on peut dépasser tout ça sans cesser d’être soi (en gros, on n’est pas obligé de tout péter et de partir à la dérive, juste parce qu’on souffre). C’est là, la grande force des personnages. Ils sont forts. Et ils le sont ensembles.

A l’image de ces deux héroïnes tout en nuance, la relation qui les lie est explorée en profondeur. On le comprend rapidement en commençant la série, cette relation est le cœur même du show. Kara tire sa force de sa sœur. Elle a besoin d’elle, de son soutien et de sa foi «plus que de ce « s », plus que de cette cape, plus que de n’importe qui» pour paraphraser notre héroïne. Elles possèdent une complicité évidente et sont clairement dépendantes l’une de l’autre. Comme le dit Hank Henshaw (directeur du D.E.O et accessoirement J’onn J’onzz), Alex est le héros de Supergirl et cela se ressent bien. De son côté, Alex est prête à tout pour la protéger, quitte à abuser de ses prérogatives (notamment en séquestrant, je ne vois pas comment on peut appeler ça autrement, Maxwell Lord) ou à mourir pour elle, comme lors de l’épisode 13 ou elle dit à Jimmy, pardon James,  qu’elle reviendra avec sa sœur, ou sinon elle y restera. Il n’y a aucune hésitation, aucun questionnement. Dans l’esprit d’Alex tout est très clair, Kara passe avant tout. Cette relation est la plus importante du show, aucune autre n’est traité aussi en profondeur (oui, pour une fois la relation la plus importante n’est pas une relation amoureuse, vous avez bien lu).

 

Autre personnage à noter,  Cat Grant. Boss tyrannique mais pleine de panache, de force et d’élégance, elle est le mentor involontaire de Supergirl en plus de celui de Kara. Cela se fait de façon naturelle et colle parfaitement à la personnalité que l’on nous dévoile petit à petit, de cette femme en manque d’affection maternelle qui a su en en faire sa force et entend bien faire de même avec Supergirl et Kara (qu’elle décide de prendre sous son aile après avoir découvert son passé d’orpheline) les poussant sans relâche quitte à paraître parfois critique et négative (ce qui donne naissance à une scène mémorable entre Kara et Cat où, frustrée au possible, Kara explose et hurle après elle).

Parlons maintenant du jeu d’acteur. Que ce soit Melissa Benoist, Chyler Leigh ou Calista Flockhart, leurs interprétations sont à la fois justes et impeccable de bout en bout (malgré une ou deux scènes un peu forcées mais on pardonnera cela aisément, ça n’est pas de leur fait et les baisses de forme existent chez tout le monde). Très honnêtement je ne vois pas une autre actrice capable d’interpréter Supergirl d’une meilleure manière que Melissa, capable de parfaitement rendre crédible les deux facettes de Kara. Que ce soit Kara Danvers, une fille un peu goofie, adorable et qui manque d’assurance mais qui veut bien faire ou Kara Zor-El, puissante Supergirl, super héroïne forte et fragile à la fois (mention spécial à l’épisode 13 où J’on J’onzz prend la forme de Kara pour la remplacer au travail. Ce qui fait que Melissa y joue J’on jouant Kara. L’échange avec Cat Grant est priceless). Quant à Chyler Leigh, comme déjà explicité dans le paragraphe consacré à son personnage, elle parvient à rendre toute les nuances de l’ambiguïté que la présence de Kara dans sa vie génère et ce sans aucun faux pas. Sa parfaite alchimie avec Melissa et son interprétation sans défaut font que le spectateur ne peut qu’être happé par l’intensité des émotions qu’elle vit. On est en colère avec Alex, on a le cœur brisé, on rit avec elle et on en redemande.

Certains des personnages secondaires possèdent également un potentiel des plus intéressant. Les personnages tel que Winn, Lucy Lane, Maxwell Lord et Martian Manhunter (J’onn J’onzz) quoique peu développé dans cette saison, nous offre néanmoins des scènes et des épisodes intéressant et prometteur quant à la suite. Winn, fils de Toyman, grand méchant bien connu des fans de Superman, et amoureux éconduit, a droit à son petit épisode de mise en avant et à quelques scènes sympathiques relatant sa vie amoureuse, permettant mine de rien de creuser le personnage. Lucy Lane, qui devient co-directrice du D.E.O en fin de saison et ne nous ennuie pas cent sept ans parce que son homme en aime une autre, a elle aussi quelque chose à apporter à la série, même s’il faut attendre la fin de la saison pour s’en rendre compte. Le martien J’on J’onzz, qui possède une histoire revisitée et plus en accord avec la série,  voit ses relations et lui même prendre plus d’épaisseur lorsque la révélation de son identité et le génocide de son espèce et de sa famille sont dévoilés. Que ce soit avec Kara avec qui il partage la douleur d’avoir vu tout ce qui était sa vie être détruit, ou avec Alex qu’il a pris sous son aile avant même son entrée au D.E.O. (en effet c’est lui qui est allé la chercher pour tenir une promesse faites à son père),  dans une relation père-fille qui soudent les trois compères comme une véritable famille.

Quant au mystérieux Maxwell Lord, bien qu’il semble différer de son personnage dans les comics (en effet il paraît dépourvu de pouvoirs) il incarne à la perfection l’ambivalence humaine à l’égard de Supergirl. Avec une plus grande réussite que Snyder dans son désormais célèbrement raté Batman V Superman, Maxwell Lord montre une méfiance envers la toute-puissance de la jeune Alien qui semble le pousser du côté des méchants à plusieurs reprises, mais qui pourtant n’est pas dépourvu d’un code moral (et d’une intelligence) qui le met plus d’une fois du côté de Supergirl. A la fin de cette saison, nous ne sommes toujours pas fixé quant au coté que M. Lord a choisi, ce qui fait de lui un personnage avec lequel tout est possible en saison 2, le meilleur comme le pire et j’ai hâte de voir vers quel côté son ambivalence va le porter.

Pour terminer je parlerais un peu plus technique, en soulignant notamment que la bande son est excellente et fait bien vivre les scènes. Pour les effets spéciaux, je suis plus partagée. Certains sont par moment fantastique, à l’image du sauvetage de l’avion dans l’épisode 1 ou de certains super vilains qui ont un maquillage parfait. Ou bien complètement raté et d’un cheap qui pique les yeux.
A noter également que la série a mis un point d’honneur à ne pas être aussi sexiste que les comics le sont avec les super héroïnes habituelles. En épargnant notamment le spectateur avec des histoires d’amour niaiseuses, qui si elles existent, restent néanmoins anecdotique dans le propos de la série. De plus, Supergirl ne montre pas son ventre, la jupe n’est pas trop courte et elle possède des collants opaques. L’intérêt du costume réside en ce « s » qui n’est pas une simple lettre mais le symbole de la maison des El, qui veut dire espoir. Et c’est cela que veut être Supergirl pour le peuple de National City.

La fainéantise au rang d’Art

C’est la partie la plus simple car relever tout ce qui ne va pas dans Supergirl est tellement évident qu’il faudrait être aveugle pour ne pas les voir. Je ne parlerais pas ici des effets spéciaux car j’en ai parlé plus haut.

Commençons donc par ce qui crève les yeux, le scénario. Enfin les scénarios tout à fait inégaux des différents épisodes. Ce n’est pas tant qu’ils soient mal écrits (un peu quand même), c’est surtout qu’ils transpirent la maladresse. Tout est beaucoup trop vite survolé, les super vilains sont rarement bien travaillés à l’image de Non (qui se prononce nonne), présenté dès le départ, avec sa femme Astra (la tante de Kara et sœur Jumelle de sa maman), comme les adversaires principaux. Ils sont sous-exploité et complètement superficiels. Personnage unilatéral, Non ne semble avoir aucune personnalité et qu’une seule revendication, tuer tout le monde pour sauver la Terre. Il ne possède aucune once d’empathie pour sa nièce, une enfant innocente envoyé sur Terre pour une mission qui la dépasse et ne fait qu’obéir à sa femme (ou plus tard à Indigo, c’est un soumis en fait…) sans montrer plus de caractère.
Astra, la tante de Kara, est elle, présentée avec un background qui la rend plus attachante et ambivalente que son époux. Néanmoins elle est complètement dégagée du paysage au moment même où elle montre un possible retournement d’idéaux et ce, dans le seul but de créer un moment de « drame » dans la relation Kara-Alex. Alors qu’il aurait été tellement plus intéressant de développer ce côté incertain, les remords qui en auraient suivit et le développement de sa relation avec Alex. Question intéressante soulevé dans l’épisode 13, si Kara est la nièce d’Astra et Alex sa sœur, que sont-elles l’une pour l’autre ? Que j’aurais aimé qu’on y réponde ! Pourquoi poser cette question, lever des points intéressants et plus profonds, pour les balayer quelques épisodes plus loin ?
Autre exemple de scénario bancal et personnages sous-exploité et inutile, le cross-over avec Flash. Dans l’idée c’est excellent. Les deux personnages que sont Barry et Kara se ressemblent, s’amusent des même choses et, ce qui ne gâche rien, les deux acteurs possèdent une alchimie qui rend toute leurs interactions aussi drôles qu’attachantes. Mais concrètement, Flash ne sert à rien. Remarquez dans cet épisode, même Supergirl ne sert à rien. Alors d’accord, il faut que la jeune Alien regagne la confiance de son peuple et que celui-ci s’engage véritablement vis-à-vis d’elle (d’ailleurs la scène de prise de position de la foule a un fort impact) mais c’est amené avec les pieds et rend les deux super héros totalement ridicules. Ils se font latter par deux super vilains que Supergirl a déjà battu toute seule et là, avec du renfort, elle ne parvient même pas à les toucher… Ok. Et que dire de Barry et de sa super vitesse qui lui permet de voyager dans le temps, entre les mondes mais ne lui permet pas de s’en sortir face à un cri ou de l’électricité ?

Dans le même genre, il y a des facilités scénaristiques qu’on peut relier aux incohérences ou au précédent point. Je le mets néanmoins à part car celles-ci renient, bafouent, insultent toute personne connaissant Superman et sa mythologie, autrement dit tout le monde. Exemple, dans l’épisode 3, Astra se fait poignarder par un couteau en Kryptonite verte. Qu’elle ne connaisse pas l’existence de la Kryptonite en tant que super vilaine étant sur Terre depuis déjà 12 ans, c’est surprenant mais passons, elle vivait peut-être recluse dans une grotte (ou dans la prison, après tout ça à l’air cosy de ce que l’on en voit) mais là ou je trouve qu’il  n’y a vraiment aucun égard pour la mythologie, c’est dans la suite de cette action. Pour faire court, elle s’envole. Oui, elle s’envole vous avez bien lu. Et vous êtes aussi choqué que moi je n’en doute pas. La Kryptonite verte, pour rappel, annihile les pouvoirs des Kryptoniens. Pire, elle les rend aussi faible qu’un bébé. On comprend dès lors aisément mon indignation au visionnage de cette scène.
Autre exemple, dans l’épisode 20 on apprend que Kara, par je ne sais quel mystère, ne peut pas voler dans l’espace. Alors que Superman le fait depuis toujours. Soit dit en passant l’épisode 20 est, à l’image des premiers épisodes de la saison, un cliché géant empli de stupidité et d’incohérences. J’ai envie de dire que le dernier épisode de cette saison est le pire de la saison tellement il vire au grand n’importe quoi entre les dialogues niaiseux (qui passent uniquement grâce au talent de Melissa) les insultes à la mythologie de Superman, Maxwell Lord qui nous pond des liaisons radio-vidéo à partir d’un truc né à l’époque de Mathusalem, et autres joyeusetés.

Viennent ensuite les incohérences. Il y en a tellement que je ne les listerai pas, j’en aurais pour une semaine. Je vais me contenter de vous donner quelques exemples qui font grincer des dents ou hurler devant son écran d’ordinateur des « tu te fous de ma gueule ?! » aux scénaristes qui montrent ici un niveau élevé de fainéantise et/ou de manque d’inspiration. Par exemple une chose revient régulièrement et sans aucune raison, Kara est sur le point de faire mordre la poussière à un méchant et… le laisse gentiment s’enfuir, à l’image de son combat contre Reactron. Elle le bat dès les premières minutes mais le laisse s’en aller tranquillement plutôt que de l’arrêter. Trop facile sûrement. Pour parler de cet épisode toujours, les incohérences y pleuvent, entre l’utilisation du plomb en format gant (depuis quand le plomb refroidi est malléable ?) et l’évanouissement de Reactron une fois qu’elle lui retire son cœur atomique, alors même qu’elle ne l’a pas touché.
Mais aussi l’omniprésence de Superman. Qu’on parle de lui au début de la série est normal. Une série sur Supergirl qui ferait l’impasse sur sa présence serait ridicule. Mais comment peut-elle se démarquer de Superman si tout est toujours en rapport avec son univers à lui ? Passe encore les explications stupides sur sa non-présence la plupart du temps mais les multiples références sont-elles obligatoires ? On avait déjà assez avec Jimmy Olsen, qui parle de lui tout le temps, voilà qu’on nous ramène la famille Lane, les références à Perry White, au Daily Planète, aux insultes de Cat envers Lois et les mails échangés avec Clark. C’est simplement beaucoup trop de Superman dans une série qui porte le nom de sa cousine.

Point mineur mais non négligeable à relever, le manque cruel de subtilité. Dans tous les domaines. Je ne donnerais qu’un exemple, cet article étant déjà assez long. La décoration. Cat Grant est le grand manitou des médias. Et pour bien souligner ce fait, que l’on nous répète pourtant à l’envie dans les différences épisodes, on décore son bureau avec des milliers de télévisions et, même si cela rend bien visuellement, je doute voir une telle décoration dans les bureaux d’un président de chaîne d’information chez nous. Du reste elles n’ont aucune utilité, Cat préférant regarder les informations qui passent en continu sur les télévisions se trouvant dans la salle de travail de ses employés.

It’s a bird, it’s a plane… Oh no, they’re just some bad actors

L’absence totale d’expressions faciales de David Harewood (exception faite de l’épisode évoquant la mort de sa famille) est sidérante, et je ne parle même pas de son expression corporel qui se résume à deux positions : bras croisé et mains sur les hanches. On dirait Horacio dans les Experts. Et ce n’est pas un compliment. Vient ensuite Mehcad Brooks, alias Jimmy «je préfère James comme ça je me démarque de Superman mais pas trop quand même» Olsen. Aucun charisme et un jeu auquel il est difficile de croire. Pour ce qui est de son personnage, qu’ils aient voulu innover en mettant un Jimmy grand, beau, black et sûr de lui au lieu du petit roux gringalet, d’accord. Mais il n’a aucun intérêt scénaristique. Il est le love interest contrarié de Kara et rien d’autre. Son rôle de guide lui est volé par Cat et celui de soutien/protecteur par Alex. Honnêtement, je me demande ce qu’il fait encore dans la série. Enfin, je ne dirais rien sur Jeremy Jordan car il est plutôt bon dans son jeu, pour le peu qui a été développé le concernant jusque-là.

En conclusion, je dirais que je recommande cette série car malgré ses (très) nombreux défauts, si une chose ressort bien de Supergirl, c’est que ce n’est pas une énième série sur un super héros, mais une série sur qui l’ont est, et l’importance qu’ont les gens autour de nous dans la quête de notre personnalité. C’est une série bourrée d’ondes positives, optimistes et pleine d’espoir qui traite de pas mal de choses plus sérieuses (le deuil, la perte, la méfiance envers les étrangers, la facilité avec laquelle on perd la confiance des autres en cas d’erreur alors qu’elle est si difficile à créer…) sans trop de superficialité même si pour cela parfois, ils passent par des facilités à cause d’un excédent de fainéantise à faire grincer les dents des plus exigeants.

Et pour ceux qui souhaitent la voir seulement du point de vue super héroïque, c’est une excellente série pop-corn, sans prise de tête dont les épisodes donnent le sourire et l’envie d’en voir plus.

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