Dark Night – Une histoire vraie, la dépression de l’artiste

Paul Dini est un auteur référence dans l’univers de l’animation et des comics : après avoir travaillé pendant des années sur les dessins animés de Warner Bros (Tiny Toons, Animaniacs, Batman : La série animée), il a fait parler son talent de scénariste du côté des comics avec le one shot Mad Love qui introduisait le personnage de Harley Quinn, ou encore Gotham City Sirens. Ici avec Dark Night – Une histoire vraie, l’auteur dévoile sa vie dans une autobiographie qui mêle ses années de scénariste chez Warner, et l’univers de Batman qui l’a accompagné dans sa plus profonde intimité.

Alors qu’il sort d’un rendez-vous galant, Paul Dini rentre chez lui à pieds. Dans les rues sombres de Los Angeles, il observe deux jeunes se rapprocher de lui sans qu’il parvienne à distinguer leurs visages. Très vite il se fait attaquer par les deux, une agression d’une rare violence, sans raison, qui va le détruire. Son visage est dans un état exécrable, et son moral est brisé. Entre dépression et anxiété, l’auteur raconte ici comment il s’est reconstruit, et comment l’univers de Batman, ses bons et mauvais côtés, l’ont aidé à retrouver goût à la vie.

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Tu aurais dû…

Le comics débute alors que Paul Dini fait face à une assistance, probablement les lecteurs, à qui il raconte l’histoire de sa vie. Enfant harcelé, il raconte son premier contact avec les comics, la manière avec laquelle il a échappé à la violence de l’école en se réfugiant dans un monde imaginaire. Un monde fait de tous ses personnages préférés, de divers dessins animés qu’il regardait petit, à qui il confie tous ses malheurs et de qui il tire son courage. Ce monde imaginaire l’a suivi au fil des années, alors qu’il a fini par intégrer la boîte de ses rêves (Warner Bros) pour faire le métier qu’il désirait (raconter des histoires). Mais alors que sa vie semble aller trop bien, malgré ses errances amoureuses, tout est bouleversé lorsqu’il se fait sauvagement agresser. Défiguré, sa vie et ses passions sont remis en cause. Il n’a plus le goût pour l’écriture, son style de vie l’écœure et il tombe dans l’alcool. Foncièrement pessimiste, il ne voit aucune issue et se contente de se lamenter sur son sort.

Mais les choses vont évoluer, car à la manière de sa jeunesse difficile, il va trouver la force de se remettre sur pieds grâce à un héros : Batman. Dans sa tête, celui-ci fait des apparitions abruptes et sans prendre de pincettes. Batman le traite de faible, lui dit qu’il aurait pu se défendre, qu’il aurait dû agir autrement. Les autres personnages de cet univers y mettent également leur grain de sel, à l’image du Joker qui en tire un plaisir malsain, Harvey Dent (Double-Face) qui l’envoie sur le mauvais chemin ou encore l’Épouvantail qui se nourrit de ses peurs. C’est en introduisant tous ces personnages que Paul Dini parvient à raconter sa dépression et l’anxiété qui se sont joints à lui suite à l’agression. Chaque personnage vient raconter un sentiment, une émotion, un mal-être, et Batman sera là pour les chasser.

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Il fallait…

Atypique, ce comics est une véritable autobiographie qui sera sans nul doute déroutant pour la plupart des lecteurs. Très loin d’une aventure classique de Batman, on suit ici la vie et la convalescence d’un auteur déchiré. L’utilisation des différents personnages est touchante et permet de cerner les états par lesquels il est passé. Ce grand gamin amateur de jeux vidéo et de comics parlera à beaucoup, et la force qu’il trouve dans ces héros rappelle l’intérêt que peuvent trouver les enfants à tous ces comics. Ils s’identifient à eux, les héros sont fondamentalement humains (ou font en sorte de l’être) et ont tous la force, le courage d’affronter tous les obstacles. Paul Dini n’est qu’un amateur de comics et dessins animés parmi d’autres : s’il est devenu l’auteur de ses idoles, il était avant ça un simple lecteur qui y trouvait du réconfort. Alors quand il raconte là son histoire, au-delà de l’émotion que suscite son agression, il raconte l’histoire de centaines de milliers de jeunes qui ont eu les mêmes doutes, les mêmes craintes, et les mêmes espoirs que lui.
Il ne faut toutefois pas oublier le travail de Eduardo Risso, le dessinateur des comics 100 Bullets qui parvient là à mettre en image toutes les interrogations de Paul Dini. Il fait preuve d’une énorme sincérité dans des coups de crayon qui sont parvenus à raconter un final bouleversant, où la vie doit reprendre son cours.

Dark Night : Une histoire vraie est à part. C’est une œuvre unique qui parvient à mélanger autobiographie et comics. Un monde où l’histoire fantastique de Paul Dini, où il raconte de nombreuses anecdotes sur les dessins animés sur lesquels il travaillait ou encore sur Arleen Sorkin (qui était son inspiration pour Harley Quinn), se mêle à la brutalité de Batman et ses antagonistes. Un récit intelligent et terriblement touchant que je ne peux que recommander à tous.

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2 réflexions sur “Dark Night – Une histoire vraie, la dépression de l’artiste

  1. Très chouette article ! Sauf erreur de ma part, le titre exact est cependant Dark Night et non Dark Knight…J’ai commis la même erreur en fait. Je m’en suis aperçu après un petit laps de temps. Bien à vous.

    Aimé par 1 personne

    1. Ah bah merci, j’ai quand même passé des semaines avec la couverture sous les yeux sans jamais remarquer que c’était Dark Night ! Je vais corriger cette erreur de ce pas.
      Peut-être un peu trop conditionné par les autres aventures du Dark Knight… ^^

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