Castlevania – Saison 1, le jeu vidéo adapté par Netflix

L’annonce de l’adaptation de l’univers du jeu vidéo Castlevania en dessin animé par Netflix a effrayé bon nombre de personnes. Ce type d’adaptation n’est que rarement très joyeuse, et la série écrite par Warren Ellis n’y échappe pas. Peu convaincante et parfois risible, cette première saison de Castlevania est à la limite de l’acceptable.

Le Comte Vlad Dracula Tepes déclare la guerre à la région du Wallachia. Sa femme a en effet été accusée à tort de sorcellerie et brûlée vive sur les ordres de l’archevêque. Le vampire, en dernier souvenir à sa femme humaine, laisse une chance aux habitants : ils devront partir avant un an. Au-delà, ils subiront sa colère. Un an plus tard, il revient et déchaîne une armée de démons et monstres qui s’en prennent directement à la population. Au milieu de tout ça, le chasseur de démons Trevor Belmont s’allie avec la magicienne Sypha Belnades pour affronter le vampire.

CastlevaniaSaison1Critique (2)

Symphony of the Poor

Mais le plus choquant réside dans les dialogues. Croyant que le spectateur est suffisamment inculte pour méconnaître le moindre procédé narratif, les scénaristes proposent avec Castlevania une succession de discours indigestes et de dialogues tout droit sortis d’un mauvais bouquin. Les personnages se répondent comme des robots dans des dialogues qui n’ont jamais une once de fluidité ou de naturel, donnant sans cesse l’impression que les auteurs ne savaient pas trop où ils allaient. Et c’est extrêmement dommageable, car les doubleurs (anglais) de leur côté font le strict minimum et ne fournissent aucun effort pour apporter un peu de chaleur à un ensemble terriblement froid et distant. Mais c’est difficile de leur en vouloir puisque compte tenu des personnages, tous terriblement caricaturaux et aux comportements stupides, les doubleurs ne pouvaient rien en tirer ni même espérer leur donner une once d’intérêt. Castlevania fait partie de ces cas désespérés, où rien ne fonctionne et où le plus grand talent du monde ne pourra y survivre.

D’autant plus qu’il ne faudra pas compter sur l’aspect visuel pour rattraper le tout. Les personnages sont dessinés avec des traits grossiers et peu fidèles au character design des jeux vidéo, tandis que l’animation nous renvoie des décennies en arrière, comme si le dessin animé japonais s’était perdu à l’époque où les nouvelles techniques d’animation étaient encore peu maîtrisées. Un rendu très pauvre et peu agréable à l’œil, avec un grand nombre de saccades qui parfois hachent l’action, parfois donnent l’impression que les mouvements ont été trop détaillés. Au final on a quelque chose de lourd et lent à l’image, très loin des meilleurs anime actuels et du niveau auquel on est en droit d’attendre une production Netflix.

Order of Shit

L’ambiance sonore elle, déterminante dans la série de jeux vidéo, se fait très discrète et presque dérisoire. Les deux ou trois thèmes que l’on entend ici et là ne servent en rien l’action, la desservant même parfois avec des musiques pas vraiment bien senties. Ce qui aurait pu permettre d’apporter un peu de rythme ou d’émotion tombe lamentablement, à l’image du reste. C’est probablement la plus grande déception de l’anime, car les thèmes musicaux des Castlevania ont marqué les joueurs et les fans de la licence auraient certainement aimé retrouver ce qui fait tout l’intérêt de l’ambiance sonore des jeux. Ici rien à retenir, une simple succession de compositions génériques qui font pâle figure face à ce que la licence a pu offrir par le passé.

Castlevania est donc une erreur de parcours, une aberration dont on se serait bien passé : avec ses maigre quatre épisodes, l’anime ne parvient jamais à convaincre ni à proposer quoique ce soit de vraiment intéressant. Si les premières minutes tentent de proposer un peu de rêve, il suffit d’écouter le tout premier dialogue de la saison pour comprendre qu’on n’ira nulle part. La suite ne s’arrange guère, jusqu’à une conclusion en véritable doigt d’honneur qui explique que cette « saison » n’était une vague introduction. Une introduction à quoi, on se le demande, tant ces quatre épisodes n’amènent rien qui puisse servir de base à une quelconque histoire.

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