Solo : A Star Wars Story, de la naissance périlleuse d’un héros

Une production mouvementée et une levée de bouclier par des fans convaincus par des « secrets de tournage » relayés par des sites douteux, Solo : A Star Wars Story est parti sur de bien mauvaises bases tant le « bad buzz » était puissant avant même sa sortie en salles. Mais alors qu’en est-il de ce fameux film réalisé par Ron Howard ?

Han (Alden Ehrenreich) est un jeune pilote sur la planète Corellia, son seul objectif étant d’obtenir les ressources nécessaires pour s’enfuir de la planète et son organisation criminelle dirigée par Lady Proxima. Un jour alors qu’il a mis la main sur une dose de coaxium, un carburant pour vaisseau à très forte valeur, il tente de s’échapper avec sa petite amie Qi’Ra (Emilia Clarke). Il embarquera alors pour l’aventure d’une vie, où il fera la rencontre de Lando (Donald Glover) et Chewbacca (Joonas Suotamo).

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The Adventures of Han

Pour ce film, deux hommes se sont attaqués à deux légendes bien difficiles à manier : Ron Howard d’abord, qui a accepté de reprendre la réalisation du film après l’éviction du duo de réalisateurs précédents. Non seulement les circonstances ne sont pas propices à travailler sereinement, mais en plus la légende de Star Wars, ses fans et son mythe en font un matériau bien difficile à aborder. Face à la caméra, c’est Alden Ehrenreich qui accepte de reprendre le rôle du mythique Han Solo. Mythique parce qu’il était incarné par Harrison Ford, un acteur qui a su donner au personnage un style et une attitude qui ont offert à la trilogie originale de Star Wars une saveur unique.
Placé en terrain miné, Solo : A Star Wars Story s’éloigne largement des films de la série principale Star Wars pour offrir au contraire une véritable aventure, à la manière en quelques sortes d’un Rogue One. Si le personnage de Solo s’y prête largement, le réalisateur n’a pas hésité à nous embarquer dans une aventure à la Indiana Jones en quête d’un trésor. Parfois même à la limite du western spatial, Solo s’amuse et savoure toutes les possibilités qui lui sont offertes alors que l’univers de Star Wars est suffisamment vaste pour nous embarquer sur des aventures très différentes. Alors disons le tout de suite : Solo n’est pas irréprochable et manque certainement le coche de quelque chose de très bon, mais il offre quelques moments de gloire presque à l’image de son mythique héros. C’est une véritable aventure qui s’émancipe des canons de la série pour véritablement offrir un film différent à une série qui a un réel besoin de modernité. Rian Johnson avait déjà amorcé un virage avec une qualité intéressante dans sa réalisation de Star Wars VIII, mais Ron Howard lui s’il reste plus classique dans son approche, s’émancipe en explorant un genre différent.

S’il est différent c’est donc pour ce côté western, un élément que j’attendais évidemment depuis l’annonce de sa production. Han Solo est un personnage sorti d’un western, son blaster équivaut à un colt, sa dégaine rappelle John Wayne et son attitude les meilleurs personnages de western. Alors Ron Howard avait la possibilité d’assumer ce côté-là et offrir au film une ambiance radicalement différente de ce à quoi Star Wars nous as habitués. Et le réalisateur va se faire plaisir, à l’occasion de quelques scènes qui font directement référence au genre avec ses impasses mexicaines et sa chasse au trésor par des hors-la-loi. Tous ces moments confèrent à Solo une identité bienvenue et une saveur qui n’a pas grand chose à voir avec les autres films de la série, si tout n’est pas réussi le film a le mérite de tenter quelque chose de différent.
Hautement critiqué à cause de rumeurs à la véracité douteuse, Alden Ehrenreich s’en sort pourtant bien d’ailleurs dans le rôle de Han Solo. Sans imiter les mimiques de Harrison Ford, il s’est imprégné avec brio du personnage pour lui offrir un passé que l’on n’a aucun mal à rattacher au personnage que l’on connaît si bien. De témérité en amours déçus, le Han que l’on découvre ici est ce jeune homme insouciant et aventureux dont on avait déjà une esquisse dans la trilogie de George Lucas. Les autres personnages viennent apporter plus de consistance au passé de Han Solo et offrent une vision nouvelle sur le personnage, qu’il s’agisse de son amour de jeunesse incarné par Emilia Clarke ou sa relation avec le bandit que campe Woody Harrelson, le personnage mythique existe au travers d’eux et se forme grâce à eux. Si les préquelles ne sont pas toujours de bonnes idées, encore moins lorsqu’elles portent sur un personnage devenu quasiment intouchable dans la pop-culture, Solo offre un regard intéressant sur le personnage qu’il raconte.

Flying with Chewie

Alors Solo est très loin d’être irréprochable, et ma principale critique réside dans l’approche d’un réalisateur qui n’a pas complètement assumé son idée. Certaines scènes envoient le film dans le genre du western avec beaucoup de justesse et une vraie connaissance du personnage. Mais on n’y reste pas très longtemps et le film a tendance à retourner vers une aventure spatiale des plus classiques où on cherche plus à montrer un grand nombre de décors et de races aliens qu’autre chose. Pourtant on sent un vrai travail sur la photographie et la mise en scène, de vraies bonnes idées en matière de réalisation qui sont presque inattendues tant le film a eu mauvaise presse avant sa sortie. A côté le film n’est pas non plus très convaincant sur sa musique qui est pourtant un des piliers de la licence, une musique qui reste très en deçà de ce qu’on peut attendre d’un Star Wars. Au rayon des déceptions aussi Donald Glover : lui qui semblait si bien incarner le personnage de Lando, il se révèle assez quelconque dans son interprétation en surjouant des mimiques et sans être véritablement capable de s’approprier le personnage. Une prestation en décalage complet avec celle de Alden Ehrenreich qui a lui, véritablement senti son personnage.

Solo n’est donc pas le désastre annoncé, il n’est pas non plus un grand film, mais c’est très certainement un très bon divertissement. Le réalisateur Ron Howard a proposé quelques bonnes idées pour donner à son film une identité intéressante, tout en s’appropriant le mythe de Han Solo pour lui donner un passé plutôt bien senti. Le film éclaire sur les origines du héros, mais son véritable intérêt réside surtout dans sa manière de nous montrer, comme Rogue One et son côté film de guerre, que la licence Star Wars est propice à des genres très différents qui peuvent apporter autant, sinon plus, de plaisir que les classiques batailles spatiales.

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