Soten no Ken – Tome 1, les origines du survivant

Ken le Survivant, ou Hokuto no Ken, a passionné toute une génération de gamin·e·s avides d’animation Japonaise à la télé. La série animée a divisé les fans entre celles et ceux qui gardent en tête la version traduite et censurée passée à la télévision, tandis que d’autres aiment l’original, à l’histoire peut-être plus sombre qu’il n’y paraît, et à l’ambiance post-apocalyptique tout à fait unique. Hokuto no Ken, c’était aussi un manga signé Buronson (à l’écriture) et Tetsuo Hara (au dessin), deux mastodontes du manga. En cette fin d’année c’est Soten no Ken qui débarque dans nos contrées, un manga créé par Tetsuo Hara et supervisé par Buronson, le célèbre duo revenant sur les origines de leur héros dans une préquelle débutée en 2001 au Japon, avant d’arriver en France en 2004 avec Panini, puis repris dans une nouvelle édition par Mangetsu cette année.

Critique écrite suite à l’envoi d’un exemplaire par son éditeur.

« 1932, Shanghai. La ville est aux mains de la pègre et le théâtre d’un affrontement entre le Syndicat de Jade et l’Union du Pavot Sanglant, qui se disputent chèrement ce territoire sans foi ni loi. Trois ans plus tard, cette rivalité garante d’un semblant d’équilibre n’est plus qu’un lointain souvenir et Shanghai a définitivement sombré dans le chaos. Mais tout va basculer lorsque Kenshiro Kasumi reçoit au Japon la visite d’un ancien membre du Syndicat de Jade, venu lui apporter une terrible nouvelle. Celle-ci va réveiller celui qui, naguère, était plus connu sous le nom de Yanwang, « le roi des enfers », héritier du Hokuto Shinken, un art martial aussi précis que mortel. » (Mangetsu)

Roi des enfers

« Tu ne le sais pas encore, mais tu es déjà mort« , une punchline qui marqué toute une génération, symbole d’une œuvre où le héros disposait d’une force sur-humaine, capable d’anéantir n’importe quel adversaire en un coup. Bien longtemps avant le manga un tantinet plus rigolo One Punch Man, Hokuto no Ken (ou Ken le Survivant) incarnait cette force brut qui suscitait la peur chez quiconque croisait sa route, avec cette faculté à tuer ses ennemis sans qu’ils n’aient le temps de s’apercevoir qu’ils allaient perdre. Toutefois avant d’être ce guerrier redouté, Kenshiro était l’énigmatique successeur du Hokuto Shinken, art martial transmis de génération en génération à un élu, capable de maîtriser cet art divin qu’aucun autre ne peut égaler. Toutefois, sa puissance impliquait aussi de ne pas se dévoiler à tous, afin d’éviter les attaques de ceux qui pensent pouvoir l’affronter, mais aussi de vivre une vie paisible. Car le Kenshiro n’est pas encore le guerrier qu’il deviendra plus tard, il aspire encore à vivre une vie plus ou moins normale, dans un monde qui n’est pas encore celui de Hokuto no Ken.

En effet, il ne s’agit pas là encore de décors dévastés à la Mad Max comme son aîné, Soten no Ken se place entre la Chine et le Japon des années 1930, dans des rues qui naviguent entre identités locales et influences d’un occident qui s’impose peu à peu. Un univers où Kenshiro s’improvise professeur dans une université pour femmes, que Tetsuo Hara dessine avec beaucoup d’élégance, avec un style qui lui est propre et que l’on reconnaît certes au premier coup d’oeil, mais qui est peut-être encore plus abouti que ses précédentes œuvres. Le mangaka y raconte, par ses dessins, des villes et des quartiers qui fleurent bon le cinéma d’antan, avec une ambiance propre aux années 1930 à laquelle il ajoute une pointe de fantaisie qui vient tout droit de Hokuto no Ken et de son art divin. Je dois bien l’avouer, je ne suis pas un énorme fan de Hokuto no Ken, pas plus que je n’admire (au-delà de ses qualités évidentes) le travail de Tetsuo Hara, toutefois Soten no Ken a quelque chose de tout à fait spécial qui le rend particulièrement fort, agréable à l’œil et plein de cœur.

© 2001 by TETSUO HARA AND BURONSON / COAMIX All rights reserved.

Peut-il traverser les époques ?

Il y a toutefois des lourdeurs qui apparaissent dans la narration, avec une écriture qui n’est pas toujours efficace et qui a parfois tendance à trop s’éparpiller, manquant l’occasion de se recentrer sur l’essentiel de son histoire, c’est-à-dire la découverte des pouvoirs de Kenshiro et leur impact sur sa vie. On peut, aussi, légitimement lui reprocher le traitement des personnages féminins qui est extrêmement daté. Néanmoins le manga est aussi capable de proposer de très beaux moments, notamment lorsqu’il s’inspire de l’imaginaire des gangsters, avec cette pègre qui répand la terreur et à laquelle Kenshiro oppose ses valeurs. C’est sûrement un peu caricatural, dans l’ensemble, mais cela reste un manga solide pour découvrir les origines d’une œuvre unique en son genre.

Soten no Ken a beaucoup de choses à raconter et ce premier tome est très dense, affichant une générosité qui nous submerge parfois, à l’image des dessins de Tetsuo Hara, lui qui s’est toujours illustré pour son souci du détail. Mais c’est aussi ce qui fait la force d’un manga qui n’est pas qu’une préquelle facile, et qui est une œuvre à part entière qui apporte de vraies bonnes choses à l’imaginaire de Hokuto no Ken (Ken le Survivant).

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