Preacher – Saison 1, des personnages et du vide

Adaptée du comic de Garth Ennis, Preacher est une série créée par Seth Rogen, Evan Goldberg et Sam Catlin. Dans une petite ville du Texas, un révérend qui perd peu à peu la foi découvre l’incroyable, la preuve que Dieu existe.

Jesse Custer (Dominic Cooper) est un révérend non conventionnel, il a un passé trouble et voit ses fidèles quitter son église peu à peu. Alors que lui même est sur le point de perdre la foi, une force mystérieuse entre dans son esprit et lui permet de faire obéir quiconque à tous ses désirs. Ce nouveau pouvoir qui apparaît comme la « voix de Dieu » lui donne un avantage considérable, mais lance à ses trousses deux anges qui viennent sur Terre pour se débarrasser de lui. Il va obtenir l’aide de Cassidy (Joe Gilgun), un vampire, et Tulip (Ruth Negga), une ex petite-amie devenue tueuse à gages.

Where is god ?

Cette série était attendue pour ses personnages et c’est une réussite (même si n’ayant jamais lu les comics Preacher je ne pourrais pas jouer au petit jeu des comparaisons). Jesse est un révérend désabusé et violent, mal considéré par une partie de la population et qui a un passé très trouble. Ce rôle est interprété avec brio par Dominic Cooper (que l’on a pu voir récemment dans la série Agent Carter ou le film Warcraft) qui montre un personnage à la morale et la foi très variable, aidé par Cassidy, un vampire interprété par Joe Gilgun. Fataliste et particulièrement drôle, pour peu que l’on adhère à l’humour noir, ce personnage est mon préféré tant il apporte à la série en matière d’absurde et de dérision. Quant au dernier personnage du trio, Tulip, jouée par Ruth Negga, elle est l’élément va-t-en-guerre du cast qui ne pense qu’à accomplir sa vengeance. Les personnages secondaires sont aussi bien sentis, comme les anges Fiore (Tom Brooke) et DeBlanc (Anatol Yusef), impassibles et stoïques en toute situation et qui sont à mourir de rire.

Preacher pose une véritable ambiance, des personnages déjantés perdus au fin fond du Texas et le tout dans un univers grinçant. Certaines scènes, certains plans et personnages rappellent les films des frères Coen mais également Breaking Bad (sur lequel a travaillé Sam Catlin, l’un des créateurs du show). Pleins d’humour noir, les dialogues sont savoureux et provoquent comme les personnages et l’ambiance de la série un mélange de rire et de malaise, accompagné par une bande son qui sent bon la campagne Texane. C’est donc une très grosse réussite sur ce point là, surtout que l’on pouvait craindre de retrouver un humour lourd et vulgaire, la marque de fabrique de Seth Rogen et Evan Goldberg. Heureusement ces deux-là ont su se détacher de ce qu’ils font habituellement pour proposer un univers intriguant.

In God we trust

Mais le problème de Preacher est qu’il ne s’agit que d’une grosse introduction. En effet, les personnages hauts en couleur ne suffisent finalement pas à tenir en haleine jusqu’au bout : on s’ennuie, beaucoup, énormément. Entre le premier et dernier épisode, il ne se passe pratiquement rien si ce n’est la découverte du pouvoir de Jesse et l’arrivée de l’antagoniste de la prochaine saison. L’action se concentre sur la petite ville Texane, autour de l’église, certaines scènes absurdes et violentes sont bien senties mais dans l’ensemble rien ne donne envie de revenir voir la semaine suivante. La saison 1 de Preacher n’est qu’une succession de scènes mettant en avant des personnages improbables, sans objectif et sans développer l’histoire.

Ainsi cette première saison de Preacher promet énormément de bonnes choses : la série semble s’orienter vers un road trip (à la manière des comics, il semblerait) face au grand méchant qui est lui rapidement introduit dans cette première saison, et les personnages que l’on découvre ont assez de consistance et d’intérêt pour donner envie d’y revenir.Il m’est donc difficile d’avoir un avis véritablement tranché sur cette série, tant elle excelle sur un point, mais fait preuve d’un énorme manque sur le scénario. Une bonne partie des épisodes étaient ennuyants, mais quelques scènes méritent le détour et l’univers est particulièrement accrocheur. Du coup rendez-vous dans un an, en espérant qu’ils sauront enfin proposer du fond et ne plus se reposer uniquement sur les qualités de cet univers.

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