Dernier train pour Busan, un coup de fouet aux zombies

Le blockbuster de l’été vient de Corée du Sud avec Dernier train pour Busan : un train à grande vitesse qui relie les deux grandes villes du pays, un père et sa fille, des zombies et nous voilà dans un huis clos palpitant qui apporte une vraie fraîcheur à un genre qui tourne en rond depuis des années.

Seok Woo est un gestionnaire de fonds en bourse séparé de sa femme. Bien qu’il ai la garde de leur fille, il s’occupe assez peu d’elle et est désemparé devant sa volonté d’aller vivre chez sa mère. La veille de son anniversaire, sa fille lui demande de l’amener à Busan au sud du pays, pour le fêter avec sa mère. C’est alors qu’ils embarquent tous les deux dans le KTX (un train à grande vitesse) vers la côte sud-coréenne. Mais peu avant le départ, une passagère blessée entre dans le train et contamine les autres voyageurs…

Survivre ensemble

Les personnages ne mettent pas longtemps à voir que quelque chose ne tourne pas rond. La télévision diffusée à bord laisse apparaître un homme politique qui explique que le pays est victime de manifestations violentes de la part d’honteux pseudo-travailleurs, mais les choses débordent rapidement lorsqu’une contrôleuse du train se balade dans les allées avec une demoiselle sur son dos, en train de lui mâchouiller le cou. S’engage alors une course vers les wagons les plus éloignés des infectés afin de s’y cloîtrer en attendant d’arriver à la gare suivante. Mais voilà, l’instinct de survie des uns et des autres prend le pas sur le reste et on entre dans une logique du « chacun pour soi » que le héros tente d’inculquer à sa fille. Ils comprennent tous qu’il va falloir survivre, et pour cela on ne peut penser à aider des inconnus. Le film s’attache à montrer des comportements crédibles, puisque les personnages apeurés par la vision d’horreur qui s’affiche devant eux ne jouent pas aux héros, et ne s’attaquent aux zombies que pour sauver leur peau ou leurs proches.

Mais au fur et à mesure que le train progresse dans les terres sud-coréennes, et que les passagers découvrent avec effroi la destruction causée par l’épidémie, les liens se resserrent. Ceux qui tentent d’avancer seuls ne vivent pas bien longtemps, et un petit groupe de survivant va résister aux sonnettes de l’égoïsme symbolisé par un chef d’entreprise prêt à sacrifier son prochain pour sauver sa peau, en s’alliant pour progresser de wagon en wagon afin d’être à l’abri. Le héros Seok Woo est lui-même un exemple d’égoïsme qui n’accordait pas beaucoup d’attention à sa fille ou son ex-femme, mais il va comme chacun s’en doute découvrir le véritable lien d’amour qui existe entre lui et sa fille. Ce film est donc à la fois le récit d’une survie, mais également une histoire de d’amour entre un parent et son enfant, et de solidarité avec des inconnus qui dans le feu de l’action vont prêter main forte pour que tout le monde s’en sorte.

Survivre avec les moyens du bord

Pour ce faire, les protagonistes n’ont pas accès à la moindre arme à feu qui bien souvent dans ce type de film inverse le rapport de force, en faisant du zombie une proie face à l’humain chasseur. Ici ils n’ont que leurs mains ou à la rigueur des battes qu’une équipe de baseball faisant partie du voyage a laissé traîner dans un coin. Cela entraîne des affrontements particulièrement violents mais intenses, dans des lieux exigus où l’on est rapidement encerclés et piégés.
Un peu à la manière de Snowpiercer une certaine lutte s’installe entre deux camps, et les héros sont amenés à progresser de wagon en wagon en exploitant leur environnement immédiat et les faiblesses des zombies. La construction de ces scènes rappellent les jeux vidéo, comme si chaque wagon représentait un niveau dans lequel il est nécessaire de comprendre un casse-tête afin d’y progresser : l’action laisse place à la ruse. L’action n’est toutefois pas en reste. Ainsi le film offre quelques scènes d’action mémorables à l’image de celle où trois personnages avancent dans le train munis d’un bouclier et d’une batte afin de se débarrasser des zombies, une scène qui ne manque pas de rappeler l’excellent Old Boy. Il y a également quelques scènes en gare particulièrement haletantes, qui permettent de sortir un peu de l’angoisse qu’inspire le huis clos du train, sans pour autant nous permettre de respirer.

Le réalisateur Yeon Sang Ho a donc fait un excellent travail. En proposant un semi huis clos et des personnages aux réactions crédibles, il est parvenu à nous montrer qu’il est encore possible de surprendre le spectateur un genre, les zombies, où les films se suivent et se ressemblent tous. Bien entendu on y retrouve des clichés, mais à la fin rien ne paraît too much, les personnages agissent jusqu’au bout comme on peut imaginer le faire dans la même situation, et on n’en verra pas tuer une trentaine de zombies à la suite sans perdre une goutte de sueur.
Ces personnages sont d’ailleurs interprétés par des acteurs qui jouent juste, à l’image du duo Gong Yoo – Jung Yu Mi que l’on avait déjà vu dans le fabuleux Silenced, ou encore Ma Dong Seok qui est un mari touchant auprès de sa femme enceinte. Mais les autres acteurs, comme la fillette Kim Soo Ah,  le joueur de baseball courageux Choi Woo Sik ou Ahn So Hee la caution pop star amènent chacun à leur manière un peu plus de justesse dans un film qui se veut simple, sans la folie des grandeurs qui caractérise les blockbusters hollywoodien.

Si Dernier train pour Busan s’inspire indéniablement de ce que les autres films de zombies ont pu faire, comme World War Z, il apporte une fraîcheur par sa narration et par la critique qu’il émet envers une certaine partie de la société. Il remplit également le contrat du côté de l’action puisqu’on ne voit pas défiler les deux heures pendant lesquelles quelques personnes traversent l’apocalypse dans l’espoir d’être secourus au bout du trajet. Enfin, c’est tellement rare qu’il est nécessaire de le souligner : le film est diffusé dans de nombreux grands cinémas français, il n’y a donc aucune raison de passer à côté.

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