Sully, un héros parmi d’autres

Le vol 1549 US Airways a énormément fait parler de lui en 2009, lors d’une après-midi glaciale à New York. Au départ de l’aéroport de l’aéroport international de LaGuardia il devait rejoindre la Caroline du Nord avec à son bord 155 personnes. Mais à peine deux minutes après le décollage des oiseaux heurtent les réacteurs et forcent le pilote à… amerrir dans l’Hudson. C’est ainsi qu’un simple pilote est devenu un héros pour tous les passagers, et donna envie à Clint Eastwood de porter son histoire sur le grand écran dans un film nommé Sully.

Ce héros c’est Chesley « Sully » Sullenberger (Tom Hanks), un ancien capitaine de l’US Air Force. Assisté par son copilote Jeffrey Skiles (Aaron Eckhart), il réalise l’impossible en parvenant à amerrir un Airbus A320 sur le fleuve Hudson à New York. Hanté par des images d’avion qui se crashent dans les grattes ciels de la ville, le commandant de bord ne veut pas prendre le risque de se diriger vers un aéroport et décide contre l’avis des contrôleurs aériens de tenter l’amerrissage. L’opération est un succès, tous les passagers sont saufs et il apparaît vite comme un héros. Mais le Conseil national de la sécurité des transports, qui enquête sur les conditions, pourrait révéler qu’il a fait le mauvais choix…

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Sully, Wake Up

Les quelques minutes qui s’écoulent entre la prise de décision, l’amerrissage et l’évacuation de tous les passagers et du personnel vont propulser Sully sur le devant de la scène médiatique. Érigé au rang de héros par des médias new-yorkais qui veulent en faire une icone alors que le traumatisme du 11 septembre 2001 reste dans toutes les têtes : « le commandant qui a sauvé New York ». Mais rien ne l’y a préparé, et les soupçons des enquêteurs viennent rapidement semer le trouble dans sa vie. Le film suit donc la création d’un héros, jusqu’à sa déchéance, par des enquêteurs et médias qui sont prêts à sauter sur la moindre occasion de retourner leur veste. Au milieu de tout ça on découvre un homme complètement dépassé par les événements et qui va se réveiller que très tard dans l’histoire, car tout lui semble irréel.
Il faut bien comprendre que l’amerrissage est quelque chose d’exceptionnel, qui plus est sans faire la moindre victime. Les précédentes réussites datent des années 50 et 60 quand les avions de ligne étaient moins grands et contenaient un nombre bien inférieur de passagers. Lorsqu’en 2009 j’ai vu aux infos à la télé qu’un A320 s’était posé sur l’eau, j’ai cru halluciné comme beaucoup de monde, et ce film vient nous dire que le pilote lui même a eu besoin de plusieurs jours pour comprendre ce qu’il s’était réellement passé.

Mais Clint Eastwood oblige, Sully est avant-tout le récit d’un héros américain tel qu’il les aime : patriote, fidèle et père d’une famille parfaite, c’est un personnage qui incarne l’idéal américain auquel le réalisateur est très attaché. Le malaise n’est jamais très loin et est même total lorsque le vrai Sully nous raconte son exploit avec le drapeau américain (ici représentée par le logo de US Airways) en fond, mais pourtant le film fait son petit effet. Tom Hanks y incarne un pilote attachant et très humain qui tranche véritablement avec certains héros qui semblent pouvoir tout encaisser sans jamais flancher, tandis que le reste du casting et la photographie de Tom Stern donnent vie à une histoire invraisemblable qui nous dépasse tous.

I Could Have Lost You

Avec un rythme impeccable et une histoire qui termine bien, Sully effleure le film catastrophe sans jamais dépasser la limite et parvient à faire réaliser au spectateur, en même temps que les enquêteurs, qu’ils sont bien en face d’un miracle que personne ne pouvait prévoir. Pas même les ingénieurs de Airbus qui ont eu un mal fou à comprendre comment l’avion a pu se poser de la sorte sans trop de dégâts.

Alors malgré une insistance lourdingue sur la figure du héros, le film de Clint Eastwood a le mérite de proposer une histoire atypique, portée par un acteur que j’apprécie beaucoup et qui signe là une performance sympathique. Sully ne restera pas dans les mémoires au contraire de Chesley Sullenberger et le vol 1549 US Airways, mais c’est un moment agréable pour quiconque aurait envie d’en savoir plus sur ce qui a entouré cet événement.

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