You’re the Worst, l’amour sans espoir

You’re the Worst est une série américaine qui prend à contre-pied les comédies romantiques habituelles en mettent en scène des personnages qui ont abandonné tout espoir en amour et qui se révèlent toxiques les uns pour les autres. Une comédie tout en cynisme et pleine de bonnes idées dont trois saisons ont déjà été diffusées.

Jimmy (Chris Geere) et Gretchen (Aya Cash) sont deux personnes détestables. Lui est un écrivain hautain et cynique, elle une jeune femme auto-destructrice incapable d’entretenir une relation saine. Malgré leurs personnalités toxiques, ils se laissent aller à une relation amoureuse en sachant que ça finira forcément mal.

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I’m gonna leave you anyway

S’il faut résumer en un mot les trois premières saisons de You’re the Worst ce serait le cynisme. Les deux protagonistes n’ont aucune envie de s’engager dans une relation sérieuse, tous deux déçus par de multiples échecs amoureux. Alors ils le font en se disant une chose : on finira par se quitter. Ce postulat qui s’avère en réalité plutôt drôle permet d’aborder la relation avec une indifférence totale devant les problèmes qui s’installent, en n’ayant pratiquement aucun compte à rendre. Forcément, les choses ne se passent pas comme ils l’avaient imaginés, et malgré leurs attitudes détestables et l’absence de compromis, ils se rapprochent peu à peu pour former un véritable couple.
C’est au fil des saisons qu’on réalise que ces deux-là forment un pilier pour leurs proches, des amis parfois amoureusement perdus, victime de trouble de stress post-traumatique ou généralement désabusés dans leurs vies rarement épanouissantes. Tout ce beau de la banlieue de Los Angeles est incapable de s’affirmer et prendre leurs vies en main, et c’est ce qui compose une série qui au-delà de l’histoire d’amour, s’intéresse aux vies de personnes qui lâchaient tout avant de tomber sur la bonne personne.

Comédie romantique inhabituelle, la sitcom est pourtant extrêmement séduisante. En mettant l’emphase sur le cynisme et l’absurdité de leur relation, les scénaristes prennent le genre à contre-pied et offrent des situations qui font sans trop de problème écho à la réalité. Plutôt que d’éviter les problèmes et les survoler, les deux se disent que ça terminera mal quoiqu’il arrive, alors il n’est pas nécessaire de perdre du temps avec des disputes sur des sujets tout à fait futiles. Ils s’expriment sans cesse leur dégoût pour l’engagement, la vie de famille, et c’est finalement en observant leurs entourages, comme la meilleure amie (incarnée par Kether Donohue) de Gretchen dont la vie amoureuse est un désastre ou encore le colocataire/squatteur (Desmin Borges) de Jimmy qui lui n’arrive pas à redevenir lui-même après des années dans l’armée, que les deux protagonistes renforcent leur relation et se rendent compte petit à petit qu’ils ne sont pas les pires. Parce que You’re the Worst n’est pas qu’une histoire d’amour compliquée, c’est aussi et surtout inévitablement une bande d’amis qui voit la vie avec un pessimisme débordant.

I’m good, I’m gone

Au-delà de son contexte particulier et l’état d’esprit qui régit les personnages, You’re the Worst se démarque par sa réalisation qui met l’accent sur la brutale sincérité des personnages, qui au fil des épisodes et saisons se dévoilent un peu plus. On découvre avec le temps des personnages très sensibles, qui ont fait le choix du cynisme plus par protection que par indifférence. C’est relativement convenu, mais je me suis laissé prendre au jeu et fini par m’attacher à ces personnages auxquels il est assez aisé de s’identifier. A côté, on trouve une une bande-son toujours en accord avec les émotions véhiculées par les personnages, de nombreuses chansons de groupes indépendants, ou d’autres très populaires, qui méritent le détour et participent grandement à la qualité de la série.

Plutôt atypique bien que souvent prévisible, You’re the Worst est une série romantique qui fait du bien malgré son postulat extrêmement pessimiste. Les relations amoureuses sont abordées simplement, sincèrement avec une pointe de cynisme et de défaitisme qui apporte un charme supplémentaire à la série de Stephen Falk.

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