La Vision – Tome 2, un espoir anéanti

Le premier tome de La Vision était une bonne surprise il y a quelques mois. Avec son approche unique du « synthézoïde » créé par Ultron, l’auteur Tom King nous faisait entrer dans le quotidien d’un robot qui souhaitait être homme, avec la petite famille qu’il s’était créé. Rattrapé par sa condition d’androïde, mais également le regard des autres et le rejet dont ses « enfants » étaient victimes au lycée, il se retrouve confronté à la société telle qu’elle est : imparfaite. Un deuxième et dernier tome tout en maîtrise.

Depuis le meurtre du Moissonneur par sa femme, La Vision n’a cessé de s’embourber dans une situation devenue intenable. Alors qu’il a cédé à la tentation du mensonge, un choix qu’il n’avait jusqu’alors jamais fait, l’Avenger a capté l’attention de ses coéquipiers qui commencent à prendre des mesures afin d’éviter que les choses ne s’enveniment. Mais les choses sont allées trop loin, et le souvenir de Scarlet Witch ne l’aidera pas à revenir sur le droit chemin…

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Je ne suis qu’un « Homme »

L’aventure touche déjà à sa fin, et l’apparition de Scarlet Witch dans la tête de La Vision n’est pas une surprise : les amateurs de comics Marvel connaissent le lien qui unit ces deux personnages, et les autres découvrent à cette occasion pourquoi son existence a influencé la décision de La Vision de créer sa propre famille. Un deuxième tome qui vient donc éclaircir les motivations du héros, mais également les causes de sa perte : puisque comme cela a été annoncé dès les premiers instants du premier tome, ça finira mal, très mal. Avec les Avengers qui viennent essayer de le raisonner, La Vision devient enfin un Homme, pour le pire : il fera tout pour se protéger, lui et sa « famille ». Entre réflexions sur sa condition robotique et sur l’amour qu’il a éprouvé pour Scarlet Witch et Virginia, l’androïde qu’il a créé, La Vision se retrouve se laisse prendre dans l’engrenage et devient pour la première fois un héros faillible. Car c’est là l’intérêt essentiel de cette aventure hors norme, c’est de raconter comment, à cause de sa volonté d’être comme les autres. La Vision passe d’un androïde fiable et honorable, à un homme qui se laisse submerger par ses rêves, ses craintes et ses faiblesses.

Si le début de l’aventure nous racontait plutôt l’intégration difficile des « étrangers » robotiques au sein d’une petite communauté, faisant écho à des problèmes de société, cette conclusion se focalise donc plutôt sur le héros. Ce qui fait que ce deuxième tome est probablement plus conforme à ce qu’on a l’habitude de lire chez Marvel, sans pour autant renier l’originalité de la situation initiale. Au contraire, tout ce qui faisait le premier tome sert pleinement cette conclusion dantesque où le chaos prend le pas sur la vie tristement ordonnée et mise en scène par La Vision. Et c’est une situation logique, cohérente qui a été amenée par un excellent Tom King qui a su distiller au fil des chapitres de nombreux indices pointant vers cette dernière aventure de La Vision : les choses ne peuvent pas être normales pour lui, il est différent, et c’est cette différence qui fait la force du personnage. Bien sûr, le thème de la robotique ou même des intelligences artificielles a déjà été traitée dans de nombreux excellents comics, à l’image de Descender. Mais ici ce qui est intéressant, c’est le cheminement vers l’inévitable chaos : à la société haineuse et suspicieuse s’oppose l’ordre et la bonne volonté du foyer de La Vision, mais sa quête d’humanité l’intègre sûrement trop bien dans une communauté qui ne jure que par la défiance et la violence à l’égard de ce qu’elle refuse de comprendre.

La vie d’un autre

Toujours aussi fin, l’auteur Tom King signe une conclusion exceptionnelle à une histoire aux antipodes de ce qu’on lit habituellement du côté de chez Marvel. Sans pour autant révolutionner le genre, il parvient à aborder le conflit, le chaos attendu, d’une manière intéressante et subtile. Avec les superbes illustrations de Michael Walsh et le coup de crayon de Gabriel Hernandez Walta qui s’est affirmé et a gagné en qualité au fil des chapitres, on obtient là une des nouvelles références du genre. Humain et touchant, le deuxième et dernier tome de La Vision est un plaisir à dévorer sans limite, qui dépasse largement le cadre de l’histoire de super-héros pour proposer quelque chose de plus proche de la réalité.

En se cachant derrière le fidèle « synthézoïde » des Avengers, l’auteur Tom King nous raconte là une histoire plus humaine qu’elle n’y paraît, où les failles de l’Homme se matérialisent dans le rêve égoïste d’un robot qui voulait ressembler au peuple qu’il a juré de protéger. Plein de bonnes idées et avec un humour pince sans rire qui fait mouche à chaque fois, La Vision est très certainement désormais un indispensable que je ne saurais que conseiller à tout le monde. Il est disponible en version française chez Panini Comics depuis le début du mois.

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