The Man in the High Castle – Saison 2, le Maître s’est envolé

Adaptation du roman « Le Maître du Haut Château » de Philip K. Dick, The Man in the High Castle est un des portes-étendard du service Amazon Prime Video. Dans cette uchronie où l’Allemagne nazie et le Japon impérial ont gagné la guerre, on découvrait fin 2015 un monde ravagé, où le statu quo est remis en cause par une poignée de résistant qui font passer des films qui dépeignent un monde radicalement différent. Cette année, la 2ème saison prend une nouvelle orientation grâce aux révélations de la fin de saison dernière.

(L’article contient des spoilers sur la saison 1 de The Man in the High Castle.)

Après les événements de la première saison et la découverte d’un monde parallèle par le ministre japonais Nobusuke Tagomi (Cary-Hiroyuki Tagawa), Juliana Crain (Alexa Davalos) fait enfin la rencontre du « Maître du Haut Château » qui lui révèle quelques catastrophes qui risquent de se produire si elle ne l’aide pas. Sur fond de menace d’une guerre nucléaire entre les superpuissances japonaises et allemandes, les personnages font face à leurs démons pour sauver ce qu’il est encore possible de sauver.

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Dinner and a Funeral

Avec cette deuxième saison la série The Man in the High Castle continue de fasciner, tant par les thématiques abordées que l’uchronie qu’elle constitue. La fin de première saison envoyait le spectateur sur une nouvelle piste, celle du surnaturel, et c’est géré avec intelligence dans cette suite. Il aurait été simple de raconter une fuite en avant des personnage vers l’univers parallèle bien plus accueillant découvert dans les derniers instants de la première saison. Cependant, les scénaristes ont su s’approprier cette nouvelle donne pour au contraire accentuer le drame et l’anxiété sur le possible avenir découvert dans les différentes bandes vidéo. Les relations entre le Japon impérial et le Troisième Reich sont de plus en plus tendues, à tel point qu’ils craignent une nouvelle guerre. Et c’est dans ce contexte que s’inscrit une deuxième saison où les héros tentent d’échapper par tous moyens aux autorités.

On nous offre également quelques scènes mémorables, à l’image de celle où Juliana Crain (Alexa Davalos) se rend aux autorités nazies au bout d’une ultime et insoutenable marche, poursuivie par des militaires japonais. Ou encore, les découvertes relatives à l’enfance de Joe Blake (Luke Kleintank) qui donnent une toute nouvelle dimension à ce personnage qui paraissait bien fade dans la première saison. Seule déception, le personnage de Frank Fink (Rupert Evans), petit ami désespéré de Juliana, qui devient une véritable caricature de l’apprenti résistant, avec tout un arc narratif mêlant autorités et yakuzas, inintéressant au possible. Heureusement on retrouve à ses côtés le personnage de Ed McCarthy, son fidèle ami avec qui il a traversé toutes les galères à l’usine : incarné par un excellent DJ Qualls, il prend une épaisseur inattendue et offre des moments remplis d’émotion.
C’est en fin de compte la saison de l’affirmation. Si on n’échappe pas à certaines failles déjà vues dans la première saison, comme ce rythme inégal qui met parfois à rude épreuve la patience du spectateur, la deuxième saison de The Man in the High Castle s’en tire à bon compte et surpasse assez largement la première. En effet de nombreux personnages sont enfin montrés autrement qu’au travers de leur simple fonction (comme le nazi John Smith), ce qui donne in fine un peu plus d’humanité et de consistance à un univers aussi intriguant que déstabilisant. Si je regrette que l’histoire bouge assez peu jusqu’aux derniers épisodes, l’univers imaginé par Philip K. Dick ne cesse de fasciner.

Fulfilled Prophecy

Car c’est bien là que The Man in the High Castle parvient à se distinguer. Avec une côte Ouest américaine d’influence japonaise, la côte Est aux mains des nazis : l’ordre des choses est complètement chamboulé et les repères ne sont plus les mêmes. Dans cette société d’après guerre où les peuples ont fini par être soumis par l’ennemi, une poignée d’entre eux résiste grâce à une guerre d’images. Certaines scènes sont immanquablement bouleversantes, tandis que d’autres laissent entrevoir une vie qui a repris son cours après une terrible guerre. Cette saison 2 va un peu plus loin en explorant de nouveaux lieux et la découverte de nouveaux personnages aux responsabilités plus importantes au sein du régime. Mais on peut tout de même regretter que la « zone neutre » soit oubliée, alors que la première saison laissait entrevoir un petit côté western à cette zone qui a échappé aux deux vainqueurs de la guerre.

Parfois maladroite et mal exécutée, la deuxième saison de The Man in the High Castle finit pourtant par retomber sur ses pattes. Si des intrigues sont moins passionnantes que d’autres, la perspective d’une guerre à venir et d’un monde alternatif donnent beaucoup d’intérêt à une série qui continue de se chercher. Bien que l’on s’éloigne de l’idée d’un « monde où l’Axe l’a emporté » avec la découverte de fin de première saison, cette uchronie reste une des séries qui m’ont le plus marqué ces derniers temps. Maintenant, j’attends la suite avec une impatience non dissimulée et avec l’espoir que certaines intrigues disparaissent pour faire plus de mal à d’autres qui mériteraient d’être plus développées.

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