The Circle, les dangers d’un monde ultra-connecté

Les réseaux sociaux et leurs implications passionnent les foules : avec une très grande partie de la planète qui en utilise plus ou moins quotidiennement, ils font partie intégrante de nos vies. Mais leurs dirigeants et leurs objectifs restent souvent obscurs, et c’est tout le propos de The Circle, une dystopie où un réseau social contrôle pratiquement les Etats-Unis.

Dans un futur proche, Mae Holland (Emma Watson) est engagée dans la société The Circle qui exploitent un réseau social extrêmement influent. Avec tous ses services technologiques, la société de Eamon Bailey (Tom Hanks) simplifie la vie de ses utilisateurs en cherchant constamment à faciliter leur quotidien. Au fil des semaines, Mae va se laisser convaincre par les bienfaits du Cercle, se lançant dans une expérience de « transparence totale » en laissant au monde entier un libre accès à sa vie et toutes ses informations personnelles, sacrifiant ainsi sa vie privée.

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Vie privée

Le « Cercle » est un réseau social, un mélange entre twitter et snapchat, un lieu où on trouve et on voit tout. L’objectif de ses dirigeants : que le monde entier y soit connecté. Alors ils rivalisent d’inventivité pour trouver de nouvelles manières de conquérir le public comme on le voit lors des divers réunions. le tout autour de la figure emblématique de Eamon Bailey, ici incarné par Tom Hanks. Ce simili-Steve Jobs ou Mark Zuckerberg qui sent bon la Silicon Valley est adulé à chacune de ses apparitions sur scène pour montrer leurs nouveaux produits et services « révolutionnaires ». Caricaturant à outrance ce petit monde des nouvelles technologies, le film adapté du roman de Dave Eggers se lance dans les poncifs habituels et n’apporte pas grand chose au genre : culte de la personnalité et dérives de la surveillance de masse, rien de nouveau sous le soleil.
Bien sûr, les réseaux sociaux sont si omniprésents dans nos vies qu’il est intéressant de les voir dépeints sous cet angle, mais The Circle donne vite l’impression d’être un simple épisode de la série Black Mirror, avec moins de finesse et d’impact. La faute certainement à ses personnages. En effet, Emma Watson se balade de manière périlleuse dans le rôle d’une jeune femme qui ne semble pas vraiment savoir ce qu’elle veut, tantôt éclatant de rire à l’idée qu’un individu soit constamment surveillé, tantôt fervente défenseure d’un réseau social qui contrôle le monde entier.

Ce personnage fortement ambigu, que cela soit dû à une écriture ras des pâquerettes ou une incompréhension totale de ma part, est terriblement antipathique. Quand bien même toute ma sympathie va à Emma Watson, j’avais l’impression de voir une coquille vide se balader dans un ensemble de décors aseptisés, à la limite d’une mauvaise blague sur fond de science-fiction. Et pourtant ce n’est pas la pire. On y voit un Tom Hanks qui fait de la peine, constamment un mug à la main, imitant les dirigeants de la Silicon Valley qui tentent d’avoir l’air « cool » avec un jean et un vieux sweatshirt, ou encore un John Boyega dont les apparitions quasi-mystiques restent encore une énigme. Le reste du casting ne brille pas beaucoup plus, à l’image de Karen Gillan, que j’aime beaucoup par ailleurs, qui joue ici une employée sur-motivée avant d’aller vers un burn-out. Non vraiment, The Circle m’a fait de la peine : comment peut-on réunir autant de talents et les diriger d’une telle manière ?

 

Vie publique

Si je me concentre essentiellement sur les acteurs et leur direction, c’est parce que je serais probablement bien plus méchant en parlant du reste. Le film donne parfois le sentiment d’avoir perdu quelques scènes en route tant les événements s’enchaînent d’une manière un peu improbable. Des personnages secondaires apparaissent et disparaissent sans raison, tandis que cette fameuse « dystopie » que tente de nous raconter le réalisateur James Ponsoldt se contente de surfer sur toutes les technologies du moment, nous rappelant toutes les trois minutes à quel point c’est dangereux. Si le propos n’est pas inintéressant, la manière l’est totalement et donne juste le sentiment que le sujet a été survolé, dans l’unique objectif d’écrire un film vaguement cohérent qui parlerait à une jeunesse qui utilise tous ces réseaux. Je n’ai jamais lu le roman de Dave Eggers, mais s’il est du même tonneau alors je ne risque pas d’y toucher.

C’est plutôt dommage, The Circle était au premier abord plutôt séduisant grâce à son casting et son sujet. Mais tout est bâclé pour proposer une dystopie bas de gamme où un des semblables de Mark Zuckerberg serait devenu le roi du monde. La Silicon Valley et les nombreuses technologies qui y sont développées occupent une place importante dans nos vies et méritent qu’on s’y attarde, notamment sur leurs dangers (moyens de surveillance, réseaux sociaux, échange et vente d’information…) Mais The Circle ressemble plutôt au mauvais discours d’un vieil oncle bourré lors de votre dernier repas de famille.

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