Kingsman : Le Cercle d’or, la même chose pour le même résultat

La comédie d’espionnage Kingsman a surpris un peu tout le monde lors de sa sortie en 2015. Avec son humour british et l’improbable de ses situations, le film adapté d’un comics de Mark Millar s’est fait une place parmi les meilleures productions d’action. En toute logique une suite pointe le bout de son nez, sous le nom de Kingsman : Le Cercle d’or.

Eggsy (Taron Egerton) est désormais un membre chevronné des Kingsman, une organisation d’agents secrets au style à toute épreuve qui se cache derrière un tailleur à Londres. Soudain et alors qu’il rencontre les parents de la princesse suédoise Tilde (Hanna Alström) dont il s’était épris, des attaques coordonnées sont lancées sur les différents repaires des Kingsman, assassinant la plupart de ses agents. Les seuls survivants, Eggsy et Merlin (Mark Strong) vont devoir demander de l’aide à leurs homologues américains du Statesman, une organisation située dans une distillerie de whiskey dans le Kentucky.

KingsmanLeCercleDorCritique (1)

The Lepidopterist

D’entrée de jeu le réalisateur Matthew Vaughn nous rappelle où on est : Kingsman c’est des scènes d’action stylisées et des pirouettes improbables, ce qu’il nous sert dès les premières minutes avec une course-poursuite dans une ville de Londres bondée. Dès lors on saura qu’on ne sera pas déçu dans la mesure où le film nous livre exactement ce qu’on attendait de lui. Après ça, il tente péniblement d’installer une nouvelle menace incarnée par Poppy (Julianne Moore), une femme d’affaires reconvertie en baron de la drogue qui semble avoir un plan machiavélique pour s’enrichir un peu plus. Pour lutter face à elle, les Kingsman, décimés, iront aux Etats-Unis pour rencontrer leurs confrères : aux tailleurs british extrêmement classes vont s’opposer les cowboys du Kentucky au dialecte de rednecks, incarnés par un Jeff Bridges caricature de lui-même et un Channing Tatum qui continue de jouer sur le même type d’humour que depuis toujours (autrement dit, le gars musclé et idiot, voir 21 et 22 Jump Street). Au milieu tente de s’extirper le bon Pedro Pascal, lui aussi membre de cette organisation des Statesman et qui va accompagner Eggsy dans ses aventures pour venger les Kingsman. Si la dynamique avec tous ces nouveaux personnages est plutôt bien installée, je regrette le statut de faire-valoir de la plupart d’entre eux, et en tête desquels Halle Berry qui sera le plus souvent utilisée comme plante verte. Pourtant, son personnage est certainement celui qui avait le plus fort potentiel grâce au « miroir » qui s’installe entre elle et celui qu’incarne Mark Strong : deux agents qui restent derrière les écrans et caméras, l’une qui rêve de terrain, l’autre qui se satisfait largement de son rôle. Malheureusement Kingsman : Le Cercle d’or sera essentiellement une histoire de testostérone à défouler dans des scènes d’action visuellement réussies.

Le principal problème de ce nouveau Kingsman, bien qu’il puisse être vu comme une qualité, c’est qu’il se contente de proposer ce qui était attendu : on a retenu le premier pour ses scènes d’action et sa « classe » générale associés à un humour souvent réussi. Kingsman est presque devenu ce qu’aurait du être James Bond avant qu’il ne se prenne trop au sérieux. Ici le deuxième épisode propose la même chose que le premier, dans les mêmes proportions et aux mêmes moments : le film apparaît pratiquement comme un calque du premier où l’on a juste vaguement remplacé quelques personnages. Il n’arrive néanmoins pas à proposer de scène vraiment mémorable comme le faux plan-séquence de l’église dans le premier, et reste très convenu. D’autant plus qu’à côté Matthew Vaughn se repose toujours sur les mêmes ressorts comiques, en insistant lourdement sur un running gag avec Elton John dont on voit les limites dès la première vanne, et sur la même manière d’aborder chaque scène d’action. Les chorégraphies semblent toutes copiées les unes sur les autres, sans jamais rien apporter de neuf ni surprendre.
Néanmoins quelque chose m’a énormément plu dans ce film, c’est que son atmosphère fait beaucoup plus « comics » que le premier. Dans la mesure où la séquence de recrutement est terminée et que les questions existentielles qui vont avec ont été balayées, le deuxième (et à l’exception d’une ou deux séquences) propose pendant plus de deux heures un condensé d’action improbable, de pirouettes de l’agent Eggsy et de dialogues parfois ridicules mais qui s’inscrivent plutôt bien dans la démarche. Alors oui, Kingsman : Le Cercle d’or manque certainement le coche dans la mesure où il ne parvient pas à aller plus loin que le premier, mais il s’en sort admirablement sur son atmosphère en écoulant les quelques scènes plus sérieuses pour assumer complètement son statut de comédie d’espionnage.

Poppy’s Terms

Alors je suis certainement trop dur avec Kingsman : Le Cercle d’or, parce qu’en définitive il offre deux heures de divertissement tout à fait sympathiques et ne laisse jamais le temps de s’ennuyer. Mais après la réussite du premier il aurait été intéressant pour Matthew Vaughn d’aller un peu plus loin et de sortir des limites qu’il s’était lui-même imposé. Au lieu de cela le réalisateur britannique a cru bon de proposer le même film pour la deuxième fois, estimant probablement que les quelques subtilités (nouveaux personnages notamment) suffirait à convaincre. Et c’est dommage, car j’ai envie de l’aimer ce film : comme je l’ai dit l’atmosphère est géniale, quelques scènes sont vraiment très réussies et on ne peut qu’aimer les quelques héros. Mais à côté il rate complètement les personnages des Statesman, trop attendus, et ne parvient pas une seule fois à proposer une action ou chorégraphie mémorable dans un film qui se repose pourtant essentiellement sur ce type de séquence.

Quand on a aimé le premier Kingsman, le deuxième plaira certainement parce que la recette est la même et qu’elle continue de fonctionner. Néanmoins je ne peux m’empêcher d’être déçu de voir que le réalisateur n’a pas su capitaliser sur la réussite du premier pour proposer quelque chose de plus ambitieux, et se contente finalement de refaire la même chose. Pourtant le potentiel était énorme et la présence de l’organisation américaine aurait pu permettre de renouveler les ressorts comiques mais au final, c’est juste le même comique de situation, ici transféré aux Etats-Unis en modifiant légèrement le contexte. Bref, c’est bien, mais pas autant qu’on était en droit de l’espérer.

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2 réflexions sur “Kingsman : Le Cercle d’or, la même chose pour le même résultat

  1. Etant plus team série que team movie j’ai été plutôt contente d’aller voir celui là. Je savais que je n’aurais pas l’effet de surprise du premier, mais j’y est retrouvé des acteurs que j’adore (merlin) et un esthétisme que j’aime beaucoup (le premier combat!)
    Après j’suis plutôt bon-ne public et j’ai apprécié même si l’humour boeuf des état unis n’a pas trop marché. (et aussi l’absence de rôle principale F)
    Je te rejoins sur le personnage de catwoman (c’était elle non) qui n’est pas assez exploité du tout alors que y’a de la matière. (et le personnage du chien… )

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    1. J’aurais sûrement adoré celui-là si j’avais pas vu le premier je crois. Sans l’effet de surprise, j’ai juste eu l’impression de voir la même chose : c’est quand même super bien, mais j’espérais un peu plus.
      Ouais c’était elle Catwoman à l’époque :D Je pensais, vu son insistance sur la volonté d’aller sur le terrain, qu’on la verrait débarquer à un moment mais non… Probablement pour le prochain (s’il y en a un).

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