L’Ascension, l’amour au sommet du monde

La fin d’année est aussi l’occasion de se rattraper et découvrir les films manqués au cinéma cette année. Parmi eux, L’Ascension, un film réalisé par Ludovic Bernard et avec Ahmed Sylla et Alice Belaïdi dans les rôles principaux. Contant l’histoire d’un jeune de La Courneuve parti à l’ascension de l’Everest, c’est avant toute une formidable histoire d’amour et de courage.

Samy Diakhaté (Ahmed Sylla) est fou amoureux de Nadia (Alice Belaïdi) depuis qu’il est gamin. Mais à La Courneuve, dans la Cité des 4000, rien n’est simple et avec une situation de chômage dont il n’arrive pas à sortir, il est difficile d’envisager une vie de couple sereine. C’est d’ailleurs ce qui fait peur à Nadia, et c’est dans ces conditions qu’il va lui prouver son sérieux : il prend le pari de gravir l’Everest pour elle.

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L’histoire d’une vie

Dans un quartier où le taux de chômage concerne un jeune sur deux comme le rappelle Samy à la femme de son cœur, les choses ne sont aisées pour personne et lorsqu’il lui annonce qu’il gravira l’Everest, cela ne sonne que comme une énième promesse sans lendemain. Mais le jeune homme est déterminé et va aller toquer à la porte de banques et sponsors potentiels pour financer son expédition. Sans la moindre expérience en matière d’escalade, son projet n’apparaît aux yeux des autres que comme une vaste blague. Mais lorsqu’il se rend au Népal et commence son ascension le quartier se rend compte enfin qu’il était parfaitement sérieux, et se prend d’engouement pour le « jeune de Cité » qui va tenter de réaliser ce que peu de personnes ont réussi. C’est cette passion qui anime le quartier qui va porter le film, suivant avec assiduité chacune des interventions de Samy à la radio du 93. Un événement qui vient donner l’espoir à des jeunes qui ne sont mis en lumière que pour les mauvaises raisons, et surtout un engouement qui reflète l’histoire d’amour entre Samy et Nadia. Parce que L’Ascension, au-delà de l’exploit, c’est aussi une histoire d’amour qui s’appuie sur ce sentiment improbable que l’on ressent parfois, cette envie de se dépasser pour l’autre quand on affirme « je suis prêt à tout pour toi ». C’est romantique mais souvent sans effet réel, puisque rare sont ceux qui vont aller au bout du monde pour leur amour.

Et c’est pourtant le cas de cette personne, lui qui n’a jamais rien escaladé et qui n’aime pas la neige. Il va aller dans l’Himalaya et se retrouver au sein d’un groupe de vétérans de l’escalade, des gens qui en sont à leur deuxième ou troisième ascension et qui espèrent enfin arriver au sommet du monde. Samy est presque ridicule au milieu de ces gens, il invente son expérience sur le Mont Blanc mais personne n’est dupe, encore moins son guide de montagne Jeff (Nicolas Wanczycki), l’air toujours dubitatif. Mais cette ascension sera aussi une belle histoire humaine, notamment avec le lien qui se crée entre Samy et Johnny (Umesh Tamang), le sherpa qui l’accompagne et qui se fait nommer ainsi en rapport aux t-shirts de Johnny Hallyday qu’un ancien voyageur lui a offert. Et c’est une relation qui sera déterminante lors de cette ascension alors que le héros découvre le défi colossal auquel il s’attaque, quelque chose qu’il n’imaginait pas et qui reste aujourd’hui un exercice difficile pour les alpinistes les plus aguerris. Le film insiste là-dessus, sur l’exploit, le dépassement de soi et l’espoir : Samy ne tient que grâce à ses contacts réguliers avec ses proches, mais aussi grâce à l’amour et ce défi qu’il ne peut se permettre de perdre. Un soutien qui lui permet de se dépasser et de donner l’espoir à des milliers de personnes qui suivent son exploit en quasi temps réel.

Une détermination sans faille

C’est l’humanité de L’Ascension qui frappe donc : tant pour l’engouement au quartier que l’aventure humaine sur l’Everest, c’est une histoire qui comporte un nombre certain d’obstacles mais qui vont être dépassés en se serrant les coudes. Et c’est une histoire qui fait du bien, un véritable feel good movie où on se prend de passion pour cette ascension improbable, pour cet amour hors du commun et pour la sympathie de son héros. Le comique de situation apporte beaucoup et le naturel de Ahmed Sylla dans le rôle titre donne une force particulière au film. S’il aurait pu tomber dans une situation faussement épique à base de musique héroïque, il reste constamment terre à terre et offre une aventure des plus appréciables. D’autant plus que le film, pour l’essentiel, a été tourné sur place, comme l’explique une série de making-off disponibles sur YouTube, puisqu’ils ont effectué une partie de l’ascension dans l’Himalaya. Le film offre donc de superbes plans, réels, et les acteurs sont des plus crédibles lorsqu’ils apparaissent à bout de force.

L’Ascension est une surprise, un film que je n’attendais pas et n’ai pas pu voir lors de sa sortie au cinéma. Sorti depuis en Blu-ray et DVD, j’ai enfin pu voir le film et c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai découvert Ahmed Sylla dans cette situation, alors qu’il s’agit d’un humoriste que j’apprécie. A ses côtés Alice Belaïdi continue de montrer de belles choses et j’espère qu’elle obtiendra bientôt un rôle principal car elle a tout ce qu’il faut pour faire une belle carrière.
En somme L’Ascension est un film agréable, bardé de bons sentiments mais surtout une sincérité formidable qui en font sans mal une des plus belles choses que j’ai pu voir cette année.

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