We only find them when they are dead – Tome 1, la théorie des dieux

Al Ewing a longtemps fait le bonheur de Marvel Comics. Les Gardiens de la Galaxie, Immortal Hulk, autant d’œuvres qu’il a abordé à sa manière et pour lesquelles il a parfois été récompensé, comme avec un GLAAD Award, qui honore les œuvres qui représentent des thématiques et personnages LGBTQ, obtenu en 2021 pour Empyre. C’est donc un vrai plaisir de pouvoir enfin découvrir son dernier grand titre, We only find them when they’re dead, imaginé en compagnie du dessinateur italien Simone Di Meo.

Critique écrite suite à l’envoi d’un exemplaire par l’éditeur.

« 2367, aux confins de la galaxie. Dans ce futur lointain, l’humanité a épuisé toutes ses ressources et doit sa survie à l’exploitation de dieux morts flottant dans l’espace, dont les cadavres gigantesques servent désormais de matière première. Le Vihan II est l’un des nombreux vaisseaux nécropsiques qui arpentent le cosmos dans l’espoir de trouver ces divinités providentielles. Mais Georges Malik, son capitaine, nourrit une obsession : pourquoi les dieux ne se révèlent-ils que lorsqu’ils sont morts ? Pour tenter de s’émanciper de ce système gangréné par les inégalités et la pauvreté, tout l’équipage s’embarque alors dans un périple sous haute tension à la recherche d’un dieu vivant. » (Hi Comics)

© Hi Comics 2021 Ewing/Di Meo

Aventure hors du commun

La quête de Georges Malik est atypique, loin du storytelling de l’univers auquel il appartient. L’histoire racontée à tous est que les Dieux et Déesses sont tous·tes mort·e·s, que leurs dépouilles gigantesques ne servent qu’à alimenter un commerce morbide. Mais lui est convaincu qu’il en est autrement, qu’un Dieu ou qu’une Déesse vivant·e existe, et il est prêt à tout pour trouver cette entité. Cette quête revêt plusieurs thèmes : l’identité, le savoir, la richesse ou encore l’émancipation, tant de moyens qui permettraient au capitaine du Vihaan II et son équipage de changer leurs vies. Pourtant c’est un monde plutôt déprimant, où ces entités presque surnaturelles font désormais partie du décor. Leur commerce est bien huilé, organisé par une corporation dont on ne sait pas grand chose, avec des centaines de vaisseaux qui viennent se servir chaque fois qu’une dépouille est trouvée pour en revendre la matière première. Comme une sorte d’allégorie d’une religion qui permet à ses dignitaires de vivre dans les dorures, la figure de Dieu n’est plus qu’une source de richesse pour une poignée de personnes, tandis que d’autres continuent de croire et d’espérer qu’il y a bien plus que cela.

On est face à un super space opera, avec des enjeux clairs, des antagonistes intrigant·e·s et une histoire au fort accent familial. Al Ewing a un formidable sens de la mise en scène qui donne beaucoup de force à des dialogues qui peuvent, paradoxalement, parfois être très pompeux. Son univers est particulier et tout n’est pas parfait, mais c’est une superbe mise en scène qui porte des situations à la forte dimension religieuse sans pour autant dans la facilité du symbolisme visuel à tout bout de champ. Il raconte d’autant mieux des personnages ambigus, un héros et une antagoniste lié·e·s par un terrible événement, en alternant flashbacks et moment présent, dans un récit fluide qui semble planer au-dessus des émotions en prenant beaucoup de recul. C’est peut-être parfois un peu froid, mais c’est souvent bien mené.

© Hi Comics 2021 Ewing/Di Meo

Classique et efficace

We only find them when they’re dead est aussi une belle réussite visuelle que l’on doit à Simone Di Meo. Celui qui a déjà fait de très belles choses sur Power Rangers et Les Tortues Ninja offre là des planches qui rendent honneur au récit imaginé par Al Ewing. Certes, on commence un peu à tourner en rond sur ces comics de science-fiction aux couleurs ultra-saturées, mais on peut quand même lui reconnaître une originalité : les tons virent souvent vert le jaune et vert, le plus souvent loin du violet/bleu omniprésent habituellement dans ce type d’œuvre. Mais surtout c’est ses inspirations multiples et l’éclatement de couleurs qui donnent une belle teneur à ses dessins.

Partagé entre une belle incarnation du genre space opera et des dialogues parfois maladroits, We only find them when they’re dead a toutefois le mérite d’être une œuvre forte, pétrie de bonnes idées qui imagine la science-fiction sous un angle religieux qui n’est pas sans rappeler quelques ténors de la littérature SF. Imparfait mais agréable à suivre, c’est un début intéressant, en attendant de voir si les qualités de l’œuvre se précisent dans les prochains tomes.

Donner votre avis

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.