Camping 3, le retour des beaufs

Six ans après le dernier film, les vacanciers du Camping des Flots Bleus font leur retour dans Camping 3. On retrouve Fabien Onteniente à la réalisation, qui laisse cette fois-ci place à la jeunesse en opposition à des héros qui prennent de l’âge et qui ont bien changé.

Patrick Chirac (Franck Dubosc) est fidèle à ses habitudes, comme chaque été il passe ses vacances au Camping des Flots Bleus où il retrouve tous les habitués. Mais cette fois-ci, il y va en covoiturage avec trois jeunes : Benji (Louka Meliava), Robert (Cyril Mendy) et José (Jules Ritmanic). Alors qu’il pensait qu’en arrivant à Arcachon il serait débarrassé des trois jeunes hommes pour passer ses vacances tranquillement, il va être contraint par la force des choses à faire du « co-couchage » avec eux.

Le malaise

Camping était à l’époque une bonne surprise. Quelques répliques sont restées dans les mémoires et le film ne cherchait qu’à divertir sans prétention. Dix ans après, les héros ont vieilli, mais les blagues sont restées les mêmes. Des jeux de mots sur le pastis et « alors, on n’attend pas Patrick ? » ont pu faire rire la première fois, tout comme la visite de la toile de tente et l’explication sur le Benco. Malheureusement, tout ça est terminé et, à moins d’avoir complètement oublié les deux premiers (ce qui ne serait toutefois pas surprenant) on a l’impression de voir un énième recyclage.
Alors certes, parfois le film tente d’innover grâce à de nouvelles situations. Il y a trois jeunes qui arrivent dans la bande, du coup on n’échappe pas aux blagues sur la drogue et on a droit à une fête d’anniversaire qui dégénère avec un Gérard Jugnot en animateur télé drogué à son insu à cause d’un space cake.

Mais si le film aurait pu s’arrêter là, il nous pousse un peu plus loin dans la gêne avec un running gag sur la couleur de peau de l’un des jeunes, à base de « je ne t’ai pas vu à cause de la nuit », ou encore sur Paul (Antoine Duléry) qui après avoir divorcé de sa femme se découvre une attirance pour les hommes. Cela aurait pu être l’occasion de voir un peu de nouveauté dans les comédies françaises avec un homme qui assumerait son homosexualité. Mais ça c’est la théorie. En réalité Patrick Chirac, entre deux hallucinations où il voit Paul déguisé en  Village People, va se faire une véritable quête de montrer à Paul qu’il « n’est pas de ce bord-là », jusqu’à ce que ce dernier revienne à la raison dans un grand soulagement, comme s’il avait échappé à une maladie.
Je ne sais pas si l’on peut parler de racisme et d’homophobie latente, mais il aurait été de meilleur goût d’y ajouter un personnage qui puisse contrebalancer la personnalité de beauf du héros.

On n’attend plus Patrick

Si on se surprend à sourire parfois, l’ensemble est trop forcé. Au-delà de la gêne qu’inspire un humour dépassé, les acteurs surjouent comme jamais (la palme est pour les trois jeunes, particulièrement mauvais) et le scénario ne va nulle part. Il lance quelques idées ici et là, mais aucune n’est menée à son terme et finalement tout tourne autour des conneries que font les jeunes en compagnie de Patrick et Jacky. Et que dire de la réalisation et du montage qui sont à la limite de l’acceptable, tant l’ensemble est incohérent et extrêmement mal rythmé… A de nombreuses reprises j’ai eu l’impression de regarder un épisode de Camping Paradis sur TF1, prêt à voir débarquer Laurent Ournac au détour d’un bungalow.

Camping 3 n’avait qu’un objectif : faire rire, et il n’y arrive pas. Entre un humour douteux et un rythme particulièrement mal branlé, le film n’est pas loin de la catastrophe. La scène d’introduction du film avec du Maître Gims en fond en dit long sur la suite : c’est une comédie populaire, vaguement calibrée pour plaire à certaines personnes qui aiment l’humour beauf. Alors oui, on me dira que c’est l’essence du film. Mais non, il est possible de tourner en dérision un tel personnage sans pour autant verser dans des blagues de mauvais goût. Le premier Camping réussissait d’ailleurs plutôt bien. Ce troisième volet ne garde pour lui que la sympathie que l’on peut avoir pour les personnages que l’on a découvert il y a dix ans, mais c’est tout, les meilleures blagues sont dans la bande annonce.

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