The Silenced, horreur sous l’occupation

The Silenced ou  Disparues sur Netflix est un film d’horreur sud-coréen réalisé par Lee Hae Young dont l’action prend place dans une sorte de pensionnat-sanatorium. Des jeunes filles disparaissent mystérieusement, tandis que la directrice semble être impliquée.

En 1938 sous l’occupation japonaise, Joo Ran (Park Bo Young) est transférée dans le pensionnat de Keijō (nom donné à Séoul sous l’occupation) afin de guérir de la maladie qui la touche. Elle y fait la connaissance de Yeon Duk (Park So Dam), une autre pensionnaire qui lui apprend qu’elle porte le même nom japonais, Shizuko, qu’une ancienne interne disparue. Peu à peu et alors qu’elle semble guérir, Joo Ran observe des changements sur son propre corps alors que les pensionnaires disparaissent les unes après les autres. Elle va mener l’enquête, soupçonnant la directrice (Uhm Ji Won) de leur cacher des choses.

Mystères sous l’occupation

L’occupation japonaise est un élément important de l’intrigue, les internes coréennes portent des noms japonais et se voient promettre que deux d’entre elles auront la chance de partir étudier à Tokyo, si elles guérissent et sont performantes dans le programme d’athlétisme mis en place par la directrice du pensionnat. C’est dans cette optique qu’elles visent les meilleurs résultats, et c’est là que l’héroïne fait la rencontre de Yeon Duk, une des meilleures athlètes du pensionnat. Mais ces considérations sportives passent rapidement à la trappe, puisque Joo Ran et son amie cherchent à comprendre où sont passées toutes les jeunes filles disparues, ne croyant pas aux dires de la directrice lorsqu’elle affirme qu’elles sont rentrées chez elles ou ont été transférées dans un autre établissement. Et peu à peu faisant face à des phénomènes paranormaux, elles vont découvrir le destin tragique de ces jeunes filles.

Mais il est difficile de parler du film sans honteusement spoiler. Car l’intrigue repose principalement sur un twist qui va faire bouleverser le film de la simple horreur à un autre genre. Le début rappelle la plupart des films d’horreur asiatiques, à base de fantômes aux longs cheveux noirs et d’ambiance malsaine. Mais au fil des minutes des indices orientent le spectateur vers un genre différent qui apporte une touche intéressante au film. Le réalisateur parvient à nous surprendre en nous envoyant sur une histoire assez inattendue dans le dernier tiers du film, un changement plaisant pour moi tant je craignais de faire face à un énième film d’horreur asiatique basique comme il en sort des dizaines chaque année.

L’horreur sans la peur

The Silenced peine cependant à effrayer. Un excellent travail a été fait au niveau des décors et costumes, on se croit réellement en 1938 alors que la Corée était colonisée par le Japon, ce qui permet d’instaurer une ambiance et une identité particulière au film. La photographie et la réalisation sont sans surprise mais agréables, et nous dote de quelques très belles scènes. Mais cette ambiance est rarement pesante, ni même inquiétante. En dehors de quelques apparitions d’un fantôme, rien n’est vraiment horrifique, j’étais plus souvent intrigué que apeuré devant ce qui était censé être de l’horreur.
Mais est-ce forcément un défaut, quand bien même The Silenced promettait autre chose ? Parce que le film est, en plus d’être très beau, porté par de bonnes actrices. Park Bo Young (dans le rôle de Joo Ran/Shizuko) a cette fragilité qui la caractérise et qui colle idéalement au personnage qu’elle incarne, Park So Dam (Yeon Duk/Kazue) est très touchante et Uhm ji Won joue une directrice intraitable et sévère sous de faux airs séduisants. Seul bémol peut-être, des acteurs coréens pour jouer des soldats japonais, peu crédibles lorsqu’ils récitent leur texte.

En fin de compte, The Silenced est un film correct. S’il ne remplit pas son objectif premier, il parvient tout de même à raconter une histoire surprenante dans un contexte et une ambiance accrocheuse. L’esthétique du film est soignée et l’idée d’inscrire ce scénario horrifique à l’époque de la colonisation japonaise est intéressante.

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