Florence Foster Jenkins, la carrière qui sonnait faux

Florence Foster Jenkins est un film britannique réalisé par Stephen Frears qui met en scène la cantatrice du même nom. On découvre dans ce biopic une personne qui voue une grande passion au chant bien qu’elle soit incapable de chanter avec justesse.

Florence Foster Jenkins (Meryl Streep) est une riche héritière qui a fondé le Verdi Club avec son mari et manager St. Clair Bayfield (Hugh Grant) afin d’y propager son amour pour la musique et l’opéra. Passionnée par le chant, elle décide de se remettre aux leçons de chant avec son coach vocal Carlo Edwards (David Haig) et engage le pianiste Cosmé McMoon (Simon Helberg) afin de se produire sur scène. Bien qu’elle soit incapable de chanter avec justesse, toutes ces personnes prétendent qu’elle est une formidable cantatrice et s’arrangent pour que les médias n’en parlent pas en mal. Cela la mènera à une performance au mythique Carnegie Hall à Manhattan, où il sera bien compliqué d’éviter les critiques acerbes.

Fermer les yeux par amour

Cette histoire célèbre avant tout l’amour, que cela soit l’amour de la cantatrice pour l’opéra ou celui que son mari lui porte. Elle affirmait que la musique comptait « plus que jamais » alors que la Seconde Guerre mondiale n’est pas encore terminée, et souhaitait donner le sourire à son public. Elle était convaincue de son talent tandis que le public s’amusait de ses performances, ne la prenant pas vraiment au sérieux. Son mari fait tout pour cacher les mauvaises réactions, accompagnant ceux qui rient trop vers la sortie, soudoyant les journalistes et incitant les gens à l’applaudir et la féliciter. Ces actions de son mari dévoué prennent plus de sens lorsque l’on apprend qu’elle est atteinte de syphilis et qu’elle-même cachait les mauvaises critiques à l’encontre de son mari lorsqu’il était un piètre acteur. Cette histoire est donc celle de l’amour, un amour sans faille et sans condition que St. Clair Bayfield voue à Florence Foster Jenkins, souhaitant la voir réaliser ses rêves et l’accompagnant jusqu’au bout, même lorsqu’elle va devoir affronter la plus grande épreuve de sa carrière au Carnegie Hall.

Le principal attrait du film réside dans la performance de ses acteurs. Car Meryl Streep et Hugh Grant forment un duo formidable, grâce à la classe et l’aura de Meryl Streep, et le côté très « british » de Hugh Grant qui continue de séduire tout le monde. Ils interprètent leurs rôles avec une justesse que l’on ne retrouve pas dans le chant, et son accompagnés par de bons acteurs. Simon Helberg est surprenant en pianiste un peu dépassé par les événements mais pris d’affection pour cette cantatrice, même s’il peut avoir tendance à en faire trop. Autour de ça, Stephen Frears ne fait pas de miracle à la réalisation mais la photographie du film suffit à nous transporter dans ce Manhattan chic et snob des années 1940, où l’on va dans des clubs afin d’apprécier des performances d’opéra entre deux dîners avec la haute société. Que ce soit par ses acteurs, sa photographie ou son scénario, le film a un certain charme et nous fait finalement passer un moment agréable, même si les surprises sont rares.

Long comme une mauvaise chanson

Mais le film est long. Bien qu’il ne fasse qu’un petit peu moins de deux heures, on a l’impression de voir des scènes sans fin, tirées en longueur jusqu’à ce que la corde lâche, et au final on ne retient pas grand chose à part la scène du Carnegie Hall et la petite danse de Hugh Grant. Le scénario est sans folie malgré la grandiloquence britannique, on se contente d’être à la fois mal à l’aise et touché par Florence Foster Jenkins.
Il faut savoir par ailleurs que cette histoire a été adaptée en France par Xavier Giannoli dans Marguerite avec Catherine Frot. N’ayant pas vu le film, je ne pourrais pas dire si l’un ou l’autre est plus intéressant.

Si je devais résumer ce que j’ai pensé de ce film, ce serait un simple « meh ». L’histoire est mignonne, c’est visuellement superbe, et c’est aussi très séduisant. Mais ça traîne beaucoup trop en longueur car ils auraient pu facilement couper vingt minutes du film sans que la narration n’en pâtisse. Un film sympathique à voir, en version originale pour profiter des différents accents, si l’on apprécie ces acteurs ou que l’on est intéressé par un biopic touchant, mais ce film ne restera pas dans l’histoire au contraire de la voix de Florence Foster Jenkins.

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