Lion, en quête d’histoire

Parmi les nommés aux Oscars se trouvait cette année Lion, un film réalisé par Garth Davis dans lequel il nous raconte une « histoire vraie » où un jeune indien de cinq ans, perdu dans une gare, s’est retrouvé éloigné de sa famille et a été adopté par un couple d’australiens. A l’âge adulte, il décide de retrouver sa famille.

Saroo habite un petit village en Inde, où il essaie chaque jour de trouver du charbon pour le revendre et amener avec son frère de quoi manger chez sa mère. Un jour alors qu’ils doivent prendre le train, son frère lui demande d’attendre à la gare le temps qu’il aille chercher du travail. Mais il tarde à revenir, alors l’enfant se réfugie dans un train en stationnement et s’endort. Quand il se réveille, le train roule et Saroo est complètement perdu. Incapable de retrouver son chemin, il se rend compte que même les autorités sont incapables de l’aider car son village de « Ganestalay » est introuvable sur la carte. Envoyé dans un orphelinat, il sera finalement recueilli par un couple d’australiens.
Des années plus tard alors qu’il est adulte, Saroo (Dev Patel) décide de retrouver sa mère et son frère.

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Nobody Knows

En Australie il va faire la rencontre de Lucy (Rooney Mara), une étudiante dont il tombe amoureux et qui veut l’aider à retrouver sa famille. Lui qui s’est parfaitement intégré à la société australienne, il se rend compte qu’une partie de lui veut encore retourner dans son village d’origine et qu’il ne trouvera jamais sa place, tant que ce vide en lui sera là. Mais il ne parvient pas à en parler à tout le monde, de peur d’attrister sa mère adoptive Sue Brierly (Nicole Kidman) qui pourrait ne pas comprendre ce besoin. Finalement convaincu par Lucy, il entreprend des recherches à l’aide de Google Earth pour localiser son village d’origine, une tache ardue dans la mesure où personne n’a jamais entendu parler de « Ganestalay ».
Cette quête d’identité se révèle essentielle, va parasiter la vie de Saroo pendant des mois et l’éloigner à la fois de sa famille adoptive, et de sa petite amie Lucy. Déterminé à retrouver ce village perdu, il s’éloigne de la réalité : celle où ses proches peuvent comprendre son besoin. Plus qu’une quête d’identité, Lion est un film ou on voit le héros s’enfermer dans des préjugés auxquels il souhaitait lui-même échapper, pensant que sa mère adoptive ou sa petite amie seraient bien incapables de comprendre pourquoi connaître son identité est si important. En ce sens Lion se révèle extrêmement touchant, car ce n’est pas qu’une simple « enquête » mais une véritable aventure humaine et une leçon sur la compréhension et la capacité à accepter les besoins d’autrui.

Avec des acteurs des plus touchants, Dev Patel et Rooney Mara, Lion nous invite dans ce qu’on peut comparer à un voyage initiatique avec un héros qui apprend à se connaître au travers d’une histoire particulière, l’histoire de sa vie. Le héros Saroo est évidemment au centre du film et l’acteur (ainsi que le jeune qui joue le Saroo de cinq ans) le porte assez largement. Mais il ne faut pas oublier Rooney Mara dans le rôle de Lucy, qui fait office de soutien et d’élément générateur à une histoire invraisemblable.
Je retiens tout particulièrement la scène où lui et des amis se réunissent et parlent de leurs origines diverses. Dans une société australienne où toutes origines se côtoient, Saroo croit qu’il est « anormal » : d’origine indienne, il ne sait rien de son pays, n’en a gardé aucun élément culturel et est finalement, autour de la table, le seul qui n’a pour attache que la culture australienne. C’est évidemment un passage déterminant puisqu’il marque sa décision de renouer avec ses origines, mais c’est aussi un moment touchant où on voit une bande de jeunes tirer profit de leurs origines, partager leurs cultures pour mieux se comprendre et s’enrichir culturellement les uns et les autres. Lion est un véritable hymne au partage, où on ne parle des origines de chacun que pour apprendre des choses, et non pas stigmatiser.

Rivers of Belief

Sans verser dans la mise en scène larmoyante, sauf peut-être à un moment clé, le réalisateur Garth Davis parvient à nous imprégner d’une aventure terrible où la vie d’un homme s’est jouée en quelques secondes. Vous vous doutez bien que la fin de vous fera échapper quelques larmes , mais ce qui compte c’est surtout la démarche en elle-même. La décision de retrouver sa famille, la recherche, l’annonce à ses proches et le soutien de ceux-ci. Cette histoire est traitée avec modestie par Garth Davis, tirant profit de la qualité de ses acteurs et de l’Inde qui, à eux seuls, suffisent à emporter le spectateur dans une aventure inattendue et bouleversante.

Je dois avouer avoir beaucoup cherché depuis la séance de cinéma de Lion, mais je n’ai pas trouvé de reproche à lui faire (et pourtant, j’ai bien vu l’hideuse perruque de Nicole Kidman). Ce film m’a emmené pendant deux heures dans une histoire que je ne suis pas près d’oublier, et j’espère revoir très vite Dev Patel dans un autre rôle.

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