Call me by your name, une aventure romantique à la veille du désir

Réalisé par Luca Guadagnino et récompensé par l’Oscar du meilleur scénario adapté, Call me by your name parle d’innocence et d’éveil au désir, un film dans la lignée du cinéma franco-italien et de ses étés des plus séduisants.

A l’été 1983, Elio Perlman (Timothée Chalamet), dix-sept ans, passe ses vacances dans la villa familiale en Italie en compagnie de son père (Michael Stuhlbarg), un professeur spécialiste de la culture gréco-romaine, et sa mère (Amira Casar), traductrice. Passionné de musique classique, passant son temps à écouter avec fascination les leçons de ses parents, Elio est aussi un jeune homme comme les autres qui découvre l’amour et le plaisir. Un jour Oliver (Armie Hammer), le nouvel assistant de son père qui prépare son doctorat, rejoint la villa, et c’est une nouvelle forme de désir qui va apparaître à Elio.

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Mystery of Love

Contemplatif, Call me by your name nous emmène dans un petit village italien l’espace d’un été, dans un véritable hommage au cinéma français et italien, celui d’Eric Rohmer ou de Bernardo Bertolucci. Cet été sera celui de tous les amours mais également des expériences pour le jeune Elio Perlman, il passe ses vacances dans la villa familiale en compagnie de ses parents, notamment son père qu’il admire, un professeur qui incarne une forme de sagesse. Bien qu’il soit très mûr intellectuellement pour son âge, Elio n’en reste pas moins innocent dans son rapport à l’amour, et cet été marquera l’éveil de son désir. D’abord pour Marzia (Esther Garrel), sa petite amie, mais aussi pour Oliver, l’assistant séduisant qui vient apprendre aux côtés du père d’Elio. Un cocktail explosif dans la tête du jeune homme qui va vivre là un été unique, celui qui va bouleverser sa vie et ses sentiments, où il va apprendre à aimer et à désirer.
Call me by your name est un film contemplatif qui rend hommage à la jeunesse et à sa simplicité, d’une partie de volley-ball avec tous les jeunes gens du village à une balade dans le bourg et son ambiance typique, le réalisateur nous fait voyager dans l’Italie rurale où le temps semble s’arrêter tant que le soleil est présent. Le dépaysement est évidemment garanti et on prend un énorme plaisir à s’imaginer évoluer dans cet univers fait d’innocence, sans souci et sans considération pour le lendemain : il s’agit de jeunes gens qui s’amusent et vivent pleinement leur été, mettant de côté tous les problèmes qu’ils pourraient avoir.

Mais Call me by your name c’est aussi et surtout une histoire d’amour, celle d’un jeune homme et de celui qui n’est que de passage. Un amour éphémère et inexplicable pour un jeune homme qui ne comprend pas vraiment ce qu’il lui arrive, mais qui cède aux désirs qu’il éprouve. Le contexte des années 1980 en Italie est évidemment propice à cette histoire, tant cette époque symbolise dans le cinéma italien une forme de libération et d’affirmation des désirs, même pour l’enfant d’une bonne famille de qui on n’attend pas cette sorte de « relation interdite » avec l’assistant de son père. Le film célèbre l’amour et le fait avec brio, c’est un coup de foudre qui devient inoubliable et qui est porté par l’innocence des sentiments des deux hommes. La réalisation de Luca Guadagnino est une déclaration d’amour à ses acteurs, les mettant en scène de la plus belle des manières. Chaque plan est une pépite et offre suffisamment de latitude aux acteurs pour qu’ils puissent y exprimer tous les sentiments contraires par lesquels ils passent. Le théâtre de toutes les émotions, le village, est mis en valeur de jour par un réalisateur qui nous montre là toute son affection pour une Italie qui n’est plus. Celle de l’innocence et des étés de fête, comme cette scène où Oliver va se mettre à danser en compagnie de quelques jeunes qui ont décidé, au bout de la nuit, de mettre un peu de musique près de l’église du village.

Love my Way

Il faut également saluer les performances des acteurs. Timothée Chalamet évidemment, acclamé par les spectateurs et qui était nommé aux Oscars il y a quelques jours dans la catégorie du meilleur acteur. Jouant le rôle difficile et ambigu du jeune homme de dix-sept ans, il s’en sort à merveilles et montre avec facilité une alchimie certaine lors de ses nombreuses scènes avec Armie Hammer. Acteur confirmé mais néanmoins surprenant dans un film bien loin de ce qu’il avait l’habitude de faire ces dernières années. Les deux acteurs sont touchants et leur relation n’en est que plus belle, servant pleinement un réalisateur qui n’a de cesse de les mettre en valeur.
Les seconds rôles eux viennent agrémenter le tout de leur justesse, je pense notamment à Esther Garrel dans le rôle de Marzia qui forme une sorte de triangle amoureux avec les deux autres. Elle aime profondément Elio mais comprend aussi ses sentiments, elle se révèle quasi inconsciemment comme un soutien pour le jeune homme.

Call me by your name est un succès critique et il le mérite amplement. Hommage à un cinéma qui n’a malheureusement que trop rarement la même reconnaissance ces dernières années, il nous emmène dans une aventure romantique touchante, racontée avec justesse par le réalisateur Luca Guadagnino qui signe là une de ses plus grandes réussites.

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