The Outsider, un étranger à Osaka

Netflix et cinéma ne font pas vraiment encore bon ménage. Mis à part quelques exceptions, la production cinématographique de la plateforme américaine peine à convaincre qui que ce soit. Alors elle compte sur des films probablement moins clinquants mais qui pourraient tout de même apporter une certaine qualité. Et c’est le cas de The Outsider, un film réalisé par Martin Zandvliet qui emprunte beaucoup au cinéma de gangster japonais.

Emprisonné au Japon lors de la seconde guerre mondiale, le militaire américain Nick Poppa Lowell (Jared Leto) sauve Kiyoshi (Tadanobu Asano), un yakuza qui allait se faire tuer. Le clan de ce dernier paie sa dette envers l’américain en arrangeant sa libération, et lui offre un job. Nick est perdu et n’a aucune envie de retourner dans son pays, il va saisir l’occasion et tenter d’intégrer le très hermétique clan qui lui a tendu la main.

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Midnight, the Stars and You

Surnommé le « gaijin », l’étranger en japonais, l’ancien militaire et prisonnier de guerre n’a aucune intention de retourner dans son pays. Livré à lui-même, il se prend d’intérêt pour les yakuzas, l’un d’eux l’ayant aidé à se faire libérer à la fin de la guerre et l’occupation américaine. Tel Tom Cruise en « Dernier Samourai », Jared Leto est cet étranger qui apprend avec intérêt toute la culture d’un groupe. Sauf qu’ici il s’agit de yakuzas, et c’est une bonne excuse pour le réalisateur Martin Zandvliet qui propose avant tout un film de gangster plutôt réussi.
On se retrouve rapidement dépaysé dans ce Osaka des années 1950 où se côtoient les gangsters locaux, les yakuzas, reconnaissables à leurs fameux tatouages, et les restes d’une occupation américaine qui a laissé derrière elle toute une culture populaire qui s’est installée sans mal au Japon. Je parle évidemment de ces bars et clubs américains avec leur musique de l’époque si facilement reconnaissable, des lieux de détente mais aussi de trafic pour les nombreux gangsters qui peuplent, et contrôlent les quartiers les plus chauds. Le héros se voit proposer un job pour les yakuzas et c’est l’occasion pour lui d’approcher cette quasi-institution qui le fascine tant, désireux d’apprendre ses codes et peut-être d’y trouver un sens à une vie qui l’a abandonné.

Film de gangster dans sa forme la plus classique, The Outsider séduit grâce à un mélange des mondes avec d’un côté l’étranger, incarné par un très bon et convaincant Jared Leto, et de l’autre tous ces personnages, souvent détestables mais parfois attachants qui composent le clan de yakuza dont l’américain se rapproche. Le réalisateur n’ayant pas cédé aux sirènes du « tout américain », les acteurs et actrices sont tous japonais(e)s et parlent également dans leur langue : on ne découvre pas un Japon fantasmé où tout le monde parle anglais, et c’est bien mieux comme cela. Au-delà du respect pour les acteurs et actrices japonaises, c’est aussi le meilleur moyen d’inciter le spectateur à entrer dans un monde assez fascinant. D’autant plus que le choix d’Osaka, ville à l’ambiance singulière, apporte une certaine fraîcheur au film. Un film qui emprunte tant au cinéma américain qu’aux films de gangsters japonais. On y voit un peu de Kinji Fukasaku ou de Takeshi Kitano : au-delà des codes des clans de yakuzas qui caractérisent ces films, The Outsider s’intéresse à un monde violent et sans pitié, le tout dans une esthétique impeccable au bon goût de cinéma japonais.

Sayonara

Pour autant The Outsider paie aussi probablement son attachement au cinéma de gangster. Très classique dans sa forme, le film ne surprend jamais beaucoup et se contente simplement de faire ce que beaucoup d’autres films ont déjà fait. Cela étant dit, la photographie de Camilla Hjelm est un véritable plaisir et offre au film une identité certaine, un image qui tire le meilleur des quartiers qui mettent en scène l’ascension du héros au sein de la hiérarchie des yakuzas. Jared Leto étonne aussi dans ce rôle et s’en sort à merveilles, alors que je partais avec un a priori assez négatif compte tenu de la bande-annonce du film qui ne mettait pas vraiment en valeur le film. L’acteur américain est aussi et surtout très bien entouré par les excellent(e)s Tadanobu Asano et Shiori Kutsuna que je découvre à l’occasion.

Assez inattendu, The Outsider est un film des plus sympathiques qui s’ajoute au catalogue des productions Netflix. Le géant américain n’a pas toujours été gagnant avec sa production cinématographique et peine encore à convaincre. Mais cette fois-ci le pari est gagnant. Si le film de Martin Zandvliet se révèle classique dans son approche du genre gangster, il le fait plutôt bien et offre quelques moments sympathiques dans un récit bien rythmé et parfaitement interprété.

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