The Villainess, de l’hystérie en vengeance

Récemment sorti directement en DVD et Blu-ray en France et projeté hors compétition l’année dernière au Festival de Cannes, The Villainess est un film que j’attendais tout particulièrement. Film d’action coréen survolté aux faux airs de John Wick ou d’Atomic Blonde, il est porté par l’excellente Kim Ok Bin et se révèle quelque peu décevant.

Sook Hee (Kim Ok Bin) est une tueuse formée dès son plus jeune âge, lorsqu’elle a été enlevée en Chine. Des années plus tard alors qu’elle a commis un véritable massacre, elle se retrouve entre les mains d’une agence de renseignement en Corée du Sud qui lui fait une offre : dix ans de service auprès d’eux contre sa liberté.

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Wedding Day

Les héros et héroïnes solitaires ont plus que jamais la côte, à la manière de John Wick ou de Atomic Blonde. Ici on découvre une héroïne sous le joug d’une agence de renseignement aux méthodes peu recommandables : de l’entraînement intensif au quasi-lavage de cerveau, elle se constitue une armée d’agentes surentraînées et contraintes de donner dix années de leur vie à l’agence. Lorsqu’elles sont jugées prêtes, elles peuvent intégrer la vie civile et seront appelées, de temps en temps, pour divers missions. C’est cette vie à laquelle est condamnée Sook Hee, devenue agent dormant. L’occasion de découvrir un film d’action rythmé et stylisé à l’aide d’une photographie du meilleur goût. S’il s’inspire beaucoup d’autres films et qu’il multiplie les références, The Villainess n’en reste pas moins un film qui sait proposer de vraies belles scènes. Incarnée avec brio par Kim Ok Bin, l’héroïne concentre en elle une rage terrible, toujours prisonnière d’une vie qui ne lui laisse aucune chance de s’en sortir. Le personnage idéal pour une histoire de vengeance, mais surtout un développement maîtrisé par le réalisateur qui parvient à donner une identité intéressante à celle-ci. Sans tomber dans le cliché de la tueuse mystérieuse, il lui offre une humanité bienvenue au milieu des litres d’hémoglobine qui sont versés pendant deux heures.

Le film excelle particulièrement lorsqu’il prend le temps de se poser. Si on a bien en face de nous un film d’action survolté, c’est quand le réalisateur prend le temps de développer ses personnages et les mettre en situation qu’il s’en sort le mieux. L’héroïne est intéressante, au-delà du cliché de l’agente surentraînée sa réinsertion dans un monde plus normal, et ses relations offrent des moments authentiques plutôt bienvenus au milieu de l’hystérie générale. Une hystérie entretenue par un réalisateur qui aborde de la pire des manières les scènes d’action. En effet, s’il se calme un peu dans la deuxième moitié du film, sa manière de filmer les scènes d’actions à base de shaky cam et de plans tournoyants en grand angle donne l’impression de voir un étudiant en réalisation découvrir les possibilités offertes par son métier. Et ce, au détriment de la moindre cohérence visuelle ou artistique. C’est simple, qu’il s’agisse de la scène d’introduction (probablement la plus mal filmée du long métrage) ou de la fameuse scène à moto qui a tant fait parler les réseaux sociaux il y a quelques mois, l’action est constamment confuse et donnera sans mal la nausée aux plus sensibles. Je comprends l’idée de vouloir dynamiser les scènes d’action, mais également faire avec des contraintes techniques comme des cascadeurs à masquer, des acteurs qui n’ont pas les compétences martiales nécessaires ou tout simplement palier à une chorégraphie peu inspirée. Mais après des années d’insupportable shaky cam à Hollywood on a atteint là, en Corée du Sud, le niveau ultime de la scène d’action mal branlée. Un choix douteux alors que le film s’inspire largement de films qui ont su aborder les scènes d’action avec beaucoup plus de sobriété, et de réussite.

Escape

Malgré toute la bonne volonté du film et toute l’empathie que l’on ressent sans mal pour son héroïne, c’est bien ces scènes d’action qui viennent gâcher le tout. Pourtant c’est une expérience que j’ai apprécié tant, lorsque le réalisateur prend le temps et oublie sa caméra hystérique, il parvient à mettre en place des scènes vraiment réussies. Le travail de Park Jung Hun sur la photographie est excellent et offre quelques scènes mémorables tandis que le quatuor d’actrices et acteurs portent le film dans des rôles qu’ils incarnent avec justesse. Je pense notamment à Kim Ok Bin, encore une fois, qui est excellente actrice et que j’ai pris plaisir à revoir tant d’années après Thirst de Park Chan Wook.

The Villainess est une déception, j’en attendais un John Wick coréen et je n’ai eu au final qu’un film d’action mal filmé et mal monté. Si je garde tout de même un sentiment positif sur le film c’est grâce à un récit bien mené et les scènes les plus posées qui offrent de grands moments de bravoure. Mais les quelques scènes d’action viennent empiéter sur la bonne volonté du film et le font virer dans un délire hystérique où la caméra semble possédée par un esprit malveillant. Le réalisateur rate complètement les scènes d’action, un comble pour un film de genre.

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