Skyward – Tome 3, plus dure sera la chute

Skyward était l’un de mes coups de coeur en 2019, ce comics que je n’attendais pas et qui se révélait avec une belle idée : un monde sans gravité, où les rapports de force sont inversés et où le ciel devient le plus grand danger du monde. Un comics qui s’illustrait aussi pour la finesse de son écriture et pour son héroïne. Voilà enfin que débarque le tome 3, conclusion concoctée par Joe Henderson et Lee Garbett.

Cette critique a été écrite suite à l’envoi d’un exemplaire par l’éditeur.

« Depuis son départ de Chicago, Willa a connu son lot de bleus au coeur et affronté bien des épreuves. Tempêtes mortelles, insectes géants mangeurs de chair humaine, fermiers terroristes sur le point de mener une révolte dans sa ville natale… Et si la jeune femme est plus que jamais déterminée à remplir la promesse faite à son père, rien ne la prépare aux révélations qui l’attendent. Sa force et son courage seront testés au-delà de tout ce qu’elle aurait pu imaginer. À l’instar du monde post-Jour G, Willa est sens dessus dessous, et rien ne sera jamais plus comme avant, tandis que sa quête trouve une résolution des plus inattendues » (Hi Comics)

© Skyward – Joe Henderson, Lee Garbett – Image Comics

Un dénouement expéditif

Je ne vais pas faire beaucoup de suspense, puisque très clairement, cet ultime tome de Skyward a été une déception. Le deuxième tome peinait déjà à embrayer sur les bonnes idées des débuts, et cela se confirme amèrement au travers d’une conclusion qui semble être à côté de la plaque. Le comics a annoncé dès la fin de son deuxième tome une sorte de grand « combat final », un moment qui devait être tragique et bouleverser les croyances des personnages, mais Joe Henderson échoue à mettre en scène cette horreur qui guette Chicago, théâtre des événements. On se retrouve ainsi dans un récit assez plan-plan, sans grandes envolées, comme si l’on était dans un tome de transition alors qu’il s’agit bien d’une conclusion. A l’image de dialogues qui ne parviennent jamais à retrouver la vitalité et l’insouciance du premier tome, qui était plein de bons moments et d’idées qui n’attendaient que la suite pour germer. Difficile pourtant d’expliquer cette baisse en qualité, peut-être que le concept était plus fort que l’histoire, ou que l’auteur n’a pas su dépasser ses idées et chercher plus loin. Il y a un tel vent de déception que même son héroïne, Willa, perd de sa superbe dans ces derniers chapitres fait d’un mélodrame où elle redevient spectatrice de son histoire, incapable d’agir et de montrer ce qui faisait tout son intérêt au départ.

Il est d’autant plus regrettable de voir l’histoire se conclure sur un twist mal amené, une histoire (et attention, je vais spoiler à partir de maintenant) de ville souterraine, refuge d’une humanité qui a tenté se trouver un moyen d’éloigner le danger venu du ciel. Une ville souterraine que trouve Willa et où, par miracle, elle retrouve sa mère que l’on pense morte depuis le premier tome. Un twist assez malvenu qui fait reposer Willa sur cette figure maternelle, alors que l’héroïne tentait jusque là de s’émanciper et de vivre sa propre vie dans un voyage quasi-initiatique. Certes, ce twist a au moins le mérite de balancer une nouvelle idée, mais c’est un élément vite refermé faute de temps et parce qu’il fallait conclure la série. A tel point que cette histoire de ville souterraine tombe comme un cheveu sur la soupe, un bout d’histoire que l’auteur n’exploite finalement que très peu, alors que l’action revient vite à Chicago pour un dénouement expéditif et bien peu intéressant.

© Skyward – Joe Henderson, Lee Garbett – Image Comics

Petite conclusion, grande déception

Ce dénouement, c’est une « bataille » finale qui s’étale sur une poignée de planches, où le manque de substance de la plupart des personnages impliqués montre les limites du comics. Si Skyward savait nous parler d’aventure, on se rend compte un peu tard que le destin de la plupart des personnages ne nous importe guère. Difficile donc d’imposer une intensité dramatique qui aurait été salvatrice dans un final un peu mou, où l’aspect visuel peine à tenir le coup. La ville abandonnée, qui est censée avoir vécu l’horreur, est par exemple assez quelconque, tandis que la ville souterraine n’est pas plus intéressante. Et pour le reste, et malgré le caractère très vaste des thèmes abordés par le comics, le dessinateur Lee Garbett n’en profite pas vraiment, n’offrant jamais vraiment de grand moment.

Qu’il est dommage de voir Skyward se conclure avec d’ultimes chapitres aussi faibles. Grand par son univers, le comics de Joe Henderson et Lee Garbett nous a tant fait rêver à ses débuts, laissant croire à une aventure incroyable dans un univers atypique. Mais pressée par le temps, effrayée par l’ampleur de la tâche ou simplement en manque d’idées, cette conclusion qui n’a jamais trouvé les bons mots laisse un goût amer.

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