Quantum Break, un format atypique

Quantum Break est un jeu sorti en 2016 sur Xbox One et Windows 10. On y découvre les aventures de Jack Joyce (joué par Shawn Ashmore), qui à la suite d’une fracture temporelle provoquée par une machine à remonter le temps, va obtenir des pouvoirs surnaturels.

Ce jeu développé par Remedy (Max Payne, Alan Wake) a attisé ma curiosité dès son annonce en 2013. En effet dès le début ce jeu présentait un format peu commun. Avec des images de vrais acteurs et de cinématiques en images de synthèse, on ne savait pas trop à quoi s’attendre. La seule certitude était que Sam Lake, le papa de Max Payne (a.k.a. le meilleur jeu de l’univers), travaillait sur ce projet et ça suffisait amplement à me convaincre de suivre son développement.
Malheureusement les reports ont été nombreux et les informations peu nombreuses. Finalement Remedy a levé le voile : ce serait un jeu de tir à la troisième personne, agrémenté de quelques épisodes d’une série tournée avec de vrais acteurs. Quant à l’histoire, ça parlerait de voyage dans le temps. Pour éviter toute incohérence, Remedy s’est payé le luxe de consulter un scientifique du CERN afin de ne pas trop s’écarter des connaissances que l’on possède actuellement en matière de physique théorique. Rien que ça.

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Voyage voyage*

Parler de voyage dans le temps, c’est souvent casse gueule, et Quantum Break a réussi à éviter beaucoup de pièges. L’intégralité du scénario ne déroule que pendant quelques heures, à un instant critique où la fracture temporelle menace de ne jamais se refermer et ainsi condamner le monde entier à voir le temps s’arrêter. Jack Joyce y est immunisé, et c’est ce qui lui permettra de manipuler le temps afin de le stopper temporairement, de le reculer ou encore de se mouvoir sans problème lors de périodes où tout le monde est figé par la fracture.

Difficile de s’étendre sur le scénario sans spoiler. Comme toute histoire traitant de voyages dans le temps il y a des rebondissements, des changements irréversibles et des conséquences inattendues. Classique. Globalement il se tient bien, les personnages sans être mémorables sont suffisamment charismatiques pour qu’on leur accorde de l’intérêt, et les dialogues restent dans le haut du panier du jeu vidéo : cela a toujours été la force des jeux de Remedy.
Là où Quantum Break apporte un vent de fraicheur sur le jeu vidéo, c’est avec sa mini-série qui entrecoupe chaque acte (5 au total) d’un épisode d’une vingtaine de minutes. Si tout n’est pas parfait, les acteurs pour la plupart sont suffisamment bons pour être convaincants et notamment l’excellent Aidan Gillen (Littlefinger dans Game of Thrones, pour les amateurs). La transition entre le jeu et la série est suffisamment fluide pour ne pas avoir le sentiment de subir une cassure dans le rythme, et pour peu qu’on accroche au scénario c’est plutôt agréable à suivre.

Du côté du gameplay je suis plus partagé. Beaucoup ont essayé de proposer l’utilisation du temps lors de gunfights (comme Timeshift… Qui se souvient de Timeshift ?) mais très peu ont réussi à le rendre intéressant en pratique. Quantum Break est un peu le mélange du pire et du meilleur. Si l’utilisation des pouvoirs est particulièrement jouissive et les effets de particules sublimes, poussant à l’utilisation jusqu’à plus soif des différents pouvoirs, il faut avouer que tout ça est un peu surdimensionné et les ennemis ne pèsent pas lourd face à un bouclier qui redonne de l’énergie et une fracture temporelle qui les fige. En réalité, même au niveau de difficulté le plus haut il faut attendre le boss de fin pour avoir un semblant de difficulté ; et encore, dès lors que l’on comprend ce qu’il faut faire, le combat tourne court. Du coup si je me suis beaucoup amusé à utiliser tous ces pouvoirs (et le jeu pousse à tous les essayer, aucun n’est inutile), je dois avouer que ce sentiment de surpuissance et d’invincibilité fout en l’air l’intensité de certaines scènes.

*Je n’ai même pas honte de cette référence

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Un jeu narratif pour sauver la Xbox One

C’est sur ce point que le jeu a clivé : c’est un jeu narratif.Bien qu’il y ai beaucoup de phases de tir où on peut s’amuser avec nos pouvoirs, la plus grande partie du jeu est composée d’exploration où on essaie de trouver un certain nombre de collectibles tous plus intéressants les uns que les autres (chose rare là aussi) et de cinématiques. Ainsi la plupart du temps on est invité à contempler le sublime moteur de jeu ou à regarder des épisodes de série. C’est un format que j’apprécie, mais beaucoup n’adhèrent pas et auraient sans doute préféré un jeu plus nerveux et offrant plus de challenge.

Toutefois il s’en est très bien sorti, puisqu’aux dernières nouvelles il s’agit de la nouvelle licence de Microsoft la plus vendue, un information qui a fait du bien à Microsoft après des ventes très décevantes sur ses licences phares (Halo, Forza, Tomb Raider) en fin d’année dernière.
Alors si le jeu présente bien quelques défauts, j’y ai retrouvé tout ce que j’ai toujours aimé dans les jeux de Remedy : une histoire sympa, des dialogues crédibles et un gameplay au poil. Si cette fois-ci la difficulté n’est pas au rendez-vous, c’est un plaisir de jouer à ce jeu de bout en bout.
Pas étonnant que Sam Lake ait inspiré le créateur de l’autre jeu le plus attendu de l’année, tant les qualités qu’on retrouve constamment dans ses œuvres se font rare dans le genre du jeu de tir à la troisième personne.

Ce fut une belle aventure, et j’ai hâte de connaître la prochaine signée Remedy-Sam Lake.

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