The Crown – Saison 1, les petites histoires de la Couronne

Alors que la famille Windsor ne cesse de passionner les foules avec royal wedding et autre royal baby, Netflix s’attaque au mythe que cette famille représente en produisant une série sur la jeunesse de la Reine Elizabeth II et son couronnement avec The Crown, créé par Peter Morgan.

1947, Elizabeth (Claire Foy) vient de se marier avec Philip, Duc d’Edimbourg (Matt Smith). Son père le Roi George VI est en mauvaise santé et la fin approche, alors elle doit apprendre à se montrer en public et gérer les relations diplomatiques avec le Commonwealth, car elle finira par succéder à son père. En 1952 celui-ci décède après une longue maladie, la Couronne revient ainsi à sa fille désormais nommée Elizabeth II. Elle doit alors gérer un pays en crise après une guerre qui a mis à mal l’économie, et un peuple qui a du mal à se reconnaître dans une famille qui semble austère et déconnectée de la misère qu’ils vivent quotidiennement.

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God Save The Crown

Loin des contes de fées et des princesses, The Crown s’attaque à l’envers du décor, celui où on voit une famille déchirée entre jalousies et trahisons,  où la Reine est malmenée entre sa fonction de monarque et sa place au sein de la famille. Le début du règne d’Elizabeth II marque aussi un passage dans la modernité pour cette famille, jusque là presque secrète et dont les apparitions publiques étaient de véritables événements. En effet son mari le Prince Philip va la pousser à téléviser son couronnement et faire ainsi entrer la famille Windsor dans « toutes les maisons », désacralisant un événement extrêmement rare et faisant de la famille l’objet de toutes les convoitises pour la presse. Cette « peopolisation » de la famille royale va d’ailleurs se matérialiser dans cette presse à scandale qui va poursuivre sans relâche la Princesse Margaret (ici interprétée par Vanessa Kirby) alors qu’elle entretient une relation avec l’écuyer de la famille. The Crown c’est donc ça, l’arrivée de la famille Windsor dans une nouvelle ère et un début de règne compliqué pour Elizabeth II, qui doit apprendre sur le tas tous les rudiments de la politique et des relations au sein de sa famille, mais également avec les pays du Commonwealth.

Cependant on peut lui reprocher des enjeux politiques très moindres puisque la Reine n’a pratiquement pas de pouvoir au sein de la monarchie constitutionnelle du Royaume-Uni et du Commonwealth, mais en plus de cela elle passe plus de temps à s’occuper des amourettes de sa sœur et de l’ego de son mari et l’histoire politique passe au second plan, sauf quelques épisodes sur le Grand smog de Londres en 1962 ou quelques scènes avec Winston Churchill (joué par un excellent John Lithgow). Mais on s’aperçoit rapidement que la politique et la fonction de la Reine n’ont que peu d’importance, car la série ne porte en réalité par sur le personnage mais sur la Couronne. Comme un personnage à part entière, la Couronne est l’élément qui va bouleverser la vie de chacun et les obligera à s’adapter, celle-ci ayant un impact monumental y compris sur des personnages qui ne font pas partie de la famille Windsor.
Alors quand Elizabeth doit prendre une décision sur la relation amoureuse de Margaret, elle se rend compte qu’elle n’a en réalité aucun choix : c’est la Couronne qui fait le choix à sa place, et elle doit s’effacer derrière celle-ci.

Head of the Family

Véritable chef de famille, on découvre une Reine qui prend peu à peu de l’assurance et cessera de se faire marcher sur les pieds par une multitude de personnages, y compris son mari, qui tentent chacun de profiter de son ignorance lorsqu’elle obtient le pouvoir. On pourrait dire que c’est l’effet de la Couronne, la fonction transcende sa personnalité et elle est désormais en position de force.
Mais The Crown, au-delà d’un casting d’une très grande qualité et de personnages bien ficelés, c’est aussi une production géniale. Série la plus chère de l’histoire de Netflix (… ce qu’ils annoncent à chaque série ou presque), elle bénéficie d’un soin et d’un travail conséquent sur la photographie, la reconstitution des scènes d’époque et sur sa bande son. Une bande son composée par Rupert Gregson-Williams (en dehors du thème principal par Hans Zimmer) qui prend aux tripes et accentue la gravité de nombreuses scènes.

The Crown est une série un peu difficile à analyser, parce qu’avec son rythme très lent et ses enjeux moindres elle est loin de la série grandiose qui était annoncée par Netflix depuis plusieurs mois. Pourtant, je me suis laissé prendre au jeu et j’ai apprécié de voir de quelle manière la Couronne change la vie de chaque personnage et dicte ses actions, dans un contexte difficile où Elizabeth II devait concilier les intérêts de ses proches avec ceux du Royaume. Au final c’est une des meilleures séries que j’ai vu cette année, peut-être aussi pour le charme de l’accent british…

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