Master of None – Saison 2, rêves italiens et bonne humeur

Fin 2015 sortait sur Netflix la série Master of None, une satire presque autobiographique créée par l’humoriste américain Aziz Ansari. Il y racontait ses amours, ses peines, mais également ses problèmes avec les préjugés et le racisme dont il a été victime en raison de ses origines indiennes. La deuxième saison est sortie en ce mois de mai 2017, plus ambitieuse que jamais.

Quelques mois ont passé depuis la dernière saison, Dev (Aziz Ansari) avait décidé de partir vivre quelques temps en Italie pour apprendre à cuisiner. Cela fait maintenant trois mois qu’il est à Modène, auprès d’une personne qui lui apprend à faire les pâtes. Sur place il s’y fait quelques amis comme Francesca (Alessandra Mastronardi), dont il tombe rapidement amoureux, et Pino (Riccardo Scamarcio) sont petit ami. Au moment de rentrer, c’est avec bienveillance qu’il observe son entourage et adresse différents problèmes qui viennent à lui.

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Guerra E Pace

Master of None c’est l’histoire d’un jeune homme issu de l’immigration, né aux Etats-Unis et qui est parfaitement intégré parmi ses amis américains. Pourtant, s’ils prétendent ne pas voir de différence, les gens qu’il croise finiront toujours par lui poser cette fameuse question : « tu es de quelle origine ? »
C’est ce mur qui ne semble jamais vouloir disparaître dont il est question ici : Aziz Ansari s’intéresse aux questions de société, d’origines, de religions, toutes ces questions qui semblent imposer une distance entre lui et ses amis blancs. Mais le comique américain les prend à la légère, il s’en amuse et s’en sert pour montrer qu’au final, lui-même est plein de préjugés sur les autres. C’est une série que j’ai beaucoup apprécié dès la première saison pour sa pertinence et son habileté à gérer des thèmes qui divisent aisément, tout en gardant une attitude « feel good ». En effet, c’est un sentiment de bonne humeur qui prédomine après chaque épisode : amenés à se questionner sur de nombreuses questions, on finit toujours sur une note légère qui vient relativiser les débats et désaccords qui peuvent en émerger. Si les débuts de la première saison pouvaient laisser craindre un certain classicisme dans le traitement de ces sujets, on s’était vite aperçus que Aziz Ansari, humoriste, personnage principal et co-scénariste de la série, a su manier avec brio l’humour et la morale pour faire un récit extrêmement agréable à suivre.

D’autant plus que cette deuxième saison vient explorer de nouveaux horizons : avec un héros parti vivre à Modène en Italie, la série multiplie les références au cinéma italien avec par exemple toute une séquence qui rappelle « Le Voleur de Bicyclette » de Vittorio de Sica, comme cette scène où l’homme est assis au bord d’une marche avec un enfant. Ce premier épisode intégralement en noir et blanc est un délice, prouvant que Master of None est capable d’être un peu plus que cette satire sur la société. La suite ne manquera pas de références, comme lorsque l’on entend La Dolce Vita, ou encore la scène du mariage dans le deuxième épisode qui rappelle « La Nuit » de Antonioni. Mais plus tard la série ne manquera pas de se réinventer encore et encore, que ce soit au travers d’un épisode nommé « Religion » qui traite habilement de la consommation de porc et d’alcool par Aziz Ansari, dont les parents sont musulmans, ou encore l’épisode nommé « New York, I love you » qui vient passe dans la vie de nombreuses personnes autour de quelques quartiers de New York. Un passage, centré sur une jeune femme sourde et muette est absolument fabuleux de sensibilité et d’humour.
Je pourrais parler de tous les épisodes pendant des heures tant ceux-ci sont ambitieux et bourrés de bonnes idées, la deuxième saison ne décevant jamais et étant capable d’explorer de nouvelles choses à chaque instant. L’épisode « Thanksgiving » est évidemment un immanquable, portant sur la sexualité d’une amie du héros, ou encore « Amarsi Un Po », avant-dernier épisode qui plonge le héros dans les sentiments qu’il éprouve pour l’italienne qu’il a rencontré à Modène, et incarnée par une excellente Alessandra Mastronardi.

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Buona Notte

Pertinent, intelligent, drôle, Master of None ne cesse de m’étonner. Je craignais que la série tourne un peu en rond suite à une première saison qui abordait déjà tous les sujets promis par Aziz Ansari, mais c’est avec beaucoup d’ambition qu’il a su emmener son petit récit quasi-autobiographique vers de nouveaux horizons. On ressent son amour pour le cinéma, la réalisation, et pour les gens qui l’entourent. Même si certains épisodes peuvent se révéler moins intéressants sur le fond, ils sont tous réalisés avec un tel soin que cette deuxième saison regorge de petits détails qui lui permettent de s’extirper du classicisme annoncé de la satire.
Son dernier épisode, qui dure près d’une heure (au contraire du reste de la série dans un format court), vient ajouter une dernière pointe d’émotion dans un monde difficile, parfois brutal, avec une dernière rencontre entre le héros et sa belle italienne. S’il nous fait souvent rire, Aziz Ansari nous émeut une dernière fois pour conclure une saison surprenante, riche en bonnes idées, et toujours avec le sourire aux lèvres.

Master of None est une de ces pépites de Netflix dont je ne peux pas me passer : toujours fine, parfois à mourir de rire, cette deuxième saison multiplie les bons points en maniant habilement les thèmes qui y sont abordés. Le choix des créateurs Aziz Ansari et Alan Yang de se renouveler à chaque épisode est payant, puisque la surprise n’est jamais loin et qu’ils parviennent toujours à approcher les problèmes subtilement sans perdre de vue l’objectif humoristique de la série. Alors qu’on le voyait souvent cynique, le héros ici fait la part belle à l’Humain et à ses émotions, le mettant en valeur dans une infinité de situations dans lesquelles on n’aura aucun mal à se reconnaître. C’est une très grande réussite, une série qui à mes yeux fait partie des meilleures productions de la firme américaine.

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8 réflexions sur “Master of None – Saison 2, rêves italiens et bonne humeur

  1. Je n’ai pas encore commencé la saison 2 (je me refais friends, encore…) Mais ton article est très convaincant. Même si je suis déjà séduite grâce à la saison 1. En plus, c’est un des acteurs qui a joué dans scrubs. (oui c’est un très bon argument.) on le vois que dans la dernière saison ( la 8.) et scrubs c’est quand même la meilleur sitcom du monde. :)

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          1. Je comprends, (même si je me refait souvent mes préféré, scrubs, fringe, kaamelott.. par exemple.)
            Je trouve par exemple que Brooklyn 99 est un bon descendant de scrubs j’y retrouve un peu l’esprit (j’suis p’t’être complètement out.) mais si tu as l’occas’, scrubs c’est.. Tellement cool.

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            1. Brooklyn 99 est probablement ma sitcom préférée du moment d’ailleurs. Je regarderais peut-être Scrubs pendant l’été du coup, quand la saison en cours de B99 sera terminée.

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