GLOW – Saison 1, le catch révélateur

GLOW est une série diffusée sur Netflix depuis le 23 juin 2017. Créée par Liz Flahive et Carly Mensch, elle raconte l’histoire de quelques femmes qui faisaient une émission de catch dans les années 1980.

En 1985, Ruth Wilder (Alison Brie) galère en allant d’audition en audition, rêvant de devenir actrice. Un jour elle se retrouve dans un casting qui recherche des profils « atypiques » : l’objectif est de créer les Gorgeous Ladies of Wrestling (GLOW), dans une émission mêlant sketchs et catch. Après avoir été prise, et alors que l’entraînement commence avec la dizaine d’autres actrices, elle y revoit Debbie Eagan (Betty Gilpin), sa meilleure amie qui a découvert que son mari la trompait avec Ruth. A côté, les membres de ce collectif de catcheuses vont tout faire pour monter un show digne de ce nom et découvrir la gloire.

GLOWSaison1Critique (2)

The Liberal Chokehold

Conséquence du Women’s Liberation Movement des années 1970, GLOW venait montrer que les femmes avaient aussi leur place dans le catch. Et c’est le propos de cette série, où toutes ces femmes parfois actrices ratées, maladroites, timides ou hésitantes vont s’émanciper et découvrir de nouvelles facettes de leurs personnalités. Comme une ode féministe, GLOW se balade sur les préjugés et la prétendue « faiblesse » de la femme pour mener celles-ci vers les hauteurs. On prend du plaisir à les voir monter le show, découvrir le catch et s’entraîner, mais également les voir s’affirmer dans leurs vies personnelles. Car le sport et le spectacle ne sont ici que des supports : des moyens pour elles d’échapper à leurs vies, découvrir de nouvelles passions, mais surtout faire face à leurs peurs. Au moyen de préjugés, qu’on retrouve essentiellement dans les personnages qu’elles se créent pour le spectacle, elles revisitent leur entourage et leur milieu pour s’en extirper sans regret. L’héroïne Ruth est évidemment le meilleur exemple, actrice ratée et amie lamentable, elle vit GLOW comme sa dernière chance de briller. A ses côtés Debbie s’approprie le personnage de l’américaine idéale, la femme qui n’a peur de rien et qui ne connaît pas l’échec, alors que sa vie de couple est un désastre. On retrouve cette même dualité chez les autres, entre l’indienne au personnage de terroriste venue d’orient ou l’afro-américaine qui court après les aides sociales : elles dénoncent ce que la société croit voir en elle, en s’appropriant ces idées.

GLOW tire sa force de tous ces personnages. Le catch est secondaire, même si l’on a rapidement envie de voir ce que donnera le spectacle. Mais il s’agit bien d’une comédie de société, une de celles qui donnent le sourire grâce à un optimisme à toute épreuve. En ce sens la série me rappelle un peu Master of None, une autre production Netflix, qui se balade également dans ce genre d’idées. Si je craignais un peu le drama, mes peurs étaient rapidement oubliées tant Alison Brie nous invite dans un univers séduisant et passionnant. C’est bien cette passion qui anime les personnages et qui nous donne envie d’y croire avec elles, quand bien même le réalisateur du show ou le producteur soient des bras cassés qui peuvent à tout moment tout faire capoter.
Il est difficile à vrai dire de reprocher quoique ce soit à GLOW : peut-être un rythme en dents de scie, ou certains personnages qui font véritablement de la figuration. Mais les petites histoires de ce groupe de femmes pleines de bonne volonté charment suffisamment pour oublier les moments de flottement.

Rock You Like a Hurricane

D’autant plus que les showrunners nous invitent bien dans un univers à part, les années 1980. Sa musique, ses références et son catch hyper kitsch au moment où Hulk Hogan connaît la gloire. Les personnages s’en inspirent évidemment beaucoup, avec leurs tenues improbables et les petites histoires créées pour la mythologie du show. Les scènes de combat font parfois rire et montrent l’envers du décor d’un sport où tout est exagéré, et c’est réussi grâce à beaucoup de talent. Le montage de ces scènes est entraînant, grâce également à une bande-son qui rend hommage à son époque, tandis que les actrices donnent tout sur le ring. Car il s’agit également d’une prouesse athlétique : elles ont joué l’intégralité des scènes, y compris les mouvements les plus dangereux.

GLOW m’a donc énormément séduit. Pour son contexte original, ses excellentes actrices et ses petites histoires qui rendent les personnages très attachants. J’espère bien entendu qu’il y aura une deuxième saison, mais celle-ci permet déjà de passer un excellent moment et d’en ressortir avec un sourire à la hauteur de leur performance.

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2 réflexions sur “GLOW – Saison 1, le catch révélateur

  1. Salut Anthony tu vas bien ? Merci pour cette belle critique, très bien écrite et très bien ficelée ! GLOW me fait de l’œil depuis que j’ai vu cette bande annonce défilée sur les réseaux sociaux. Je suis un grand fan de catch, c’est une discipline qui a bercé mon enfance et je pense que GLOW va me faire payer un abonnement chez Netflix (à moins que je puisse choper les épisodes en streaming ailleurs ….). Je sais, c’est pas bien…. Franchement, tu m’as vraiment donner envie de me mettre à GLOW et comme dans les deux prochains mois je me suis promis de lever un peu le pied, je pense que c’est le moment idéal ! La bise !

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  2. Bien et toi ?
    Si tu es fan de catch tu t’y retrouvera peut-être, bien que le sport ne soit finalement qu’un support pour d’autres thèmes. Netflix continue encore de surprendre avec ce genre de séries, du coup je dirais qu’il faut pas hésiter à s’y lancer. Malgré tous les défauts de la plateforme, elle m’a fait vivre de formidables moments. Bon, rien que pour Master of None je pourrais encore payer des années d’abonnement…

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