Carnet de voyage #2 : Séoul l’historique

Deuxième carnet de voyage au pays du matin calme : après les divertissements urbains, place à l’histoire et ce qui a fondé cette Corée. Avant d’être la ville hyper urbanisée que l’on connaît désormais, Séoul, comme le reste du pays, a connu des ères teintées de prospérité ou de conflits, et en garde les vestiges.

Il y a quelques jours je vous parlais des lieux de sortie à Séoul : ses magasins, ses bars et restaurants. Une ville très animée où les jeunes (et moins jeunes) peuvent constamment y trouver du divertissement à des prix très bas. Bien sûr cette présentation n’était pas exhaustive et ce nouveau carnet se focalisant sur le passé de la Corée du Sud ne le sera pas plus. Je vais simplement parler de quelques lieux que j’aime beaucoup ici.

Ce deuxième passage dans la capitale sud-coréenne a été l’occasion de faire une découverte : le Mémorial de la Guerre. Si son existence ne m’étais pas inconnue, je n’avais pas pu visiter ce lieu chargé d’histoire lors de mon premier passage. Ce manque est comblé, et j’ai pu déambuler dans l’immense mémorial pour y découvrir la très grande histoire de Corée. Avec une progression chronologique, le Mémorial nous invite au paléolithique avant de rapidement rejoindre des ères plus modernes : la dynastie Joseon y est évidemment mise à l’honneur. Cette période s’étendant de 1392 à 1897 a vu régner différents rois dans un pays qui se voulait fort mais qui a connu de nombreux conflits. Qu’ils soient intérieurs ou même venus de l’extérieur, à l’image de l’expédition française de 1866, le royaume a toujours su se relever et c’est ce que les nombreuses allées du Mémorial nous racontent. Avec un brin de patriotisme, on y apprend la manière avec laquelle la dynastie a su étouffer les rebelles, en faisant preuve d’une incroyable créativité dès lors qu’il s’agissait d’inventer de nouvelles armes et forteresses. Cette période de l’histoire coréenne est certainement la plus connue des amateurs de films et séries coréennes, puisqu’elle cristallise une forme de fascination pour des scénaristes et réalisateurs qui trouvent là, dans 500 ans d’histoire, de quoi raconter des centaines d’aventures.
Mais le mémorial devient rapidement pesant : passé cette histoire glorieuse, on arrive au début du 20ème siècle. Cette époque est marquée par l’annexion de la Corée du Sud par le Japon. Un temps qui a lui aussi inspiré les réalisateurs coréens, à l’image de Park Chan Wook avec le formidable Mademoiselle, ou le sympathique The Silenced (disponible sur Netflix) de Lee Hae Young. Le mémorial ici nous montre les horreurs de cette occupation : la misère du peuple, la violence de l’armée japonaise. La Corée était à l’époque un pays extrêmement pauvre et son identité était bafouée par un Japon dominateur. Le mémorial multiplie donc les reconstitutions de scènes, les documentaires vidéos et les reliques de l’époque pour traduire cette difficile histoire. On ressent assez largement la rancœur qui anime la Corée du Sud à l’encontre du Japon.

Plus tard, on enchaîne sur la libération lors de la capitulation du Japon en 1945, et la guerre du Corée. Les salles réservées à la guerre de Corée sont parfois insoutenables, c’est aussi le moment où le patriotisme est exacerbé : c’est l’opposition entre l’idéal du sud et celui du nord, le communisme face au libéralisme. La Corée se montre également extrêmement reconnaissante envers les pays ayant pris part à la mission de l’ONU : la place devant le mémorial est composée d’une vingtaine de stèles, au-dessus desquelles flottent les drapeaux des pays ayant libéré la Corée du Sud. La France y a sa place, avec le compte des soldats français investis et un hommage gravé en français. Plus loin, une stèle en anglais destinée à tous les jeunes soldats engagés en 1950.

Aux Français et aux Coréens du BF ONU, que leur combat pour la liberté serve d’exemple aux générations futures.

They came to help a country they never knew and a people they never met. (…) Korea honors their invaluable sacrifices.

Enfin, le mémorial revient sur la violente répression de la dictature militaire des années 1960 à 1980 : un passage lui aussi difficile à encaisser. Et qui avait tendance à me rappeler les deux clips vidéo du groupe SPEED (That’s my fault et It’s Over), qui revenait sur une des nombreuses répressions de mouvements étudiants, avec l’excellente actrice Park Bo Young. Le mémorial se conclut en extérieur avec l’exposition de nombreux véhicules militaires, et un petit musée pour enfants.

J’en garderai un excellent souvenir : parfois très violent, le mémorial est chargé d’émotion et m’a parfois mis les larmes aux yeux. Outre l’évidente fierté nationale, il offre aussi une vision intéressante de décennies de malheur qui contrastent avec ce qu’est devenue Séoul. La capitale est désormais une ville extrêmement riche où la menace du Nord n’inquiète plus personne, et ce mémorial vient offrir une vision passionnante d’un passé pauvre, violent et surtout très proche.

Mes balades m’ont par la suite emmené du côté de Gwanghwamun : une gigantesque porte qui sépare la place du même nom, et l’immense palais de Gyeongbokgung. Ces deux lieux inévitables pour les touristes offrent une immersion dans la Corée d’une autre époque, celle des rois, où l’on retrouve grandeur nature la fameuse dynastie Joseon dont je parlais plus haut. L’occasion d’explorer l’immense palais et découvrir son histoire, que ce soit en simple touriste appareil photo accroché autour du cou, ou en louant une tenue traditionnelle (Hanbok) que l’on enfile pour se balader au sein du palais pendant une heure ou deux.
Sublime, ce palais propose de nombreux lieux très différents, certains plongés dans un calme étonnant. Étonnant car il se trouve en plein milieu de Séoul : devant lui se trouve des grattes ciel à perte de vue et une des artères principales où passent sans jamais s’interrompre de nombreuses voitures.

En sortant du palais et en passant sous la porte de Gwanghwamun, on se retrouve du côté de la place du même nom : une longue place où se mêlent statues et fontaines (qui font un bien fou sous une chaleur étouffante). Un lieu qui lui aussi a souvent servi de décor à des films et séries locales.
Pour finir cette balade au centre de Séoul, et après avoir longé la place de Gwanghwamun, on se retrouve du côté de Cheonggyecheon : une promenade de presque 6 km, le long d’un cours d’eau. C’est un lieu très agréable en soirée où on peut se balader et se poser.

 

En bref, pour les amoureux d’histoire et de beaux monuments, il y a de quoi faire. J’aurais pu également parler du sanctuaire de Jongmyo ou le palais de Changdeokgung et son superbe jardin, mais je n’ai pas eu l’occasion de m’y rendre cette fois-ci. J’aurais pu aller au palais de Changdeokgung, puisque je devais assister à un spectacle de nuit là-bas. Mais il a été annulé, la faute à des averses interminables.
Cette facette de Séoul est tout aussi séduisante : on y découvre une longue histoire, et ce qui en est resté. Alors que les grattes ciel sont construits à un rythme ahurissant, la ville garde en son sein de nombreux lieux historiques où le temps semble s’arrêter. Ces palais et sanctuaires offrent un calme incroyable au milieu de la mégalopole de dix millions d’habitants, et se posent comme des immanquables pour les touristes qui veulent découvrir des choses qu’ils ne verront jamais ailleurs.

En bonus, la visite du village de Hanok et de la tour de Namsan. Pour le premier, il s’agit d’un petit village qui représente la ville telle qu’elle était il y a plusieurs siècles : des maisons d’époque et une architecture particulière, on peut s’y balader et y déguster un thé coréen. Pour le second, il s’agit d’une tour d’observation (et de restaurants hors de prix) à laquelle on peut accéder soit en téléphérique, soit à pieds, soit en bus (avec un arrêt à proximité du village de Hanok). J’ai choisi l’ascension en bus, que je ne regrette pas tant la lente montée le long de la colline offre des paysages à couper le souffle. Au bout, un lieu de détente et de divertissement où l’on peut accrocher un cadenas si on vient en amoureux, ou observer la ville avec une superbe vue. Une vue qui malheureusement, en ces temps chauds et pollués, était plutôt gâchée ce jour-là.

Demain direction Busan, au sud-est du pays.

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