Descendants of the Sun, la guerre romantique

Un conflit armé dans un pays fictif, des soldats coréens en mission de maintien de la paix et quelques médecins. Tous les ingrédients sont réunis pour proposer une série fédératrice venue de Corée du Sud, grâce à un mélange d’action et de romance.

Le capitaine des forces spéciales Si Jin (incarné par le très populaire Song Joong Ki) rencontre aux urgences la chirurgienne Mo Yeon (jouée par Song Hye Kyo). C’est le coup de foudre mais manque de chance, il est rapidement appelé et envoyé dans le pays fictif de Urk où les forces coréennes doivent participer à une opération de maintien de la paix. Comme le destin est bien fait, Mo Yeon va faire partie de l’équipe de médecins qui rejoindront la base où est stationné Si Jin, à Urk.

La vie loin de chez soi

Pour les médecins qui accompagnent la force armée, il est bien difficile dans un premier temps de s’acclimater. Ils n’ont jamais participé à une telle opération et sont bien loin de leur confort à Séoul. Ici, ils doivent apprendre à travailler avec les moyens du bord, parfois dans de situations extrêmes, comme une scène -assez fantastique d’intensité- où les médecins chargés d’administrer des soins à un dignitaire arabe, sont protégés par les militaires en tenant en joug l’équipe de sécurité du monsieur, qui se révèle peu coopérative. Ainsi, confrontés à des situations peu communes les médecins devront tour à tour s’affirmer et apprendre à vivre avec ; cela donne lieu à des scènes intenses, touchantes ou parfois plutôt drôles. Bien entendu nous sommes dans un drama (terme désignant une série télévisée asiatique, généralement en une saison), alors des amitiés vont se créer et des amours se révéler. Les couples se font et se défont durant une mission qui marquera la vie de chacun d’entre eux.

Tout cela se déroule avec en toile de fond un conflit dont on ne connaît pas trop les tenants et aboutissants, on sait juste qu’on se trouve dans un pays du sud où les civils font les frais de la présence de mercenaires. Entre opérations secrètes, assistance aux civils et protection de la base, on ne sait pas trop ce qui se passe.

Quand la guerre sera finie

On comprend donc rapidement que le conflit, qui est l’élément déclencheur du rapprochement entre les deux corps de métier, est complètement secondaire. S’il y a de nombreuses scènes montrant les militaires à l’oeuvre dans des opérations contre les mercenaires, il faut bien avouer qu’on n’y porte que très peu d’intérêt : il y a bien un antagoniste très présent, mais les soldats semblent bien plus intéressés par leurs relations copines que par leur mission. Ainsi, l’opération militaire n’est qu’un prétexte à une romance qui pourront suivre un cours normal lorsqu’ils rentreront tous ensemble en Corée du Sud.

Pourtant, ce drama se permet de concilier habilement action et romance. Si ce deuxième élément est ultra-présent, Descendants of the Sun apporte un vent de fraîcheur sur le petit écran coréen en proposant des scènes relativement réalistes et assez rares dans un pays où on préfère en général de la comédie romantique niaise ou des dramas « historiques » où on parle de concubine du roi et de servants. Ce mélange permet au drama de tenir en haleine le téléspectateur tout au long des 16 épisodes, qui ont chacun leur lot de petites histoires autour d’un fil rouge parfois prévisible mais toujours agréable. Il se passe toujours quelque chose, et chaque personnage évolue de manière conséquente tout au long des épisodes, jusqu’à un final où chacun sera devenu une nouvelle personne grâce à une expérience hors du commun.

On peut regretter plusieurs choses cependant. Par exemple la représentation des étrangers : soldats américains, habitants de Urk, antagoniste américano-coréen, ils sont pour l’extrême majorité très mal dirigés (ou très mauvais acteurs) et on a du mal à les prendre au sérieux. Bien entendu, à la fin les sud-coréens gagnent toujours grâce à leur intelligence et leur force. Mais est-ce un énorme défaut pour autant ? Si on prend l’exemple des films américains, ils sont bourrés de clichés sur les étrangers et à la fin les américains gagnent toujours, main sur le cœur devant le drapeau. De plus il semble très difficile pour un occidental de se fondre dans le jeu d’acteur coréen : toujours en retenu (de par la pudeur mais aussi les codes sociaux) et parfois presque théâtral, il n’est pas difficile de prendre au sérieux un coréen qui se comporte de la sorte, par contre lorsqu’il s’agit d’un américain on a tendance à rire.
De plus, on peut regretter l’absence quasi totale d’information sur le contexte. On ne sait jamais vraiment où est Urk, on ne sait pas pourquoi il faut une mission de maintien de la paix et on sait encore moins ce que vient faire là-dedans la Corée du Sud. Je pense qu’en 16 épisodes, ils auraient pu trouver le temps de parler un petit peu du contexte.

Malgré ça, Descendants of the Sun reste une valeur sûre : ça faisait très longtemps que je n’avais pas regardé un drama coréen, lassé par les incessantes histoires d’amour et les ficelles gigantesques qu’il est impossible de ne pas remarquer. Mais je ne regrette pas de m’être laissé tenter par celui-ci : les personnages sont attachants, l’image est impeccable (avec de superbes panorama) et les intrigues accrocheuses. Contrairement à beaucoup de ses semblables, ce drama parvient à se renouveler en ne s’éternisant pas sur une histoire en particulier, ce qui donne constamment l’impression d’avancer dans l’histoire avant d’arriver à la conclusion.

Une superproduction

Ce drama a bénéficié d’un soutien hors norme de la part de la production : alors qu’habituellement les chaînes de télévision coréennes tentent de broder quelque chose de plus ou moins cohérent (souvent moins) avec des moyens limités, ici KBS (la chaîne de télé qui le diffuse) a fait appel à deux énormes stars locales : tout d’abord Song Joong Ki, acteur habitué aux succès sur petit et grand écran, il faisait ici son retour après deux ans de service militaire, une aubaine pour KBS qui s’assurait une publicité gratuite. Et pour l’accompagner, Song Hye Kyo, actrice qui enchaîne les succès depuis des années lorsqu’elle n’est pas en train de camper des classements élisant « la plus belle femme du monde ». Enfin, le tournage a en partie eu lieu en Grèce, chose rare pour des producteurs frileux à l’idée de sortir de Corée du Sud du fait des coûts importants et d’une réussite incertaine.

Descendants of the Sun c’est aussi un succès énorme. Alors que la guerre (sans mauvais jeu de mot) fait rage en Corée du Sud entre tous les diffuseurs qui renouvellent de manière hebdomadaire leurs dramas, la chaîne nationale KBS a réussi ici à s’imposer incontestablement. Avec plus de 30% de parts de marché tout au long de la série et jusqu’à 40% pour son grand final, Descendants of the Sun se pose en véritable réussite qui inspirera certainement d’autres chaînes qui tenteront à leur tour de connaître ce succès. Mais son succès ne se limite pas à la télévision, en effet comme tout drama qui se respecte, les chansons sont légion et la bande originale de la série a connu un succès monstre. Pour s’en convaincre il suffit d’aller jeter un oeil aux clips sur YouTube (attention, ça spoil méchamment) et constater que certains titres atteignent les 20 millions de vues. Des chiffres énormes qui s’expliquent par une production impeccable : chaque titre rappelle des scènes particulièrement marquantes du drama, et les compositions sont parfaitement calibrées pour faire ressortir nos âmes de romantiques au gré de ballades niaises mais pleines de bons sentiments. De plus, en s’entourant d’artistes populaires, la production de KBS s’assure sans trop de promotion un intérêt certain de la part des nombreux fans des artistes. Si on n’est pas face à des chefs d’oeuvre, il m’est bien difficile de rester insensible face à des chansons comme Once Again de Mad Clown et Kim Na Young ou You are my everything de Gummy (bon, j’aime beaucoup les ballades en général).

Pari réussi donc pour KBS, qui avec un investissement important a créé la sensation. Aujourd’hui des contrats de diffusion de Descendants of the Sun ont été vendus dans une trentaine de pays, et l’impact économique est tel qu’il pourrait rapporter, indirectement, près de 900 millions de dollars. Dans ces conditions il n’est pas étonnant que la Présidente Sud-coréenne Park Geun Hye ai voulu capitaliser sur ce succès pour stimuler l’industrie du tourisme.

Au-delà de ces considérations politiques et économiques, Descendants of the Sun c’est surtout et tout simplement un drama agréable à regarder, dans un format relativement court (16 épisodes d’une heure, et il n’y aura pas de deuxième saison), qui peut constituer une belle porte d’entrée dans les séries coréennes tant on se laisse facilement prendre au jeu. Malgré des défauts inhérents au genre il ne manque pas de remplir son contrat : donner le sourire, émouvoir et faire rêver de Song Hye Kyo (ou de Song Joong Ki, ça dépend des goûts).

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8 réflexions sur “Descendants of the Sun, la guerre romantique

        1. Jin Goo is love. Love is Jin Go ♥♥ je suis A PEINE fan. à peine, vraiment.

          Kim Eun Sook et ses personnages secondaires qui sont plus intéressants et complexes que ses personnages principaux… mm qd les personnages sont principaux ont un background assez complexe * tousse * heirs * tousse * et je ne dis même pas ça parce qe je suis biased. A la base, Song Joong Ki est dans mon club très fermé et élitste des oppas, donc c’est pour dire à quel point je suis fan… mais le personnage de Jin Gu m’a vraiment plu . :D

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  1. J’ai pas eu la chance de voir Jin Goo dans autre chose (enfin si, le film Moby Dick, mais je n’ai pas l’ombre d’un début de souvenir de sa performance) mais sa prestation dans DotS m’a clairement donné envie d’en voir plus. Pour Song Joong Ki c’est un peu difficile de ne pas l’aimer, j’oublierai jamais son jeu dans The Innocent Man.

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