Bilan de 2016, une année pleine de surprises

Voilà, nous sommes début janvier, l’année 2016 s’est enfin écoulée. Marquée par divers événements, cette année est devenue la hantise d’Internet, un quasi meme qui symboliserait toutes les mauvaises choses possibles et imaginables. Mais 2016 a aussi été une année très généreuse au niveau culturel, ainsi je vous propose un condensé de ce qui m’a marqué au cours de l’année.

Commençons par les films ; j’en ai vu énormément cette année, beaucoup de bons films mais aussi beaucoup de sévères déceptions, je vais donc commencer par le cinéma. A savoir que tous mes visionnages, séances de jeux et lectures n’ont pas donné lieu à une publication sur ce blog, même si en général c’était le cas, ainsi il est possible que je parle au cours de cet article de quelques trucs inédits sur ce blog.

Films

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Si je devais nommer un film en particulier, n’en retenir qu’un, ce serait probablement Room. Ode à la joie, à l’amour, bouleversant mais fondamentalement plein d’espoir, Room nous conte l’histoire d’un petit garçon qui a grandi enfermé  avec sa mère, et ce jusqu’à leur libération. Le film se déroule en bonne partie du point de vue de l’enfant, on découvre avec lui le monde tel qu’il est, sa beauté et ses mauvais côtés ; Room prend un événement extrêmement dur (la séquestration, pendant des années) et en fait un film d’une beauté très rare. L’actrice Brie Larson n’a pas volé son Oscar, c’est déjà un film culte et une performance exceptionnelle pour elle. De la même manière, faisant la part belle à l’espoir et à l’amour, je retiens Divines. Le film de Houda Benyamina récompensé au Festival de Cannes est absolument incroyable. Racontant l’histoire de jeunes filles de banlieue qui rêvent de réussite, la réalisatrice est parvenue à toucher les spectateurs avec une tragédie qui fait rire, pleurer et qui laisse beaucoup de questions en suspend. Un film intelligent et bien mené par de jeunes actrices qui donnent tout ce qu’elles ont. Un peu comme Captain Fantastic, un film porté par un excellent casting, à la tête duquel on trouve un Viggo Mortensen dans la forme de sa vie. C’est une sorte de voyage initiatique pour un père et ses enfants qui découvrent, ou redécouvrent, le monde tel qu’il est. Bouleversant et doté d’une bande originale fabuleuse, Captain Fantastic est un immanquable.
Mais au-delà de l’espoir et de la joie, 2016 a aussi connu des films plus sombres mais incroyablement maîtrisés : c’est le cas de Juste la fin du monde. Pour la première fois Xavier Dolan s’essayait à un casting entièrement français, avec Gaspard Ulliel en tête d’affiche, accompagné par Vincent Cassel, Nathalie Baye, Marion Cotillard et Léa Seydoux. Avec ce casting qui ferait rêver n’importe quel réalisateur français, il proposait l’adaptation d’une pièce de théâtre où un jeune homme mourant retourne voir sa famille à la campagne pour leur apprendre la nouvelle. Avec sa réalisation atypique faite de gros plans, Xavier Dolan est parvenu à saisir les émotions d’acteurs dirigés à la perfection et propose là un de ses meilleurs films. Dans un autre genre l’excellent réalisateur coréen Park Chan Wook (Old Boy, Thirst…) proposait Mademoiselle. Si j’ai choisi de mettre une image de Mademoiselle en tête d’article ce n’est pas pour rien : c’est, avec Room, le film qui m’a le plus marqué cette année. Pour son retour en Corée du Sud après une escapade américaine peu convaincante, Park Chan Wook propose là un de ses tous meilleurs films. Touchant, troublant et énervant, le scénario de ce film fait passer le spectateur dans tous ses états jusqu’à un dénouement mémorable. Et ce qui m’a le plus séduit c’est très certainement l’exceptionnelle photographie et bande originale, faisant de Mademoiselle un véritable plaisir visuel et auditif malgré le malaise parfois provoqué par un récit sombre et déstabilisant.

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Au-delà de ces films proches de la réalité, 2016 a aussi été l’année où les réalisateurs et scénaristes ont pu imaginer toutes sortes d’histoires folles. Comme Dernier train pour Busan, un film de zombie coréen qui vient mettre un coup de fouet à un genre monopolisé par l’occident. Preuve que la Corée du Sud n’a pas à rougir en la matière, il nous propose un film de zombies bourré de tension et de moments épiques sur fond de critique de la société coréenne. Les acteurs sont convaincants et le film dispose de quelques scènes mémorables, comme celles où ils progressent de wagon en wagon, par étape, en rivalisant d’ingéniosité. Excellent divertissement dont la sortie en Blu-ray est accompagnée d’un film d’animation non moins sympathique. Passé les zombies, j’ai également retenu le film de science-fiction Premier Contact : après des dizaines de films du genre qui font la part belle à l’action et aux explosions, Premier Contact revient aux origines et rappelle 2001 : L’Odyssée de l’espace. Ici pas de guerre, simplement une volonté de se comprendre et de dialoguer, des valeurs importantes dans une société paranoïaque où toute apparition « d’étrangers » est vue comme une menace. Son message est aussi beau que sa réalisation, et l’actrice Amy Adams y est excellente.

Enfin, une note à part venant de mon cœur de romantique : le film Avant toi. Plein de bons sentiments et de situations cocasses, les amateurs de comédie romantique y retrouveront tout ce qu’ils aiment avec une histoire extrêmement touchante et pleine de bon sens. Le sujet du handicap est abordé avec le sourire et le duo d’acteur fonctionne à merveille : ce film a constitué une très bonne surprise pour moi, je n’hésiterai pas à le revoir de temps en temps.

Séries

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Tout au long de l’année les créateurs de séries ont redoublé d’effort pour proposer des choses originales ou simplement bien ficelées. J’ai aimé beaucoup de séries cette année, mais je retiens particulièrement quelques unes d’entre elles. C’est le cas notamment de Stranger Things, une espèce de série à mi-chemin entre le fantastique et l’horreur, mettant en scène un groupe d’enfants qui se voient confrontés à une force inconnue lorsque l’un de leurs amis disparaît. Bourré de références aux films des années 1980, la série de Netflix jouait la corde de la nostalgie et réussissait avec brio.
J’ai aussi noté l’excellent drama coréen Descendants of the Sun, qui a su cette année proposer une histoire épique et intrigante, créant de fait un nouveau standard pour l’industrie télévisuelle locale. Avec un excellent casting et un scénario mené sans encombre, Descendants of the Sun nous plongeait dans un conflit armé passionnant sur fond d’histoire d’amour entre deux héros que tout oppose : un bon moyen de s’initier au genre pour ceux qui ne connaissent pas, et une nouvelle référence pour les spécialistes.
A la fois excellente surprise et déception : BrainDead, une excellente satire politique avec la non moins excellente Mary Elizabeth Winstead qui s’amusait de la classe politique américaine, celle-ci qui aurait été contrôlée par des insectes extraterrestres. Mêlant absurde et moqueries, BrainDead annonçait des choses fabuleuses pour ses prochains développements. Malheureusement après une saison que j’ai trouvé très bonne la série a été déprogrammée et ne connaîtra pas de suite, un coup dur pour une série qui a probablement trop tiré sur la corde de l’absurde et perdu ses spectateurs au fil des épisodes.
2016 a aussi été l’année des récits courts, à l’image de The Night Manager, une mini-série anglo-américaine avec Tom Hiddleston. Au-delà de son casting la série donnait du grain à moudre à ceux qui rêvent de voir l’acteur britannique dans le rôle de James Bond : véritable hommage à l’espion le plus connu, cette série mettait en scène un veilleur de nuit impliqué dans un complot international improbable. C’est jouissif et plein d’excellents moments, une très bonne surprise pour moi, notamment avec un Hugh Laurie très bon en grand méchant. Dans un autre genre mais toujours dans le format mini-série, The Night Of nous racontait l’histoire d’un jeune américain d’origine pakistanaise pris dans l’engrenage infernal de la justice américaine. Accusé d’un meurtre qu’il affirme n’avoir pas commis, la série s’attache tout au long à faire douter le spectateur en l’envoyant sur plusieurs pistes jusqu’à ce que tout s’emboîte dans un fabuleux dernier épisode. Ça a été une grosse claque, tant grâce aux performances des acteurs qu’avec les sujets dont il traite. Un grand moment de télévision.

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Enfin, quelques mentions honorables en cette fin d’année. J’ai énormément rit devant une websérie produite par le programme Creative de ARTE, il s’agit de Il revient quand Bertrand ?, un récit improbable où un jeune homme se retrouve à espionner son ex-petite amie grâce aux webcams hackées par son voisin, dans l’unique but de monter un plan permettant de la reconquérir. Chacun s’y retrouvera dans divers situations, et la série s’amuse de la puissance des réseaux sociaux sans pour autant tomber dans un sérieux qui ne lui irait pas. Le format court (épisodes de dix minutes) lui sied à ravir et mérite amplement le visionnage, d’autant plus que la série est gratuite.
Et pour finir l’année de la meilleure des manières, les Wachowski nous ont proposé un épisode spécial de Noël pour Sense8, reprenant l’ensemble des personnages de la première saison en les montrant dans des moments de peur, de joie et de fête. Si le style Wachowski ne plaira pas à tout le monde, cet épisode a le mérite de venir conclure l’année avec des valeurs dont on a bien besoin : de l’amour, de l’amitié et de l’entraide.

Jeux vidéo

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Tout au long de l’année j’ai eu tendance à plaisanter avec des amis ou sur les réseaux sociaux, lorsqu’un jeu vidéo que j’attendais beaucoup sortait je parlais aussitôt de « goty » (game of the year, jeu de l’année), une appellation collée à tous les jeux à succès qui est souvent un prétexte pour les éditeurs à les ressortir dans des versions avec un peu plus de contenu. Mais au sens propre si je dois élire un jeu de l’année, alors ce serait The Last Guardian. Cette œuvre en dehors des standards du jeu vidéo est une sorte de voyage initiatique pour un garçon, aux côtés d’une bête fantastique mi-mammifère mi-oiseau, c’est une œuvre incroyablement touchante par la relation qui s’installe entre ces deux protagonistes. C’est un jeu à part, un jeu qui appelle aux émotions les plus profondes du joueur et qui laisse un souvenir impérissable. Dans un autre genre mais tout aussi marquant pour d’autres raisons, j’ai noté Uncharted 4 qui vient conclure avec brio une saga épique. Bourré de passages inoubliables et à couper le souffle, c’est le jeu façon « blockbuster » par excellence, avec une action bien présente et des personnages extrêmement attachants que l’on a peine à voir s’éloigner en sachant que c’est leur dernière. Enfin, presque, puisque le développeur a déjà annoncé une extension mettant en scène des personnages secondaires de la série.
Enfin, deux jeux me restent en tête pour différentes raisons : d’abord Inside, un jeu indépendant de plateformes et d’énigmes un peu glauque qui marque par les thèmes abordés et son excellente bande originale. A côté, je ne peux pas ne pas parler de Ratchet & Clank, puisque s’il est difficile de le considérer comme le jeu de l’année compte tenu du fait qu’il s’agit d’un remake du tout premier jeu de la série sorti il y a quinze ans, il faut avouer que c’est un bon élève au milieu des dizaines de remakes qui sortent chaque année. Avec un nouveau moteur qui en fait le plus beau jeu de plateformes à l’heure actuelle et des niveaux remaniés, on a affaire à une quasi-nouvelle aventure pleine d’humour.

Comics

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Si j’ai lu relativement peu de comics en 2016, j’en retiens tout de même deux. D’abord l’excellent Descender de Jeff Lemire et Dustin Nguyen, un récit de science-fiction qui imagine une société où les robots sont persécutés par les hommes. Véritable allégorie de nos sociétés et des préjugés qui s’y installent, Descender propose un récit riche et des dessins type aquarelles de très bonne qualité. Le plus difficile avec ces comics, c’est d’attendre la suite.
Attendre caractérise aussi l’autre comic qui m’a marqué, Hadrian’s Wall. Sorte de polar de science-fiction où un détective est chargé d’enquêter sur la mort d’un astronaute à bord d’un vaisseau cargo, l’histoire imaginée par Alec Siegel nous plonge dans un huis-clos haletant où les faux-semblants sont légions et où on ne semble pouvoir croire personne. Plein de bonnes idées, il faudra attendre encore de longs mois pour voir arriver le deuxième tome.

2016 a donc été une année riche, pleine d’œuvres intéressantes, de films déjà cultes, de séries qui promettent d’excellentes choses et de jeux et comics incroyablement prenants. Et de votre côté, que retenez vous de cette année ?

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