Bilan 2019, l’année où on prend le temps d’apprécier les choses

L’année 2019 s’est terminée il y a quelques jours, le débat sur la vraie date de la fin de la décennie fait rage – on sait bien qu’elle se conclura le 31 décembre 2020. Mais plutôt que ces considérations qui n’intéressent que les réseaux sociaux, c’est l’année elle-même qui sera au cœur du bilan, une année venue avec son lot d’œuvres de tous horizons qui ont su la marquer de leur empreinte.

Comme l’année dernière, le bilan commence par l’année vécue par le Blog lui-même. La Tentation Culturelle connaissait une augmentation significative de ses chiffres avec un grand nombre de nouveaux visiteurs, cette année la tendance est à la baisse. Mais c’est une conséquence logique d’une activité réduite, due à d’autres obligations (mon travail pour Ciné-Asie et JeuxOnLine notamment). Pour autant chaque article publié a su capter son public et, comme l’année dernière, je découvre avec surprise dans le top des articles consultés certains que je n’aurais jamais imaginé retrouver là. Je pense notamment à ma critique de la mini-série coréenne Hymn of Death, publiée en janvier 2019, qui termine sur la plus haute marche du podium. L’année dernière, c’était déjà une série coréenne qui se distinguait (et ou la retrouve aussi cette année dans le top), puisque mon article sur l’excellente Something in the Rain était plébiscité. Ce phénomène s’explique de plusieurs manières : d’abord, la vision pragmatique. Ces articles sont mieux référencés sur les moteurs de recherche car La Tentation Culturelle est un des rares blogs non-spécialisés dans les cultures asiatiques qui aborde ce genre d’œuvres. Ensuite, une vision plus romantique, je me plais à croire que les lecteurs apprécient l’idée de découvrir des séries ou des films dont ils n’entendent parler nulle part ailleurs (alors que The Irishman ou Ad Astra ont été abordés par la plupart des blogueurs et journalistes), permettant à ces articles de glaner quelques clics plein de curiosité.

Quoiqu’il en soit, je vous remercie une nouvelle fois chaleureusement de votre fidélité. Si les statistiques sont globalement en baisse, l’engagement ne faiblit pas avec un nombre de commentaires toujours stable, tandis que le compte Twitter et le compte Instagram du Blog ne cessent de croître. Je prends toujours un énorme plaisir à échanger avec chacun d’entre vous qui commentez les articles et répondez aux tweets, et j’espère pouvoir continuer à le faire pendant très longtemps. Evidemment, le Blog ne retrouvera pas son activité de 2017 ou 2018 où les articles étaient extrêmement nombreux, car aujourd’hui j’écris beaucoup pour deux autres sites. Mais La Tentation Culturelle me permet d’aborder beaucoup de choses sans trop me poser de question sur le public cible, et je suis toujours très heureux quand je vois que je parviens à toucher quelques personnes.

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© Asako I&II, 2019, Art House Films

Le cinéma Japonais comme moteur

Les salles obscures ont eu leur lot de grands moments, notamment en faveur du cinéma français. Dans le beau monde du « François Civil Cinematic Univers », on n’a pas manqué de noter les qualités du Chant du Loup et de Mon Inconnue. Film à suspense face à film d’amour, l’acteur français hyper-actif n’a cessé d’impressionner et de séduire. La romance du réalisateur Hugo Gélin est d’ailleurs un de mes films préférés cette année, tant François Civil et Joséphine Japy forment un duo formidable. A leurs côtés, Les Misérables de Ladj Ly sont venus conclure une belle année de cinéma Français, sachant que je n’ai pas encore eu la chance de voir beaucoup de films acclamés par la critique (comme Grâce à Dieu ou Sibyl). Pour le reste, je garderai en mémoire pendant longtemps les fabuleux Parasite et Ad Astra pourquoi lesquels j’ai suffisamment clamé tout mon amour dans leurs critiques respectives. Bong Joon-ho et James Gray sont des réalisateurs fabuleux, et ces films viennent accentuer un peu plus leur génie en matière de mise en scène. Je pourrais évidemment aussi citer Portrait de la jeune fille en feu, Spider-Man : Far from Home, Nevada, Une femme d’exception , My Beautiful Boy, The Irishman ou encore The Hate U Give qui ont chacun, à leur manière, contribué à rendre cette année cinématographique passionnante, pour des raisons aussi diverses que variées.

Mais comme l’intertitre l’annonce : le cinéma Japonais a alimenté bon nombre de mes séances. Au bon gré des recommandations d’amis et lecteurs, j’ai découvert un cinéma qui m’échappait depuis longtemps. Alors certes, j’en avais déjà vu beaucoup, notamment du côté de réalisateurs populaires dans nos contrées comme Takeshi Kitano. Mais ces connaissances étaient bien insuffisantes et il me semblait nécessaire d’aller plus loin pour contribuer plus sérieusement à Ciné-Asie. Qu’il s’agisse de films plus anciens comme Perfect Blue et Les funérailles des roses, de films ratés à leur sortie cinéma récente comme Bangkok Nites, Une affaire de famille ou Asako I&II, ou de collections Blu-ray de Mikio Naruse ou de Kiyoshi Kurosawa, mes jours et mes nuits en 2019 ont été rythmées par le cinéma japonais, d’une manière aussi éclectique que possible. Et la tendance ne devrait pas beaucoup changer tant je prends de plaisir à découvrir ces œuvres, notamment Asako I&II qui a été une énorme révélation. La qualité de sa mise en scène est telle que son actrice s’épanouit dans un rôle ambigu, profitant des non-dits et des silences pour laisser passer un flot d’émotions. 

Le cinéma asiatique de manière générale a d’ailleurs largement alimenté mes visionnages, tant au cinéma (avec Le Gangster, le Flic et l’Assassin par exemple) que sur DVD et Blu-ray, dans la deuxième partie de l’année. Il y a deux raisons à cela : j’ai commencé à écrire pour Ciné-Asie, ce qui m’a poussé à regarder toujours plus de choses venues de ce continent. Mais aussi simplement parce que j’aime ça. Le cinéma coréen est un élément fondamental de ma culture ciné, et découvrir le tordant The Odd Family à l’occasion de l’Etrange Festival a d’ailleurs été un de mes moments préférés cette année.

L’année 2019 a été une sorte de confirmation : si j’ai vu moins de films récents au cinéma, j’ai définitivement appris à prendre le temps. L’obsession de la consommation immédiate me dépasse allègrement, à tel point que la plupart des films vus cette année datent d’il y a longtemps. C’est d’ailleurs ce qui m’a poussé à vouloir développer la chronique du « Vidéoclub » et c’est quelque chose qui sera largement alimenté pour l’année 2020. Evidemment je trouve toujours le même plaisir à aller au cinéma voir les nouveautés, mais il y a aussi tant à découvrir, analyser et commenter parmi ces films sortis il y a un certain temps que je compte bien continuer sur cette lancée.

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© Kingdom, 2019, Netflix

Une télévision moins présente, entre deux livres

Lassitude ou déprime face à l’exigence ras des pâquerettes de certains diffuseurs, à commencer par les productions Netflix qui ne cessent de creuser, j’ai « consommé » beaucoup moins des séries cette année. D’ailleurs il m’a été bien difficile d’en sélectionner quelques unes pour en parler ici. Heureusement quelques pépites viennent égayer les soirées devant la télé, notamment le très drôle Irresponsable de Camille et Frédéric Rosset qui a connu sa troisième et dernière saison en fin d’année, Chernobyl pour sa manière de traiter le drame et le secret, ou encore la production The Spy diffusée sur OCS qui m’a vraiment surpris, tant pour la performance de Sacha Baron Cohen que l’on attendait pas dans un rôle dramatique, que pour sa manière de restituer une ambiance et une époque qui prend à contre-pied tous les clichés. Toujours dans des histoires d’espionnage, la saison 4 du Bureau des Légendes de Canal+ a continué sa marche en avant. Peut-être moins puissante qu’à ses débuts, la série gagne toutefois en maturité et en maîtrise. Enfin, l’Asie a là aussi capté mon attention, et c’est bien la seule chose qui m’a poussé à garder mon abonnement Netflix. Sa production maison The Naked Director, créée au Japon, a été un grand moment tant pour sa manière de parler de pornographie que pour raconter cette époque où tout semblait possible à Tokyo. Côté Corée du Sud, sa production Kingdom était formidable, entre codes classiques des zombies et burlesque caractéristique d’un bon nombre de séries coréennes. D’ailleurs outre ses productions, Netflix a aussi alimenté son catalogue avec les excellentes Vagabond et Arthdal Chronicles, deux dramas coréens devant lesquels j’ai pris beaucoup de plaisir.

A côté de la télévision, j’ai soudainement pris goût pour les mangas avec la découverte de la saga Bakuman, de Solanin ou encore de Otaku Otaku, tandis que mes livres de chevet étaient principalement des récits autobiographiques : Quand je tourne mes films de Hirokazu Kore-eda, Je voulais juste vivre de Park Yeon-mi (un récit terrible, par ailleurs) ou encore l’incroyable Tokyo Vice de Jake Adelstein qui m’a été conseillé par un ami. Trois livres surprenants et passionnants, chacun à leur manière, parfois insoutenables (Je voulais juste vivre) et d’autres fois particulièrement captivants. En fin d’année, attendant patiemment dans une gare, j’ai même tenté l’aventure du premier tome du Sorceleur. Un moyen de donner une seconde chance à l’oeuvre de Sapkowski dont je gardais un très mauvais souvenir à cause d’une nouvelle lue il y a quelques années.

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© Sayonara Wild Hearts, 2019, Simogo – Annapurna Interactive

La Switch de l’amour

Enfin, vous n’êtes pas sans savoir que les jeux vidéo sont une de mes passions, ce n’est d’ailleurs pas pour rien que j’écris (beaucoup) pour JeuxOnLine. La Switch de Nintendo a occupé la majorité de mon temps, grâce à quelques unes de ses exclusivités comme l’excellent Luigi’s Mansion 3, ou d’autres jeux qui me semblent faits pour cette plateforme : le concept osé de Sayonara Wild Hearts, le fascinant Dragon Quest XI ou encore le très beau Blasphemous. Pour autant toutes les plateformes m’ont accueilli pendant de nombreuses heures, j’ai eu la chance de redécouvrir Final Fantasy XII sur Xbox One, de retrouver un plaisir de gamin fan d’avions sur Ace Combat 7 sur Playstation 4, un gamin qui rêvait d’être pilote, tandis que Bloodstained : Ritual of the Night a su relancer ma fibre nostalgique et mon amour des metroidvania. 2019 a aussi été l’occasion de retrouver le génie Sam Lake avec son grand Control, jeu-somme qui reprend tout le meilleur de sa carrière. Cela a été une très belle année pour les jeux vidéo, dans des genres très différents, et je suis évidemment impatient de découvrir ce que cette industrie nous réserve pour la prochaine génération de consoles qui se lancera fin 2020.

Vers une nouvelle année de cinéma

Enfin, il est grand temps de conclure. Je vous remercie infiniment pour votre fidélité et votre générosité, toujours présents pour faire part de vos conseils, de vos réactions et de votre enthousiasme face à toutes ces œuvres. Je vous souhaite une merveilleuse année 2020, qu’elle soit plus douce que jamais et qu’elle ne vous apporte que de bonnes choses. Prenez soin de vous et des autres ; en ces temps troublés, on sera toujours plus forts et heureux en se tendant la main.

8 réflexions sur “Bilan 2019, l’année où on prend le temps d’apprécier les choses

  1. Ce que j’apprécie, c’est que tu mets en valeur des choses qui sont moins abordées, ailleurs, et que tes articles sont toujours d’une très grande pertinence. Bref, je te souhaite une bonne année et au plaisir de continuer à te lire !

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